CHAPITRE XXVI
Suite.
L’objection que l’on nous ferait sur le chiffie beaucoup trop élevé auquel nous arrivons
pour la population totale de la France serait
également de p eu de valeur. Nous avions an-
nonce d avance que nous arriverions à un ch dire trop élevé.
Nous savons bien que la France n’a ré»
ment pas aujourd'hui trente-cinq millions pas-
ses de population, mais seulement trente-quatre
mdhons et demi (1). Mais il ne s’agit J pour nous d une statistique exacte de la population numérique; il s agit uniquement des rapports généraux des différentes classes. En outre il faut remarquer que si ces nombres doivent être diminués, la diminution doit porter sur les licites plutôt que sur les pauvres. En effet nous avons calculé la famille du pauvre au même nombre que celle du riche; mais chacun sait que la première est généralement plus
5 ) o m I) 1 < u sc* G est cl et 1 1 s les ô c et 7 e clssses sur tout que le célibat s’unit souvent à la sagesse économique précitée par l’école anglaise.
L’erreur de population, montant 5 800,000 individus, que présente le résultat général de —
(î) Le tableau de la population du royaume d’après le recensement fait en 1836 (ordonnance royale du 36 décembre 4836) porte le nombre légal de la population à 33,540,9.10. Mais le recensement ayant en lieu dans le cours de l'année, l'accroissement de population pendant cette année n’y est compris que très imparfaitement. L’accroissement dans les Quatre* années 1836, 1837, 1S38 et 1839, a été de 5G5 1S5 (\uy, 1 Annuaire du Bureau des longitudes). En supuosa pour les trois années 1840, 184.1 et 1842, le même accroissement en moyenne, c’est-à-dire ensemble 423,8S5, la population serait à la lia de celle année de 34,529,980.
nos supputations, ne porte certainement pas sur les trois premières classes, celle des mendiants, des indigents, des salariés sans propriété foncière. Elle porte sur la propriété foncière. M. de Ramhuteau et les statisticiens qui l’ont suivi calculent les cotes de contiibution à 2 cotes, ou plus exactement a 2 cotes 1/5, pour un propriétaire. Nous avons calculé comme eux. M. de Rambuteau et plusieurs de ces statisticiens calculent ensuite chaque lami Ile à cinq individus en moyenne. Nous avons encore calculé comme eux ; nous ne voulions pas. nous le répétons, c!i iger leurs bases. Si, au lieu des cotes de 1820, nous avions pris celles de 1S35 , l’excédant que nous aurions obtenu sur la vraie population eût été encore
plus considérable. En ne tenant pas compte de l’excédant de cotes nouvelles depuis 1826, nous avons en partie remédié à l’erreur. Pour
la faire disparaître complètement, il suffît de
calculer les quatre classes de propriétaires à h individus 3 jlx par famille au lieu de 5 indi-
vidus.
Mais il serait mieux encore de ne calculer ces classes qu’à raison de 4 1/2 par famille % comme font les statisticiens les plus sages, et de reconnaître avec nous que si la population donne à ce taux un excédant, c’est sur les c asscs non inscrites sur les registres de l’impôt foncier que cet excédant doit être reporté.
On voit que l’objection que l’on nous ferait sur ce point tournerait à notre avantage. Le
Ut LA PLOUTOCRATIE. Ç)Ç>
nombre des propriétaires ne peut que diminuer à cette objection, tandis que celui des moZ ta ires ne peut qu’augmenter.
Nous objectera-t-on , enfin , et sans examen, que la statistique, quelle qu’elle soit, est chose fort incertaine? Mais le sceptic sine peu -il s’étendre jusqu’aux registres de l’impôt foncier, corroborés par les listes électorales ?
Nos adversaires eux-mêmes ne nient pas les
trois premières classes de citoyens mendiants, indigents, ou vivant de salaires sans oucuu litre de propriété quelconque; seulement, ils> en réduisent le nombre le plus qu’ils peuvent. Le grand point de ia controverse roule sur la quatrième classe, celle des citoyens propriétaires au titre de 18 francs de revenu. Gomme
les escamoteurs de nos places publiques , ils font passer d’un coup de main cette niasse de Prolétaires dans leur camp. Mais que ne kii donnent-ils donc, en ce cas, des droits électoraux?