‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 55 sur 273 · L PR · texte numérisé non relu

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parfumées, se mangent par dizaines, dans une seule Journée.

Poramiers, poiriers, pruniers, figuiers, citronniers et mandariniers se pressent les uns sur les autres. Dans le fouillis des hautes herbes, apparaît une tête de petit cochon d'Inde sauvage; des rats filent continuellement au travers des allées pour aller se blottir sur la rive.

— Voilà nos grands ennemis, me dit M. P., ceux des pépiniéristes surtout. Ils rongent les Jeunes arbres à leur base et les font mourir. On amène avec soi cinq ou six fox-terriers qui ont fort à faire pour les détruire.

Au bord de l'eau, de grands oiseaux aquatiques, des vigois immobiles, perchés sur des pieux, guettent les poissons qui frétillent près des roseaux: des martins-pêcheurs aux reflets d’opale sombre filent comme une flèche au-dessus des sagittaires et des îles fuyantes de camalotes.

Des senteurs ardentes montent de la terre humide et le mélange de ces fleurs si diverses compose un parfam grisant que nous respirons avec délice. L’air est si doux, la lumière, étendue sur la terre florissante, si chaude et si transparente que je comprends le goût des Porteños pour cette retraite en pleine nature prodigue de verdure, de fleurs et de fruits.

Plusieurs fois, durant les chaleurs suffocantes de l'été, je vins ici chercher un peu de fraicheur. Un jour, je fus conduit à une quinta amie par un com- Patriote, ancien ouvrier charpentier d'Angoulême, arrivé il y a vingt-deux ans. Il pagnait alors cinq Piastres par jour à faire des escaliers et des toitures.

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