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ceaux des territoires du Rio-Negro et de la Pampa. Mais la plupart des hommes intelligents qui la dirigent, consignataires de laines, notaires, commissionnaires, exportateurs, presque Lous enrichis ici, redoutent pour elle l’action des politiciens, les camarillas et les dangers d’un Parlement. Ils préfèrent limiter leur activité à la prospérité économique de leur ville qu’ils essayent de doter des institutions les plus modernes. Je pense que ce sont des sages. LE
Bahia-Blanca est donc l’œuvre d’une génération. Mais son essor véritable ne date que de 1884. À celle époque, la Compagnie des chemins de fer du Sud construisit un petit môle pour le débarquement de ses matériaux. Vers le même temps, la colonie française de paysans aveyronnais, installée à Pigüé, et dont j'ai parlé plus haut, innovait la culture du blé, que tout le monde se figurait jusque-là limitée au nord el à l’ouest de la province, le sud se consacrant surtout à l’élevage. Ces deux faits furent le point de départ de progrès continus. Bahia-Blanca allait enfin profiter de sa situation privilégiée sur l'Atlantique et du développement économique des vasies et riches régions dont elle devenait, grâce aux voies ferrées, le débouché naturel.
Car sa zone d'influence économique ne comprend pas seulement le sud de la province de Buenos-Aires. Elle s’étend sur une partie de la Pampa centrale, le sud de Mendoza et de San-Luis, les territoires nationaux du Sud, entre autres les vallées du Rio Negro, du Rio Colorado et de leurs affluents Neuquen et
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Limay, que de grands travaux d'irrigation vont mettre bientôt en valeur.
C'est dire à la fois la jeunesse de cette prospérité, puisqu'il y à vingt ans beaucoup de ces régions étaient à peine exploitées, que certaines ne le sont pas encore, et l'avenir qui lui est réservé.
Bahia-Blanca, comme le reste de l'Argentine, doit en grande partie sa richesse actuelle au développement des voies ferrées qui, lui-même, entraîna celui de l’agriculture. Deux Compagnies anglaises se partagent l’exploilation de cette vaste zone. Celle des chemins de fer du Sud, la plus ancienne et la plus importante, possède de nombreuses lignes, lesquelles passant par Tres-Arroyos, Pringles, Azul, aboutissent au port que la Compagnie construisit près de Bahia- Blanca, à Ingeniero-White. La jeune Compagnie du Pacifique, sa rivale désormais dans le Sud, possède également plusieurs lignes qui relient les provinces de San-Juan, Mendoza et le sud de Cordoba à son port de Bahia-Blanca : Puerto-Galvan. Enfin, des concessions nouvelles accordées à une Compagnie française, celle de Rosario à Puerto-Belgrano, vont augmenter encore le réseau déjà serré de ces lignes.
Un coup d’œil jeté sur la carte de l’Argentine permet d'apprécier toute l'importance de leur développement. La Compagnie du Sud, qui, en 1865, inaugurait sa première ligne de Buenos-Aires à Chascomus, Sur une longueur de 14 kilomètres, possède actuellement 4,792 kilomètres de voies ferrées qui partent de la capitale pour aboutir à Bahia-Blanca, y drainant les céréales, les laines et les cuirs, productions principales des régions traversées. Le petit
môle, construit par la Compagnie du Sud, en 1889, est devenu le joli port d'Ingeniero-White”. Son trafic qui, en 1898, ne dépassait pas 166,000 tonnes, s’élevait en 1908 à plus d’un million de tonnes, ce qui
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+ portait à 540 p. 100 son augmentation en une décade. 1 a: Sur ce chiffre, les céréales représentaient la plus | À ë. grosse partie, Pour en faciliter l'exportation, la Gom- À ‘4 | pagnie construisit trois élévateurs semblables à i FE EuTt ? ° 4 £ ; mi : d'énormes « sky scrapers » qui dressent vers le ciel 4 ïe leurs dix étages de fenêtres. Ils peuvent embarquer + ee journellement 28,000 tonnes de blé à raison de en ; « )! 9 F et 2,500 tonnes à l'heure”. : Fe D'autre part, la Compagnie a obtenu du gouverne- : À ment de nombreuses concessionsqui augmenteront le i ri réseau de 4,995 kilomètres. Quelques-unes des lignes ai. projetées complètent le réseau existant. D'autres, au | LÉ contraire, vont conquérir des zones à peine exploitées À = jusqu'ici. La ligne de Limay à la Cuenca-Vidal traie verse la région que le gouvernement national va È irriguer. D’autres lignes iront de Neuquen à la + frontière chilienne et du Rio Colorado à San-An- #4 RS 5 :
EE ton10. É + Le port Galvan, de la Compagnie du Pacifique, :: inauguré en 49092, possède lui aussi de orands éléva- | : 1. Sa profondeur est de 24 pieds et les dragages projetés 18 por- | E teront à 30 pieds. È + 9. Leurs silos de fer ont 20 mètres de profondeur et contiennent ù ni 90 tonnes. Six voies ferrées amènent les wagons qui se déversent k È dans les élévateurs et s’en retournent vides par d’autres voies, On peut ; iE aussi embarquer directement le blé des wagons dans les vapeurs. | = + 36 grues de trois à vingt tonnes fonctionnent sur les quais pendant Ë È la « saison », et journellement 6 à 7 trains spéciauxde 1,500 tonnes ; si chacun, et par wagons de 40 tonnes, amènent le blé de tous les | * environs de Bahia. É Ë