‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 227 sur 273 · MIE · texte numérisé non relu

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les liqueurs, les champagnes, les huiles et en général sur les produits alimentaires, articles français par excellence, nos commerçants se trouvaient particuliérement touchés. La plus ordinaire consistait en une fausse indication de provenance ou dans l’imitaon servile des marques européennes, étiquettes, bouteilles, etc., de telle sorte que la mauvaise qualité seule du produit révélait la falsification.

— Î m'est arrivé, me disait M. Georges Cahen, gros exportateur français en Argentine, à l’obligeance de qui je dois une partie de ces renseignements, de rapporter de Buenos-Aires des échantillons prélevés sur du vermouth, entre autres articles, et de les soumettre, à mon retour en France, au fabricant luimême. D’après l’aspect extérieur de la bouteille et du contenu, ce fabricant ne put reconnaître limitation. Ge n’est qu’en recherchant les numéros des caisses qu'il s’aperçut de la supercherie. Les bouteilles, les étiquettes, la caisse, tout était si parfaitement imité que, Seul, un connaisseur pouvait établir la falsification en dégustant le produit.

Vers la même époque, un argenteur de Buenos- Aires recevait d'Europe des couverts en métal brut qu'il argentait lui-même, évitant ainsi les droits de douane très élevés imposés aux couverts importés. Get industriel avait imaginé de désigner ces produits sous le nom de « Christofle Argentin », profitant de la réputation de Christofle, le grand orfèvre parisien. I établissait ainsi une confusion entre le nom propre de l'inventeur de procédés spéciaux d’argenture, et le mot Christofle, employé dans le sens de métal argenté. Le dépôt de cette marque avait été fait régulièrement et il fallut employer des moyens judiciaires

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pour empêcher la continuation de cette fraude qui permettait à une marchandise de qualité inférieure de se vendre à l'abri d’un nom universellement connu dans l'industrie de l’orfévrerie.

Autrefois on admettait que la seule façon de créer une industrie était d’imiter les marques étrangères. La loi permettait, il est vrai, de faire des saisies chez les falsificateurs, pris en flagrant délit. Mais on la tournait facilement. Comme il fallait une ordonnance du juge pour pratiquer la saisie, 1l arrivait souvent que le délinquant était avisé de la perquisition prochaine par les employés du Tribunal euxmêmes, et le plaignant s’en retournait bredouille.

D'autre part, la loi argentine, au point de vue des marques de fabrique, est très protectionniste. Elle déclare que le premier déposant d'une marque en est le propriétaire. Appartient-elle depuis cinquante ans à un fabricant européen qui, pour une raison quelconque, n’a pas rempli, en Argentine, la formalité du dépôt? Il suffit qu’un individu s’en empare et songe à la déposer pour la faire sienne.

Aussi, il existe à Buenos-Aires une bande noire qui recherche si les marques connues en Europe ont subi le dépôt légal en Argentine. Si ce dépôt n’a pas été fait, immédiatement un des membres de la bande noire se l'approprie. Le jour où le vrai propriétaire veut entreprendre des affaires en Argentine, il s'apercoit qu'il a été volé. Le cas s’est présenté souvent, paraît-il. de ne pouvais croire à une telle invraisemblance. On me cita des exemples en masse, Le plus frappant pour nous est celui de la Régie française. Il y à quelques années, en effet, la marque de la Régie

française des tabacs ayant été usurpée dans CES COn-

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