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besoin. Toujours est- il que le blé ne produit pas moins de 3,/00 à 5,800 kilogrammes à l’hectare avec un poids spécifique de & | kilogrammes par hectolitre !. L’orge et l’avoine viennent mieux encore. Mais l'avenir, le grand avenir, sera surtout l'élevage du bétail dans les luzernières, la culture de la vigne et des fruits.
— Mendoza n'a qu’à bien se tenir! dit ce pionnier. I] ne nous manque que des bras; mais vous verrez bientôt affluer 1c1 l’émigration du Nord.
L'optimisme des spéculateurs argentins est étonnant. Îl se manifeste tellement ardent et sincère qu'il gagne presque toujours l'interlocuteur. Et c’est le secret de ces modes changeantes qui font courir la spéculation terrienne du nord au sud et de l’est à l'ouest de la République.
À quelques kilomètres du petit village de Limay, J'ai visité létablissement l'Allianza qui date de quatre ans seulement. Une maisonnette sans étage, parée de rosiers grimpants et de jasmins, occupe le centre d’un jardin où s’épanouissent en profusion des roses. Dans le verger le propriétaire expérimente diverses cultures, vignes, luzernes, pommes de terre, arbres fruitiers.
On n’a pas fait de grands frais de barrage pour
1. En France, on récolte en moyenne 1,700 kilogrammes à l’hectare sur les bonnes terres, sans irrigation, mais fumées. Le poids moyen du blé est de 79 kilogrammes à l’hectolitre.
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amener l’eau dans les exploitations. Les quelques propriétaires riverains se sont entendus, et à un coude du fleuve jetèrent quelques fascines reliées à des troncs d'arbres, des sacs de fils de fer remplis de cailloux, et cela suffit. L'eau ainsi détournée arrive par un petit canal et se distribue à volonté, au moyen de vannes, dans des rigoles, au pied des rideaux de peupliers, le long des allées d’acacias et de saules qui protègent la maison et les jeunes plantations fruitières contre le vent de la Gordillère.
— Avec cela, nous explique M. Casteras en nous montrant les ruisseaux chantants qui courent dans la propriété, peu nous importe la sécheresse ! Il n’a pas plu depuis trois ans, et vous voyez comme tout pousse |
Jusqu'ici, il s'occupe surtout de la culture du blé et de la luzerne, qui donne des bénéfices immédiats ; il vaensuites’adonner à celle des légumes et des fruits.
— Venez voir ma luzerne, disait le propriétaire rayonnant d’orgueil, et Jugez par vous-même.
Et, nous entrainant vers ses champs verts et solonés comme les pelouses d’un parc, il calculait :
— L'hectare de luzerne produit 12 tonnes en moyenne. Déduction faite des frais de culture, de coupe, bottelage et transport, elle rapporte net 40 francs par tonne, soit 480 francs de bénéfice net par hectare.
— Voyons, dis-je, je voudrais bien mettre un peu d'ordre et de précision dans ces chiffres fantastiques, qui circulent entre le Rio Colorado et le Rio Negro. Imaginez que je suis un de ces colons qui arrivent d'Europe avec le désir de faire une fortune rapide par le travail et non par la spéculation.
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