‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 254 sur 273 · UNION CIVIQUE · texte numérisé non relu

UNION CIVIQUE

UpAoNpo, candidat de l’opposition, a toujours agi dans lintérêt du peuple. En 1890, il défendit Buenos-Aires dans le parc. En 1893, il présida l’Assemblée révolutionnaire de la province, et gouverna Buenos-Aires avec le peuple et pour le peuple.

Quelques mois après ces manifestations et contremanifestations, les élections ont lieu. Les électeurs inscrits choisissent au scrutin dit « universel » des délégués présidentiels qui, à leur tour, éliront le Président de la République. La. liste de ces électeurs est dressée dans la capitale par les commissaires de quartier. Après avoir recherché à domicile tous les citoyens susceptibles de voter, ils leur laissent un

en ER TOE 2a Le

TR ER Es S pet mt Sn > a. ans — dt >

bulletin qui leur permettra de retirer à la mairie leur carnet de vote.

En fait, sur 100,000 individus remplissant les conditions d’électeurs, 70,000 à peine viendront chercher ce carnet, 39,000 voterontsur lesquels10,000oau 15,000 selon leurs préférences; le reste vendra son vote.

La semaine qui précède l'élection, les agents des parts activent la propagande, se rendent à domicile dans les villes, haranguent les péones et les capatazes dans les campagnes. Arrive le jour de l'élection. Le scrutin à heu sur le parvis des églises. Pour 200 électeurs inscrits, un bureau de scrutateurs se forme, généralement composé par les amis du ou des candidats. Les « électeurs » paraissent, tenant en main leur bulletin que les scrutateurs de chaque parti reconnaissent parfaitement au format, ou à un signe quelconque, et toutes les vingt minutes ils envoient au bureau central de la paroisse l'évaluation des votes en faveur de leur candidat. Ils les inscrivent sur un tableau, en trichant naturellement, au début surtout, afin d'encourager les hésitants.

À partir de midi, les vendeurs de votes apparaissent par troupes et discutent les offres.

— Nous sommes trente. Que nous donnez-vous?

— Vingt piastres (44 francs) si vous voulez, répond l'agent. Nous sommes contents, nous n’avons pas besoin de vos votes. Mais, comme vous êtes des amis, je dis vingt piastres. |

— Vingt piastres! Nous prenez-vous pour des Indiens?

Et les vendeurs s’en vont vers les agents du parti adverse, dans l'espoir d’une surenchère.

Si l'adversaire ne s’est pas laissé persuader, ils

Ÿ AU A CRU D'ALT re + rs Fr

I L; k NE RS ARE OA MODO ONE AT TC IENe" PRUTET OUEN Fr 2 or TE mm ct es

AC

ae : x #2 : 4 Le » NA : s f $ L . L NT ef A CNE Sr A : > L j yt i » 4 À] 4 REA | À d'b i 1ù J£n À = U : ds À , U j . 1 RL Me 22770 Les sous “ae MR don 0 sas AA LA Se ya F CL 1 VAR TANT ER te : tt de hs GR F 7 dt sci ds dub à ont spa lite de lei) née son Le Hs Scanner pren ere mpepes É egprésret D PNR PT À oh RD TV Re 64 mt 1 d

reviennent au bout dé quelque temps et les marchandages recommencent.

L'élection marche-t-elle bien, les agents hésitent, proposent de bas prix. Sinon, on transige. Hs votent. Apréshuoi, ON remet à chacun d'eux un signe, le portrait du candidat, par exemple, auquel on a fait une marque conventionnelle. Munis de ce papier, ils vont à uñe caisse spéciale où des agents les payent séance tenante. Ou bien on leur donne là moitié d’un billet de cinq où dix piastres, en leur promettant Pautre moitié quand 1l$S apporteront leur livret d’életteur. Autrement, après avoir voté pour un candidat, ils porteratent le livret au concurrent, car, avec la complicité des scrutateurs, 1l est facilé de voter plusieurs fois avec le même livret.

Vers trois heures et demie, le scrutin fermant à quatre heures, les prix montent, On paye un vote 56, 60 ou 80 piastres, parfois la hausse va jusqu’à 150 et 200 piastres!! Au témps du scrutin uninominal, on vit dés candidats menacés et ayant déjà dépensé 30,000 piastres, envoyer des agents de tous côtés durant la dernière heure pour raccoler à tous priæ les livrets restants. [IS préféraient payer 10,000 piastres en plus et ne pas pérdre ainsi les 30,009 déjà sacrifiés.

Ge jour-là, tous les fiacres et automobiles de louage, les voitures des amis des candidats sont réquisitionnés?. Gar beaucoup de ceux qui vendent leur voie

Page 1