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nais qui arrive à Monte-Coman, attiré par le désir d’y travailler et de s'enrichir. Que va-t-il faire?
— Il trouvera bien vite un propriétaire qui ui proposera l’une des combinaisons suivantes: « Voici « 300 hectares de terre à vignes. Vous allez les cul- « tiver avec vos enfants ou des aides, pendant sept « ans. Je vous donnerai 190 francs par mois pour « vivre, plus les instruments, les ceps, et l'argent « nécessaire pour vos aides, si vous en prenez. Pen- « dant trois ans, vous n’aurez d'autres ressources que « vos gages; mais, à partir de la quatrième année, « vous ferez une récolte; dès la cinquième année, la « vigne donnera sérieusement. Pendant trois ans, « vous jouirez de la récolte totale de mes trois « cents hectares. Cela représente un peu plus de « 200,000 francs. »
« Ou bien, un autre propriétaire lui dira: « Vous « cultiverez mes 300 hectares pendant sept ans à mes « frais et bénéfices. À lPexpiration des sept ans, vous « aurez pour vous, en toute propriélé, cinquante « hectares de la terre que vous aurez cultivée. »
« Ou bien encore, on lui offrira, s’il est un bon arboriculteur, de planter des arbres fruitiers dans quelques centaines d'hectares, aux frais du propriétaire. Au bout de cinq ans, tous les produits de la terre seront partagés par moilié, pendant un laps à débattre, entre lui et le propriétaire, étant déduite la valeur du capital primitif engagé.
« Plus généralement, les « contractistes », comme on les appelle ici, reçoivent de 175 à 220 francs par an et par hectare mis par eux en culture dans le domaine qui leur est confié, plus 5 p. 100 du produit total de la récolte.
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€ D'ailleurs, 1l n’y a pas de règle absolue, et les propriétaires se prêtent à toutes les combinaisons possibles. Les Italiens acceptent le contrat avec participation et s’enrichissent vite; les Français aiment mieux toucher quelques centaines de francs par mois de salaire fixe, sans participation. Gela leur paraît plus sûr... Mais ils s’enrichissent plus rarement. » — Et après, que fera l’ouvrier viticole lorsqu'il aura économisé un peu d’argent?
— il achétera quelques hectares de terre irriguée à la Société de Monte-Coman, qu’il paiera 600 piastres. Le défrichement lui coûtera 95 piastres, le mille de sarments 2 piastres, et il se mettra à labourer, puis à planter. Dans trois ans, il récoltera. Alors, il pourra s’agrandir. Sa fortune ne dépend plus désormais que de son énergie et de sa ténacité.
J'avais fini mon enquête en Mendoza, parcouru la province d'un bout à l’autre. Et ce jour-là, je me dis que, si j'étais un colon à la recherche d’une terre pour m'établir, ou un spéculaleur décidé à m'’enrichir vite, c’est là, dans ce district de San-Rafaël, que j'irais planter ma tente.
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Vers la Cordillère. — Paysages pétrés. — Torrents, — La vallée d'Uspallata. — Voir de la verdure! — xvocation des vallées alpestres. — Pas de condor. — Las Vacas. — Le Pont de l’inca. — Las Cuevas. — Les mules nous attendent. ; — Le départ pour la Cumbre. — En route. — Le sommet ï de la Cordilière. — La Cumbre. — Le Christ, poteau-frontière entre l'Argentine et le Chili, — La descente. -— Caracoles. — Les Andes. — Le Chili,
Il s'agissait d'atteindre au lac Nahuel-Eluapi, le plus célèbre et le moins connu, mais l'un des plus grands lacs andins. Je voulais pénétrer dans ces lointaines vallées de la Cordillère du Sud, que le chemin de fer traversera bientôt, où la terre, pourtant d’une crande fertilité, est encore d'un prix abordable, et | où l’eau abonde.
Pour y arriver, il y a deux moyens : aller de Bahia- Blanea à Neuquen en chemin de fer, puis de Neuquen | au grand lac andin, à cheval, à travers la pampa pata- | oonienne. Mais je me souciais peu de ces dix jours de voyage monotone, sans confort, et, qui pis esf,
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sans pittoresque. Le deuxième moyen consiste à traverser les Andes, par Mendoza, pour atteindre Santiago-du-Chili, descendre jusqu’au port de Valdivia, sur la côte du Pacifique, après avoir parcouru dans toute sa longueur le Chili central, s’embarquer là pour gagner, par le détroit d'Ancud, Puerto-Montt, traverser les deux lacs chiliens Llanquihué et Esmeralda (appelé aussi lac de la Toussaint) et la laguna Fria (Argentine), pour arriver enfin au Nahuel-Huapi. Cest encore un joli chemin, qui demande au minimum une douzaine de jours de chemin de fer, de steamer, de voiture, de cheval, de bateau et de tramway à bœufs. Nous l’adoptâmes pour plusieurs raisons. D'abord, 1! nous faisait franchir quatre fois les Andes, deux fois au nord et deux fois au sud, nous montrait, en passant, une partie du Ch1hi, et promettait beaucoup de pittoresque.
Nous partimes de Mendoza à 4 h. 1/2 du matin, ayant eu la précaution de coucher la veille à la gare dans le wagon qui devait nous emmener. Nous laissions derrière nous la plaine fertile, ses luzernières, ses vergers et ses vignobles baignés par la lumière matinale. [ls nous accompagnérent quelque temps encore. Puis les cultures se firent plus rares, Pocéan de verdure des vignes et des prairies s’éloigna jusqu’à devenir imperceptible, et bientôt, aux terres irriouées succédèrent des champs de cailloux roulés où végètent de maigres arbres difformes et des broussailles épineuses. Devant nous se dressait le rempart de la Cordillère, dont les cimes crénelatent le ciel, et qui m'avaient mis dans lallégresse le Jour de notre arrivée. Et le train pénétra définitivement dans cet enfer de pierre dont nous allions suivre pendant six
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