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San Isidro ou San Fernando apportent la distraction de leurs visites. Certains jours les régates y amënent la foule des Porteños. Tout ce que le port a de remorqueurs, de canots, de yachts est alors pavoisé. Mille embarcations se croisent d’où sortent des gestes amicaux et des cris Joyeux : charmant tableau de mouvement et de couleur dans la lumière resplendissante.
Lorsqu'on pénètre dans une de ces quintas cachées par l’exubérance de la végétation, on se dit que nulle retraite n’est plus propice au repos. Je revois l’une d'elles, avec sa maison de bois ouvragé dont Îles murs et les balcons disparaissent sous les fleurs. Un épais tapis de santa-ritas mauves et violettes s'écroule du pignon sur le sol, court le long des balcons, s’enroule aux piliers des galeries. Dans ce Paradou aux chemins à peine tracés, couverts de gazon, Îles oléafragrans, les magnolias, les camphriers, les poivriers, les sauges et les anis surgissent en bouquets épais. Derrière des allées de mandariniers et de cédratiers s'épanouissent des buissons de tuyas, de lilas de Chine, de bambous, des massifs de verveines, d'hortensias et de scabieuses géantes. À l'ombre d’un grand chêne, des cicas du Japon lancent dans le bleu du ciel leurs gerbes filigranées, et sur les bords des arroyos se pressent des formium, sortes de dracénas aux dagues acérées dont les fibres peuvent servir à faire des cordes.
Par des allées bordées de framboisiers nous arrivons au verger. Des vignes grimpent à des pergolas et s’enroulent aux troncs de pêchers voisins. L'Argentin, amateur de fruits, les prodigue à sa table; les pêches du Tigre, renommées entre toutes, énormes, juteuses,