‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 65 sur 273 · D. "US · texte numérisé non relu

D. "US

àrien. Vous allez vous charger de creuser les canaux [ d'irrigation. L'État vous remboursera vos dépenses nn. | en bons d'irrigation, 5 p. 400 d'intérêt, 5 p.100 pour ‘ | l'amortissement. Les plans seront faits par nous, les | | travaux seront faits par vous sans autre bénéfice que : cet intérêt normal. Les propriélaires riverains seront $ taxés à l’hectare, même s'ils n’usent pas de l’eau mise à leur disposition. L'Etat fédéral vous garantira, | en {ous Cas, vos avances.

| « J'ai usé d’un système analogue pour couvrir les | dépenses des travaux de salubrité. À Buenos-Aires, | par exemple, les travaux de distribution d’eau et les | égouts furent conçus pour une ville de 300,000 habitants. Il y en a quatre fois plus aujourd’hui. Il faut aviser. J'ai donc imaginé pour les travaux concernant l'hygiène des villes des « obligations de salubrité » que je répartis dans des banques auxquelles est payé un 4 intérêt de 5 p. 100. Ces 5 p. 400 sont garantis par 4 le revenu des « impôts de salubrité » créés dans ce ‘8 but. L'Etat répond, d’ailleurs, de la dette vis-à-vis les banques, en cas de besoin. Un jour ou l’autre, dans vingt ans ou dans dix, toutes ces dettes seront conver-

ties et unifiées. »

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É.. Ingénieuses et sages combinaisons financières qui Se peuvent être fécondes et qu’il sera, en tous Cas, instructif de voir fonctionner.

- La route. — Richesse de [a terre. — Pergamino. — Rosario. — Une ville qui pousse. — Personne ne se connaît. — Les Ftaliens dominent. — Antagonisme avec Santa-Fé, capitale, — Le Port.

J'ai pris, pour mon second voyage à Rosario, la ligne française. Car, sans qu'il y paraisse beaucoup dans l’enchevêtrement du réseau général de 30,000 k:lomètres des chemins de fer argentins, il existe quelques voies ferrées appartenant à des compagnies françaises. Ce n’est certes pas grand’chose, mais cela fait plaisir tout de même.

J'ai vu ces lignes, j'ai parcouru d’un bout à l’autre leurs tracés parfois paradoxaux, et j'aurai un jour l'occasion, en racontant ce que j'ai observé et entendu, de montrer comment nous comprenons l'administration de nos chemins de fer à l'étranger,

Pour l'instant, installé sur une dure banquette de moleskine, je regarde le paysage qui, de Buenos- Aires, va à Rosario par le plus long, car, venus les derniers, nous avons dû naturellement nous contenter de la place qui restait. Jusqu'au cent vingt-cinquième kilomètre environ, c’est-à-dire jusqu’à Mer-

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cédés, on ne voit que des champs d'élevage, de peu de rapport pour les chemins de fer. La culture me commence que plus loin.

D'un côté de la ligne, l’immensité verte et grasse du mais; de l’autre, l'or brun, léger et bruissant du lin «et les petites fleurs mauves de la luzerne semée sur des-espaces infinis. Des compagnies d’autruches, appelées fandous, galopent dans le campo. Par milliers, des cigognes noires et blanches se reposent au bord des mares. Dans les gares, des piles de traverses de québracho, des tas de fils de fer roulés en cerceaux, pour les clôtures des champs.

Nous nous arrêtons à Pergamino, qui se trouve au centre de la contrée la plus fertile du pays, petite ville gentille, tout à faït moderne. Blanches maisons basses, rues sans pavage, défoncées par les charrois, rues pavées de pierre et rues pavées de bois; avenues plantées de jeunes peupliers et de petits palmiers trapus qui ombragent le gazon des pelouses occupant le milieu de la chaussée; une place classique avec son église, une école, un perruquier, un tailleur, un hôtel de Paris; il y a aussi un ‘boulevard Roca et une calle Florida.

Des balayeurs publics étendent, d’un balai languissant, la boue des ruisseaux sur la chaussée.‘Car il n’y a pas encore d'égouts dans la plupart des villes. Le soleil se charge d’assainir.

À Pergamino, j'ai assisté à la réception du maïs par le représentant de lacheteur. Des -charrettes viennent d'arriver à la gare, bondées de sacs, pour être dirigées par chemin de fer sur de port de Rosario. Comment est-il, ce maïs? Va-t-on, au hasard, ouvrir un sac, dix sacs, vingt sacs, pour en estimer

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