‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 173 sur 273 · LE LÉ · texte numérisé non relu

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Des terres vendues à dix-huit sous l’hectare. — Les conquêtes du général Roca. — Vers le Neuquen. — Vallées fertiles. — l'avenir de l’arboriculture fruitière. — Solitude aride. — Obsession de l’eau. — Guanacos, autruches et tatous. — Choël-Choël, quartier-général de Roca. — Neuquen, ville sans avenir. — Désert pétré — L'ombre des tamari-

mers. — Un travail colossal. — Les fleuves Limay et Neuquen. — La Cuenca Vidal, réservoir naturel pour 5 milliards de mètres cubes d’eau! — Trois cent mille hectares arrosés. — La fertilité de la vallée — L'avenir du Rio Negro. — Contraste. — Le désert patagonien. — Vues sur le Chubut et Santa-Cruz.

Il y à trente-trois ans, l’un des plus jeunes généraux de l’armée argentine, depuis gouverneur de province et plusieurs fois président de la République, le général Julio À. Roca, recevait du gouvernement central la mission de délivrer le nord de la Patagonie, de ses dernières hordes indiennes et de les refouler au delà du Rio Negro. Jusqu’alors, la lutte contre ces tribus disséminées paraissait impossible. Aussi, la mise en vente par le gouvernement, à 2,000 francs la

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lieue carrée, des terres à conquérir, dont le prix devait couvrir les frais de l'expédition, n'attira au début que fort peu d’acquéreurs. En moins de trois ans, cependant, les tribus Pehuelchesétaientréduites, on envoyait leurs caciques mourir à l'île Martin-Garcia, et le gouvernement central se trouvait possesseur de 15,000 lieues carrées ou 37 millions 500,000 hectares. Certes, le général et ses lieutenants n'avaient pas eu à livrer de bataille rangée, ni à établir de plans de campagne compliqués. [ls avaient du moins délivré leur pays de cette peur paralysante des incursions indiennes qui limitait les initiatives les plus hardies à la ligne frontière des fortns.

Lorsque, grâce à l’armée de Roca, cette ligne fut reculée, les vallées du Rio Colorado, du Rio Negro et celles du Neuquen et du Limay, depuis les Andes jusqu'à l'Atlantique, devenaient exploitabies sans danger. Mais l'intérêt était ailleurs : on commençait à cultiver le blé dans le nord de Buenos-Aires. Puis une période de crise survint, on oublia le Rio Negro.

Il y a une dizaine d'années, la Compagnie des chemins de fer du Sud construisait une voie ferrée qui, de Bahia-Blanca, longeait en partie les deux vallées pour aboutir à Neuquen. Ligne d’un. intérêt plutôt stratégique alors, et dont le rôle économique va seulement commencer.

En effet, la sollicitude du gouvernement se porte à présent sur ces terres lointaines, à demi abandonnées depuis leur conquête. Seules les rives des fleuves Golorado et Negro, fertilisées par les crues, possèdent de belles estancias et des colonies agricoles prospères. Faute d’eau, le reste n’est qu’un

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