E LE. 1 KE
.# Re vin 'W° MES D Rx.
,, ed “+: 1 << 4 A i 4 t ee, T0 OR i : se Et Ds 24 3e 2 se ZT $z n E AT Su: # #4 4 L LOT.
LA TX æ:
X Fr:
2 13 EE + À \ + rÈ £ «1 t ER" NH -< À D + a w À è 6 TS Tes de + .
+ T1 Ne n.
"| Le ‘ “+ = Hi * Cu eu + }+ :
2 à # ue +1 PF À 4 à.f Left LS m2} m4 Sr #É ‘24 x LES + !
la qualité? Non. Un homme est là armé d’une dague creuse, appelée calador, qu’il enfonce dans le ventre de chaque sac et qu’il retire remplie d’un échantillon de grains. Après cette opération chirurgicale, le sac éventré s’en va dans un wagon, pleurant en chemin ses grains dorés. Aux prochains transbordements, il perdra de nouveaux grains, jusqu’à son arrivée au bateau.
A Rosario, nous descendimes à l'hôtel de France et d'Angleterre, le meilleur, paraît-il, de la ville. J'ai dit déjà comment sont faits ces hôtels aux prix exorbitants : long patio dallé de marbre noir et blanc, où reposent sur deux rangs quelques arbustes en caisse à l'ombre desquels des gens se balancent sur des rocking-chairs d’osier, chambres ouvrant sur ce patio empli par des cris d'enfants.
Rosario, ville riche et commerçante, la plus vivante de l'Argentine après Buenos-Aires dont elle est distante de 300 kilomètres, compte aujourd'hui 150,000 habitants.
Occupés jusqu'ici à s'enrichir, les gens de Rosario se prennent maintenant d'orgueil pour leur cité qu'ils essayent d’embellir, à l'exemple de la capitale. Et l'on est vraiment charmé de trouver dans ces villes neuves et utilitaires, sans ressources d'art, sans histoire et sans culture, le souci de créer des œuvres désintéressées. Le malheur c’est que, jusqu’à présent, l'élément italien dominant, — au grand profit de
l’agriculture — les municipalités se trouvent amenées à commander leurs « œuvres d’art » à des archi-
AR ÿe
tectes et à des artistes italiens qui sont en train de peupler le pays d’horreurs.
Il y a, entre autres, dans le nouveau parc créé récemment et destiné à faire concurrence à celui de Palermo, une incroyable statue de Garibaldi auquel l'artiste a donné un air de Barbe-Bleue rébarbatif. Coilfé d’un chapeau à larges bords orné d’une plume de coq, enveloppé d’une large cape, le héros est assis sur une sorte d’artichaut, ce qui n'empêche pas son bras levé de brandir, sens vigueur, un sabre recourbé. Au pied du socle, un être échevelé, dépoitraillé, les bras nus, les pieds nus, essaye de symboliser quelque chose. Fausse sentimentalité, faux réalisme, romantisme crispé : c’est de la plus mauvaise romance italienne.
On a voulu corriger la monotonie du sol et’embellir le parc en créant, de terre rapportée, un petit monticule, qu’on appelle Montañita, creusé d’une grotte
artificielle aux stalactites jaunâtres où est installé un
bar. Sur le sommet du monticule, un belvédère surmonté d’une lampe à arc; le long des pentes qui y mènent, des ajoncs énormes, des arbres des tropiques. Un charmant petit lac artificiel bordé de saules rafraichit la promenade. Une armée de rainettes, le soir, y fait entendre ses chansons. Ici s'achève le corso bihebdomadaire commencé en ville, rue Cordoba. Les attelages passent au trot dans l’étroite rue; les hommes, campés sur letrottoir, large d’un mètre, les bras croisés, dévisagent d’un air fat les femmes des équipages comme celles qui passent à pied. Aux balcons, des jeunes filles nu-tête, bien habillées, l'éventail à la main, regardent défiler le corso. Après une série d'ailées et venues, les voitures se Iu
cn aie fx
dirigent vers le parc, par le boulevard Oroño, large avenue plantée de quatre rangées d’arbres, palmiers, pins, magnolias, platanes, jeunes encore. De jolies villas, de riches maisons bourgeoises, toutes neuves, s’alignent de chaque côté. Les vigilants, montés sur de superbes chevaux, habillés de blanc, coiffés de casques blancs à plumets de lanciers, accompagnentau trot la procession des voitures qui font un tour ou deux dansuneavenue centrale, puis viennent se ranger au travers de cette large allée, en arrêt, comme à une station. Et ceux qui sont dedans regardent passer les auires.
C'est la grande distraction, l'unique et monotone distraction des villes de la province argentine. La cité ayant poussé très vite, les 150,000 habitants de Rosario se connaissent à peine. De sorte qu’il n’y a pas encore de « vie mondaine ». On ne reçoit pas. Une ou deux fêtes de charité par saison, un voyage à Buenos- Aires. Rien de plus. On se rencontre donc le jeudi et le dimanche, les « dias de moda », au corso. Il va quelque temps, la mode voulait qu'on se montrât sur la terrasse de la confiserie des « Deux Chinois », puis au parc de la Montañita. La vogue est en ce moment à la confiserie de la Perle. Hommes et femmes y vont avant le diner prendre du thé, des glaces et des sâteaux. Le dimanche, après la messe, c’est encore ici que l’on se rencontre pour sucer des bonbons et manger des friandises.
Il n’y a pour ainsi dire pas de vieilles familles à Rosario. Les Italiens dominent, les Génois surtout ;
a D Pi Pbg : : LEUQr ÿ L 4 | Yu Ô : RS Er 1 É : d d À 47. A 2 FRE À ei 11 LE A ile LIRE «fa : 2 VAE LS . À LE rypresscs ES om Ne me So eg ee SP nes a ; A VOUPRE UE DR BE LIEN PEN EI TUE PACA VA PET F # ÿ K à fa Û S È ÿ LR * IRURT | . LRO are tr" SA à | a A [ L #
PTE
Rens
Sms
les Chiesa, les Castagnino, les Muzzio, les Brusaferri, gros importateurs pour la plupart, firent ici leur fortune, certains en dix, quinze ou vingt ans. Chiesa, le plus riche, possède deux cent cinquante maisons en ville, sans compter ses estancias dans la province.
Les gens de Rosario ont la réputation d’être « muy vivos », c'est-à-dire roublards, adroits et fins, habiles en affaires. L’habileté, quand elle triomphe, est la première qualité qu’on admire ici.
Aussi surent-1ls favoriser la valorisation croissante des terres, non moins étonnante qu à Buenos-Aires, et s'enrichir rapidement. Des terres urbaines, qui se vendaient, 1l y a cinq ans encore, 20 ou 30 centimes le mètre, valent aujourd'hui 8 et 9 francs. Tout le monde spécule. Un ingénieur me raconte que les péones de l'usine électrique, aussitôt qu'ils ont l'argent suflisant, achètent un millier de mètres et les revendent quelques mois après avec un bénéfice. La Société du Port a cédé, il y a trois ans, des terrains qu'elle voudrait bien racheter le double du prix qu'elle les vendit; mais les nouveaux propriétaires lui tiennent la dragée haute. On estime ici que la terre doit rapporter chaque année son prix d'achat il y a six ans. Cependant, en beaucoup d’endroits, les méthodes de culture restent ce qu’elles étaient autrefois. Gâtés par l’incomparable fertilité du sol, trop d'agriculteurs se contentent encore, pour le labour, de charrues à main traînées par des bœufs. Le sud de la province, à cet égard, est plus dans le progrès que le nord.
DUT PATES TANT PE LIEN LES LIEN CR N UNS VE. IE NÉE ETS CRE TITLE R LE M? p 1: \ | Te TO CE ARTE Dee VOGUE the ER Pin De Dee sense — MR D EE ES : - H £ "nn . Ps 11% Ep 4: Le 5% 98, eo > AN A SRPAUES ES MSA LA IN. » =
PRt
RES DR Es
Lu © — ne en Le ke A ea æ “ER
Maloré cette prospérité quien fait la deuxième ville de la République, cette cité jeune et moderne dépend du gouvernement de Santa-Fé, capitale de la province. Or les Rosariens, gens ardents et vivants, sont cênés par la suzerameté de cette ville endormie, rétrograde et cristallisée qu'est, selon eux, Santa-Fé. Ils se déclarent lésés dans leurs intérêts, entravés dans leur essor par les jalousies mesquines de la capitale. Et quelques-uns pensent que l'heure est
venue de secouer ce joug, d'exiger une autonomie .
complète, ou de transférer à Rosario le siège du gouvernement de la province.
Une ligue fut créée, ces dernières années, en vue d'obtenir des réformes, qui s'appelle la Ligue du Sud. L'un de ses organisateurs, que j'eus le plaisir de rencontrer, ine disait :
— Partout en Argentine vous entendez parler de la nécessité de réformer les mœurs politiques et surtout de créer un intérêt autour des élections qui se passent Jusqu'ici dans l'indifférence générale, Mais comment s'y prendre?
« La nouveauté de notre parti est justement de posséder un programme, de discuter sur des questions et des idées, non sur des individus. Voici quelques-unes de nos justes revendications. Nous voulons une distribution plus équitable de l'impôt et un droit de contrôle sur cette distribution. Ainsi le gouvernement de Santa-Fé, dont dépend Rosario, établit
AU PT i g & ANT 1 L Vif | Le” LAN ER : À : A À à 1: é ; ! Û \ = »/à : L r4 A À ALLER M 1 : d 1 ” dr.
V (RE is ?: D ÉTEND EVANS RERLEN Ge 2 PS EN ITU CENT RL ia AL LOS ES MERE OA ONE TROUPE ER" RE à , AUREETS nine + LÉ amsn er |. Me ar 122 CT à ) LE " | h 1e Ex y £ y \ = (h Y : \ p
un budget et y porte un million et demi de piastres pour l’éducation. Mais on confie la répartition de cette somme à un Conseil d'éducation, nommé par le souvernement de la province, qui décide de créer des écoles là où il lui plait.
« C’est ainsi que la ville de Santa-Fé, qui n’a que 33,000 habitants, dispose du même budget d’éducation que la ville de Rosario qui en a 150,000. De sorte que 20,000 enfants de Rosario ne peuvent fréquenter l’école publique faute de place, et qu'il ya plus d'écoles privées chez nous que d’écoles du gouvernement. Santa-Fé s’est attribué une école imdustrielle, quoi qu'elle n'ait pas assez d'élèves pour Ja remplir, mais nous manquons d'écoles primaires pour apprendre à lire à nos enfants! Nous ne voulons plus de cela, nous voulons que l'impôt de léducation soit pris sur l'impôt territorial et que chaque localité obtienne pour ce service 30 0/0 de la contribution qu’elle paye.
« Nous demandons aussi une plus grande extension des prérogatives municipales, et même l'autonomie absolue dans les localités assez grandes pour se gouverner, ce qui est le cas de Rosario. Actuellement, tout le pouvoir est aux mains du gouverneur, qui fait pression dans les élections et dirige toute la vie de la province en maître absolu.
« Nous désirons également que le nombre des sénateurs élus soit proportionnel à celui des électeurs, car actuellement Rosario n’est pas plus représentée au Sénat que le plus petit village du Chaco.
« Pour l'élection des députés de la province, nous demandons que le droit de vote soit étendu aux
à ce ,- 1} en t Pa A 2% à.
+71 De à | D L'or RE 248 : De "ES De 1% ?
LE 4 F4 x:
LU ON à par ban LA ?
- à - EL #4 Œ n + 4 { ET) E, ! :
e A EAN > :