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pour la lourdeur pédantesque de la science allemande, il existe indiscutablement en ce moment un attrait de snobisme en Argentine pour la pédagogie allemande. Les seuls professeurs européens de médecine et de setences dans les Universités de Buenos-Aires, de La Plata et de Cordoba, sont, en effet, des Allemands, et beaucoup de jeunes Argenlins vont, à présent, compléter leurs études à Berlin, à Leipzig ou à Heidelberg. Le superbe Muséum anthropologique de La Plata est dirigé par un professeur allemand, de grande valeur, d’ailleurs, dit-on, le docteur Robert Lehmann-Nitsche. L’obstacle de la langue, qui semblerait insurmontable, est tourné: le professeur allemand apprend l'espagnol et fait ses cours en espagnol, Il n’y a que le français qui pourrait être compris par la presque unanimité des élèves d’une Faculté. se
Mais les progrès de l'influence allemande se manifestent surtout dans l’industrie et le commerce.
En 1870, l'Allemagne 'exportait en Argentine pour moins de 8 millions de francs de marchandises, En échange, elle recevait pour environ 1 million de produits argentins, suifs, graisses, peaux et laines. Soit un commerce total d'à peine 9 millions de francs.
Aujourd'hui, d’après ses propres statistiques, l'Allemagne exporte en Argentine pour 483 millions de franes de marchandises et importe 557 millions de produits argentins, soit pour le commerce de l'Alle-
magne avec l'Argentine, un total de 740 millions de francs!.
1. Les statistiques argentines portent des chiffres différents. En 1909, les importations argentines en Allemagne n’y figurent que
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Comme point de comparaison, notons que le commerce franco-argentin, qui était en 1870 de 90 millions de francs, ne se monte aujourd’hui qu’à 400 milons.
Il vous paraîtra peut-être intéressant de savoir sur quel genre de produits porte cette augmentation colossale du commerce germano-argentin.
En première ligne, on voit figurer à l'importation argentine les articles manufacturés de coton, de laine, de tin et de chanvre, puis les papiers et cartons, les fers, les fils de fer pour clôture et la tôle galvanisée, la ferblanterie, les articles de ménage et d'almacenes, les aciers, les moteurs, dynamos, presses; la locomotion : wagons, locomotives, automobiles; les produits chimiques et pharmaceutiques, couleurs et teintures: les meubles et instruments de musique, les bois et objets de construction, les appareils d’électrieité, téléphone, ventilateurs, fils, lampes, etc., les objets de cuir, les jouets, la cristallerie, la céramique, les instruments agricoles, le sucre raffiné.
À Pexportation, figurent les laines et les peaux, puis les céréales, le lin en tête, le blé, le maïs, l’avoine, et les sous-produits végétaux, le son, les tourteaux, les résidus de maïs, etc.
pour 430 millions. La différencé entre les deux chiffres vient du fait qu'un grand nombre de navires chargés de céréales, de péaux ou de laines, partis dé Buüuenos-Aires Sans indication dé destination, tie reçoivent qu’en route, à leur passage dans la Manche, le nom du port où ils devront débarquer leurs marchandises. De plus, beau- Coup de chargements destinés à l’AHémagne ont avantage à débarquer à Gênes ou à Anvers, et ne sont pas compris, par conséquent, dans le chiffre des importations allemandes par le service des statistiques argentines, mais sont portés au compte des Italiens et des Belges.
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Quoique l’Allemagne n’ait aucune entreprise de chemins de fer en Argentine, elle lui fournit des locomotives et des rails. Les compagnies de chemins de fer français ont un matériel allemand. Le gouvernement argentin vient de passer contrat avec des industriels allemands et belges pour la fourmiture de 300 locomotives dont l’Allemagne prit la plus grosse partie.
Certäines compagnies anglaises sont elles-mêmes tributaires de l’Allemagne pour la fourniture de locomotives et de wagons. Mais lors du contrat avec l’État
dont je viens de parler, des industriels anglais sentant
la menace grandissante de l'Allemagne, résolurent de lutter quand même et insistèrent près du gouvernement argentin pour obtenir de lui une partie de Ja commande.
— Nous y perdrons, dirent-ils, car il nous est
impossible d'arriver à d'aussi bas prix que les Alle- P q
mands, mais nous voulons lutter quand même.
À l'Exposition des voies ferrées et des transports, organisée lors du centenaire de l’Indépendance argentine, l'Angleterre occupa une place importante, chose naturelle, étant donné le développement de ses voies ferrées dans la Plata. La France exposa une simple locomotive — si je ne me trompe —, mais Allemagne qui, je le répète, n'a aucun chemin de fer là-bas, se fit remarquer ainsi que l'Autriche, par la variété et l'abondance du matériel exposé.
Il fut un temps ou le marché des peaux argentines était le Havre. Comment avons-nous perdu ce quasimonopole ?
— C'est, me disait M. von B..., que les tanneurs français n’ayant pas suivi le mouvement ni augmenté
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leurs affaires, le marché se porta sur Anvers, puis Hambourg. Déjà Hambourg est concurrencé fortement par les États-Unis dont les machines défient toute concurrence cordonnière. Anglais, Français, Allemands recoivent des Etats-Unis des chaussures qu'ils paient moins cher que ne paient les leurs les Américains eux-mêmes, et cela grâce aux trusts qui, après avoir tué les marchés concurrents, réinstaureront des cours nouveaux. Cependant les fabriques allemandes se défendent et travaillent toujours pour l'exportation.
Les voici maîtres à Buenos-Aires de l'industrie électrique et ils possèdent à Avellaneda, proche de la capitale, une usine ultra-moderne, l'une des plus puissantes du monde, qui éclaire la ville et distribue la force aux tramways.
Deux banques ont été créées par eux. La banque Allemande Transatlantique, la plus ancienne, et la Banque Germanique, filiale de la Dresdner Bank, au capital de 20 millions de francs, qui date de cinq ans seulement, grâce auxquelles les rapports d’affaires entre les deux pays ne peuvent quaugmenter.
Le commerce anglo-argentin dépasse encore de beaucoup le commerce sermano-argentin, puisqu'il atteint un chiffre double de son concurrent. Mais il faut penser que l'Angleterre importe chaque année les métaux et le matériel nécessaire à ses chemins de fer, et son charbon, ce qui lui permet de figurer encore avec un chiffre imposant aux statistiques. Malgré cela, j'ai bien peur que, dans quelques années, les Anglais ne soient battus ici commeils le sont déjà dans plusieurs de leurs propres colonies.
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: Gt | His | Les modes changent. — Rondeur et sveltesse. — Qu'est-ce 1 : qu'un placement d'avenir en Argentine? — Qu'est-ce que i Ê l'antiquité? — Le Musée Mitre. — Cuisine nationale. — Pas ins € de: facteurs ruraux. — Le vent du Nord et les nerfs. — Pluie Air F d'or. — Ruses de concurrents. — Nous avons Caruso! — À | Etonnement des Chiliens : où est le peuple? — Une | maxime d'homme d’État. — Soyez bref! — Dans la pampa,. — Le drapeau : viande, et le drapeau : pain.
- Une femme dit à son mari :
ë — Tu prétends que je mets trop de temps à ma toilette, eh bien! donne-moi deux heures et je suis prête à partir pour Paris! |
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Jadis, les femmes argentines qui se mariaient
engraissaient. Les maternités fréquentes, labandon
du corset, l'abus des sucreries et le manque d’exer- Le cice leur donnaient, vers la trentaine, et même avant, = une corpulence qu’elles ne perdaient plus. La finesse
. de la taille, la légèreté de l’allure, la souplesse +
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des dignes n'étaient d’ailleurs pas appréciées. On faisait plaisir à une femme que l’on revoyait après une absence en lui disant sur un ton admiratif : Que gorda ! que gorda! {gorda veut dire grasse).
Aujourd'hui, la minceur est de mise, comme partout, en Europe, sauf en Allemagne.
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L'avenir, ici, finit par changer de sens. Mme B... nous dit qu’elle vientd’acheter du terrain à la Recoleta, à 69 francs le mètre.
— C'est un placement d'avenir, ajouta-t-elle. Dans trois ans on m'en donnera le double.
Trois ans, voilà l’avenir pour une spéculation «en Argentine.
Par contre, antique, veut dire : vieux de cinquante ans. Vous demandez : « À quand remontent ces constructions? » On vous répond invariablement, si c'est le cas : « OT c'est vieux, vieux! — Mais encore. — Peut-être à 1860, peut-être plus loim! à
Les monuments datant du commencement du xix° siècle sont pour les gens nésici et ne connaissant pas l'Europe et son histoire, l'équivalent des antiquités romaines pour nous. Quant aux quelques églises laissées par les Jésuites au xviri° siècle elles suscitent l’étonnement et le respect que nous affectons devant les tombeaux des pharaons. Qu’on sache bien que je n'exagère pas du tout, et qu’on se rende compte une fois de plus combien tout est relatif, Que l'on comprenne surtout l’étonnante Jeunesse de ce pays et de