‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 24 sur 273 · DPI EM EEE UT ARS ST TERRE TES EN M POS FIAT · texte numérisé non relu

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désintéressement de celui-ci entraîne la générosité de celui-là et tout le monde vit heureux. À la mort des parents, le partage des biens se fait à l'amiable, chacun metiant une sorie de coquetterie à ne pas attacher trop d'importance aux questions d'argent.

Parfois, c’est le besoin de simplifier la vie qui détermine ces rapprochements. Les fils, mariés très jeunes, sans situation, amènent leurs jeunes épouses chez leurs parents, près desquels ils trouvent aide et protection matérielle et morale. Mais cette communauté existe également chez des gens très riches, et qui n’ont, par conséquent, nul besoin d'aide pécuniaire. Trois sœurs se font construire des maisons contiguës, magnifiques hôtels qui occupent un bloc dans le plus beau quartier de Buenos-Aires. Les demeures communiquent par les jardins qui dévalent vers le Rio. On se voit tous les jours, plusieurs fois. L'une d'elles, veuve sans enfants, reçoit quotidiennement à sa table ouverte tous ses neveux et nièces. Le soir, elle dîne chez ses autres sœurs mariées, et les beaux-frères supportent volontiers une intimité si constanie.

Dans les estancias, durant toute l’année ou pendant les mois d'été, frères et sœurs se retrouvent avec leursrejetons. Si la famille est riche, chaque ménage a son pavillon séparé, ou son appartement dans la vaste demeure, mais les repas se prennent toujours en commun. Vingt, trente personnes, parfois plus, se voient réunies devant le puchero.

En ville, dans ces mêmes milieux fidèles aux traditions, si l’on ne peut mener cette vie patriarcale, il ne s'écoule guère de jour, sans que les femmes mariées aillent voir leur mère ou réciproquement.

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