CORRE
none LA SOCIÈTÉ. — LE TIGRE 91
L'idée lui vint de créer une petite scierie mécanique dans le sud de la province. Il ÿ Sagne une quarantaine de mille piastres, s’installe au Tigre, achète une île de 150 hectares pour 29,000 piastres où il plante 29,000 peupliers et 1 00,000 osiers.
— Le peuplier coûte, planté, douze centavos, me dit-il, Au bout de huit ans, 1] vaut une piastre. On le débite en planches pour en faire des caisses. Le bois est rare ici, et les plantations d'arbres sont d’un l'apport excellent, Cela demande, en somme, peu de ravail. Une fois la terre préparée et les canaux creusés pour faire évacuer l’eau.en lemps de crue, il n’y a qu’à laisser pousser,
L'osier rapporte plus. Les plants ne coûtent que 9 piastres 50 le mille, On en fait des paniers pour les fruits. Mais les gros profits sont réalisés par les Propriétaires de grands vergers qui envoient leurs pêches aux marchés de la Capitale ou les vendent aux usines de conserves de fruits très prospères.
me raconte tout cela de ce ton bonhomme, rai- SOnnable et sérieux des gens de chez nous. IL a trois enfants, une fille g'iletière dans un grand magasin, un lis mécanicien, un autre qui apprend la mécanique et l'électricité, I paraît heureux de sa modeste situa- On et reconnaissant à sa seconde patrie du sort qu'elle lui fit. Ses enfants seront à coup sûr de bons Patriotes argentins.
1. Les plants de peupliers coûtent 7 piastres le mille, ceux de saules 4 piastres et demi.
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