CHAPITRE IV
L’importance du revenu net considérée de nouveau*
Avant de traiter cette question, voyons encore toute l'importance de ce revenu, et ce qui se passe aujourd’hui relativement à sa formation et à son accroissement.
Toute la civilisation française se résume véritablement dans ce revenu net. Travaux el souffrances de nos devanciers sur la terre, héritage des antiques nations. transmis à la nation de Clovis et de Charlemagne, découvertes de tous les savants dans toutes les sciences, chants de tous les poètes , élans de toutes les âmes , labeurs sous toutes les formes , tout dans le passé est venu aboutir d’une certaine façon à ce revenu,, qui donne la vie à tout.
Supposez que , par un coup du ciel , ce retenu soit enlevé subitement à la France , la France retomberait immédiatement dans la barbarie. Elle posséderait, il est vrai, dans la nature intime de ses habitants, dans leur communauté d’origme et de langue, dans leur patriotisme et dans leur degré de moralité , la source première de ce revenu ; elle posséderait, en outre, le sol et l’outillage général qui couvre ce sol , c’est-à-dire le capital matériel qui, sous l’influence fécondante de cette moralité et de cette civilisation , en même temps que de ce revenu net , produit le revenu général , ou le revenu brut. Mais à quoi serviraieni et ce sol et tous ces instruments de travail, à quoi serviraient cette moralité et cette civilisation ? Tout cela serait inutile pour une production instantanée. À moins que
les autres nations ne vinssent à notre
tours par Pempruni , éômme cêîa est arrivé en partie à l’époque de l’invasion, où les puissances étrangères tirent une profonde saignée a notre revenu net; à moins, dis-je, d’un tel secours, la France rentrerait dans le chaos. Si l’on peut raisonner par vague estimation en ces sortes de choses , la France , qui , sous Louis XIV , payait à ce monarque deux cent millions d’impôts, n’avait alors que deux milliards de revenu net (1). Aussi ne comptait-elle
(1) Il semblerait m£me qu’elle en avait beaucoup nioin*
Ton en jugeait au premier coup-d'œil par l'estimation qu'on
que dix-sept millions d’habitants. Si elle en a maintenant près de trente-cinq millions, c’est parceque , son jnité s’étant accompie so Louis XfV, ebe est parvenue , en un siècle et demi, à doubler son revenu net.
Chaque année donc, ou plutôt à chaque ins*
tant, les détenteurs de cette précieuse et fécondante réserve la mettent à la disposition du travail ; ce qu’ils font, comme nous bavons vu, de deux manières : l 9 par le milliard quatre cents millions du budget; 2° par l’emploi se-
faisait alors du revenu annuel des citoyens, sorte de revenu brut qui comprend à la fois le revenu net et les salaires, c'està-dire foui ce qu reste du revenu brut proprement dit’ après défalcation des semences et des frais matériels de la produc lion. .Sous Louis Xi V, dit M. Ch. Dupin, Je revenu anime» » des citoyens était évalué, en J69S, à 1,020,090,000 livres » ÏUais il faut ajouter à cette somme les 200 millions dïmnôtc que percevait le roi, et il faut tenir compte aussi de la dépréciation du signe monétaire. Ce milliard 200 millions représentait troi> à quatre milliards de notre monnaie, il faut considérer en outre qu’à cette époque le revenu brut se confoncto, en grande partie avec le revenu net. Le pop,, alion iml,,". ne .e n était emoi equ une fraction minime dans la population totale, et le peuple des campagnes rivait sur la terre lino observation pleine de justesse, qui appartient à l'école e
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j> fonds. ( Encyclopédie Méthodique , arl. Argent ) Or à 1 époque de Louis XIV. la masse du numénUre en France
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