‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 2 sur 273 · EN ARGENTINE · texte numérisé non relu

EN ARGENTINE

Mi 4 Ï | nn HILLE IDE BEA ANnr( !

l'AA A HAT | Ni HO PES ANRTG JA À LA UUAY dÙ DE) AWD

Une oligarchie toute-puissante. — Son origine. — Culture pe — — Milieux EE — Les gens les pi riches ne sont pas les plus cultivés. — Comment les nouveaux enrichis pénètrent dans la société. — Héncctiie —

nc

Lu

Échelle des valeurs. — L’intellectuel est encore dédaigné, comme chez les Yankees. — Cela changera. — L'étranger tenu à l'écart, — Solitude ds diplomates. — Peu de distractions. — On ne reçoit pas. — En famille. — Explica-

tions de cette absence de sociabilité.

Nulle part mieux qu’en Argentine, 1} n'est donné d'assister à la constitution d’une société, à la créatiet des classes et des hiérarchies, aux origines des fortunes, créatrices du prestige et de la puissance. Déjà, en d’autres pays jeunes encore, tels que L Etats-Unis, cette reconstitution devient plus difhctle, et l’histoire s’y complique de légendes. Ici, comme

1. La plupart des chapitres de ce volume ont paru dans le journal le Figaro.

= « R = CA : ST & a Se 1 Éd « 2 Ta % S Le PSS + SR co S —— Ge __—— RER" h pm. — mél TZ ar #7 ee en ET

mn 2 of

le pays ne commença à se peupler sérieusement que depuis la révolution contre l’Espagne, en 1810, l’histoire de la majorité des familles dirigeantes ne remonte guère au delà. Durant la période coloniale — c'est-à-dire sous la domination espagnole — la société de Buenos-Aires, en dehors du vice-roi et de quelques officiers, était composée surtout de fonctionnaires, de commerçants, de notaires, d'estancieros menant une assez médiocre vie. La terre rapportait peu, la menace des Indiens aux portes de Buenos-Aires confinait les énergies dans la capitale. On n’avait donc point d’ambition, une petite fortune suffisait au bonheur des colons. C'était le temps où les gouverneurs de provinces -gagnaient cent piastres par mois. Encore oubliait-on souvent de les leur payer.

Aujourd’hui, ceux qui peuvent prouver que leurs pères figuraient dans l’armée de l'Indépendance ou dans l'administration de l’époque font partie de ce qu’on appelle l'aristocratie. I faut y ajouter les noms de ceux qui jouèrent un rôle dans les guerres civiles qui déchirèrent le pays pendant les cinquante années suivantes,

À euxtons, ils constituent une véritable olgarehie, noyau de la société créole. On ne sent pas de différence entre l'air d’orgueil que prend un estanciero pour vous dire que son grand-père planta les arbres de son estancia El y a un demi-siècle, et la fierté tranquille d’un descendant des croisés vous expliquant que son écu figura à la bataille de Bouvines, à l'ombre de l'étendard de Philippe-Auguste ou de Jean sans -. Terre.

L'inconnu, le mystère qui planent sur les nouveaux

« Pr PE LU

Page 1