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La Cuenca Vidal n'a pas de sortie naturelle. Mais une différence de niveau entre elle et la vallée orientale permet d’amener l’eau par un tunnel de 20 mètres et demi de profondeur et de 5 kilomètres de long sous un plateau qui la sépare de cette vallée. Sortant dé ce tunnel, l’eau formera une chute qu’on utilisera pour actionner une turbine de 50,000 chevaux et une machine élévatoire. Celle-ci amènera l'eau sur ce plateau désert et l’irriguera. Après quoi, l’eau qui aura fourni la force retournera au Rio Negro, où elle maintiendra la navigabilité du fleuve, et sera utilisée en irrigation tout le long de son Cours.
Cette Cuenca à donc un triple but : recevoir l’eau qui débordera du barrage, l'utiliser pour inonder les parties plus hautes que les canaux latéraux du fleuve, et qui, en raison de leur altitude, ne pourratent être irriguées, enfin, servir de récepteur et assurer ainsi la navigabilité, l'irrigation et la force motrice durant les inondations périodiques du Rio.
Œuvres de régularisation et d'irrigation se tiennent, on le voit. La Cuenca donnéra de l’eau à 300,000 hectares. Et l’on prévoit, à la Suite d’autres travaux, l'irrigation de 500,000 hectares.
Une fois cette terre irriguée, le Rio Negro deviendra une autre vallée du Nil avec son réservoir, son barrage et son limon fertilisateur *.
1. La vallée du Rio Negro à environ 527 kilomètres de long sur une largeur moyenne de 1! kilomètres, et une superficie de 550,000 hectares, dont 380,000 environ susceptibles d’être excellemment cultivés. La vallée du Neuquéen a 51,600 hectares, celle du Limay et Colloncura, 31,000 hectares.
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Ce que l'irrigation donnera, nous le savons déjà. Quelques propriétaires, en effet, n’ont pas attendules initiatives officielles et, détournant à leur profit, par des travaux de fortune, les eaux du Rio Neuquen ou du Rio Negro, ils ont créé à peu de distance de leurs rives, dans ces terres d’alluvion des cultures de promission.
L’un d’eux s’est bâti une hutte de boue sur le bord du fleuve, a creusé un petit canal d’amenée et quelques rigoles de distribution, et le voilà au milieu de deux ou trois hectares défrichés semés de pommes de terre. Plus loin, voici une pépinière d’acacias, de peupliers, des vignes même.
J'ai connu deux de ces rares pionniers. L'un s’appelle M. Piñeiro Sorondo, l’autre M. Casteras.
Il y a cinq ans, le premier passait pour un illuminé : on l’appelait « le fou du Rio Negro », parce qu'il achetait 1,500 hectares! de terrain en bordure du fleuve à 96 francs et qu’il y dépensait 200,000 francs en frais d'irrigation, de clôtures, etc. [ les revend aujourd’hui à 800 et 900 francs.
— Et ce n'est pas cher, me disait M. Piñeiro Sorondo, car on y récolte de douze à quinze tonnes de luzerne à l’hectare, en quatre ou cinq coupes ; ce qui laisse de 500 à 600 francs de bénéfice net. Les fruits y poussent magnifiques, pommes, poires, cerises, amandes, olives. On prétend que la terre n’est pas assez azolée pour la culture du blé. C’est possible. Une terre restée vierge depuis sa formation, impénérable à lair, ne lui a pas pris l’azote dont elle a
1. À dix kilomètres de la rive, on trouve encore des terres à
250 francs l’hectare.
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