‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 255 sur 273 · PURE · texte numérisé non relu

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exigent par surcroit, pour aller voter, l’automobile qui Îles promènera eux et leur famille, femme et enfants; comme c'est la seule occasion qu’ils aient d'y monter, ils en profitent. En sortant du scrutin, ils vont aux courses. Lors de la dernière élection des délégués présidentiels, on remarqua une augmenta- + tion notable du pari mutuel. =.

D'un bout à l’autre du pays, qu'il s'agisse de l’élection d’un député provincial ou des délégués présidentiels, la vénalité des suffrages est la même. Le hasard me fit assister, au cours d’un de mes voyages dans la province de Buenos-Aires, à une élection en pleine campagne, dans le gros bourg de Saavedra. C'était un dimanche. Le train spécial qui nous conduisait à Bahia-Blanca avait fait halte pour nous permettre de visiter la petite ville. À peine sortis de la gare, et nous dirigeant vers la place de l’Église, nous fûmes rudement interpellés par une patrouille de soldats à cheval qui nous interdit le passage. Il fallut parlementer : on ne laissait passer que les électeurs bon teint, sous la conduite d’un agent électoral, Finalement, nous arrivâmessur la place gardée aux quatre coins par des cavaliers en uniforme bleu foncé, la casquette plate, armés de fusils et de sabres. Sur le parvis de l’Église, fermé par un grillage, six tables étaient installées sur lesquelles des scrutateurs inscrivaient le nom des votants qui se présentaient. Geux-ci arrivaient de l’autre extrémité de la place, en rangs, deux par deux, conduits par un des agents du candidat officiel, Près du parvis, un soldat s’approchait d'eux, les palpait pour voir s'ils n'étaient pas armés, et les laissait s’avancer jusqu’au bureau de vote. Là, un des

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