‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 26 sur 273 · DST TONNES PAST ER RON · texte numérisé non relu

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Plusieurs jours se passent-ils sans qu une fille apparaisse chez ses parents, vite on s’effraie : « Qu y a-t-11? Un des enfants estsûrement malade. » Et onaccourt. Les soirs d'hiver, si les femmes ne vont pas au théâtre, elles vont « chez maman ». Une broderie en maIn, elles causent et potinent. Vers minuit, les maris de retour du club viennent les chercher, et chacun rentre chez sol.

__ J'ai résisté À cetie coutume, me disait une Argentine, mariée à un étranger. Aussi, mes amies s’en étonnent et répètent sans cesse : « Que peux-tu bien faire de toutes tes soirées chez toi? N'est-il pas plus agréable de se réunir pour se raconter les nouvelles ! »

Cette vie fraternelle tend, d’ailleurs, à disparaitre, au moins dans la capitale. Les conditions dans lesquelles vécurent longtemps les colons argentins justifiaient autrefois cette disposition au groupement. Les nouvelles générations s’accommodent moins bien que leurs aïeux de cette intimité de smala qui, malgré la bonne entente générale, esi parfois — rarement — l’occasion de drames intimes. De plus, à mesure que se diversifient les occupations des maris, des divergences de goûts s’établissent entre les ménages et l’on entend souvent répéter ce proverbe : El casado casa quiere. (I faut à l'homme marié sa Maison.)

Même ainsi matériellement dissociées, les relations familiales n’en restent pas moins aflectueuses et

moralement solidaires.

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