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ce peuple, pour mieux apprécier tout à l'heure la valeur de son effort vers [a civilisation, la rapidité merveilleuse de son adaptation, la noble fièvre qui le pousse vers tout progrès, la confiance aveugle et l'amour touchant et sincère qu’il conserve au cœur pour la vieille Europe dont 1l sort.
Je fus conduit au musée Mitre par un petit-fils du défunt et célèbre homme d'Etat, M. Georges Mitre, jeune homme délicat et charmant qui ressemble beaucoup à son grand-père. Ce n’est pas ici le lieu de faire de l’histoire argentine, — puisque ce voyage est destiné à contempler Île présent et à pressentir l'avenir, — mais 1l faut savoir que Bartolomé Mitre, mort il y a quelques années, fut l’homme le plus populaire, le plus intègre et le plus vénéré de ce pays. Tour à tour général vainqueur et vaincu, citoyen présidant aux destinées de la République, et citoyen révolté contre le pouvoir constitué dans un temps où les patriotes divisés ignoraient encore de quel côté se trouvait le devoir civique, Bartolomé Mitre mourut âgé de quatre-vingts ans, dans toute sa gloire de héros et d’ancêtre. Il mourut et son culte est soigneusemententretenu par le journal La Nacion qu'il fonda et qui est devenu l’un des plus grands journaux de la bourgeoisie.
Le nom de NMitre est donc toujours demeuré sympathique. Fin lettré, latiniste, italianiste, romaniste, il avait traduit la Divine Comédie de Dante et les Odes d'Horace. I tenait lui-même à répéter qu’il n'avait été
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militaire que par accident et tâcha toujours d’atténuer sa figure guerrière. [l est avec Urquiza l'organisateur véritable de [a nationalité argentine.
Le musée Mitre n’est, en réalité, que la demeure qu'il habitait depuis 1870, avec ses meubles, sa bibliothèque, ses souvenirs, demeure qui lui fut offerte par souscription publique. C’est une médiocre maison au palio dallé de marbre, où se dresse Ja statue de bronze de l’homme d’État, dans sa silhouette devenue populaire, coiffé de son petit chapeau rond, les deux mains dans les poches du pantalon, l'air bonhomme et fin.
La partie la plus intéressante de ce musée est la très importante bibliothèque du vieil écrivain, composée presque exclusivement de livres sur l'Amérique du Sud, de nombreuses archives manuscrites et de documents originaux remontant au début de la conquête espagnole.
La plupart des ouvrages portent des réflexions et commentaires de la main du général Mitre, — il avait tout lu — et c’est ce qui en fait le prix. On a conservé les différentes pièces de l'habitation dans l’état où elles se trouvaient à sa mort: bibliothèque, salon, salle à manger, chambre à coucher. Dans celle-ci, sur la table de nuit, je vois les livres qu’il lisait encore quelques jours avant de mourir, parmi lesquels Han d'Islande, de Victor Hugo.
Après que le Congrès eut voté la loi ordonnant l'achat de la maison où venait de mourir Mitre, les héritiers du général offrirent à l’État les meubles, la bibliothèque, les documents de toute sorte, une collection de médailles d’une valeur de 60,000 francs, qui avaient appartenu au défunt, mais en se réser-
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Dans beaucoup de maisons, on nous offre le fromage au commencement du repas. Les Argentins le mangent indifféremment avant le potage ou entre deux plats. Au dessert 1l n'en reste plus.
Très souvent on vous Le sert avec de la gelée de coings: où de goyaves.
Autrefois, avant que les cuisiniers français et italiens aient importé leurs habitudes, lorsque les Argentins n'avaient pas encore retrouvé, au cours de leurs voyages, leurs goûts d'Européens, on se contentait dans les familles, au repas du midi, du puchero national, sorte de pot-au-feu de bœuf et de poule, auquel on ajoute parfois du lard et du saucisson. Beaucoup de légumes l’accompagnent : pommes de terre, carottes, maïs et courges. Beaucoup de familles en font encore leur ordinaire.
À la campagne, le mets favori avec le puchero est l« asado ».. C'est un agneau, une chèvre, un mouton ou un gros quarlier de bœuf, que: Fon perce d’une longue broche, l’asador, fichée en terre, devant un erand feu de bois.
Parfois, on laisse au quartier de viande de bœuf son cuir, qui donne au rôti un fumet de venaison. C'est l’asado: con cuero.
Les: créoles font une grande consommation de maïs ou:choclo qu'ils absorbent sous diverses formes :
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