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CHAPITRE V

L’Angleterre et la France#

Certes, c’est se taire une pauvre idée de la législation que de la regarder, dans son essence et dans son but, comme une pure représenta tion. Le système représentatif sans idéal est une monstruosité. Mais enfin c’est cette nions-

DE LA PLOUTOCB ATIE. 0

truosité qu’on a prétendu 'emprunter à l’Angleterre. L’a-t-on empruntée en eflet?

Puisqu’on voulait du représentatif sans idéal, puisqu’on voulait représenter ce qui est, il fallait représenter ce qui est, tout ce qui est, et non ce qui n’est pas.

En Angleterre six cents familles nobles possèdent la plus grande partie du territoire des trois royaumes. Voilà une puissance! On comprend la Chambre des Nobles, la Chambre des Lords, la Chambre Haute.

Mais tandis qu’en Angleterre, depuis la conquête des Normands, la propriété foncière est restée ainsi concentrée dans la Noblesse, une Bourgeoisie commerçante a réalisé jusqu’à un certain point cette prédiction ou cet aphorisme de Bacon : « L’empire de la nier est une » monarchie universelle que la nature semble » avoir donnée en dot à la Grande-Breta- 5 gne (l i. » Cette* Bourgeoisie s’est emparée, comme le présageait Bacon, des « trésors des » deux Indes, » et elle a fait du reste du inonde, par ses vaisseaux et par ses machines, ce que Bacon appelle « un accessoire de son » empire maritime. » Conquérante par le commerce et l’industrie, après avoir été conquise

(IJ « Maris dominium monarchiæ quædam epitonie est. • . D Polenlia navalis (quae quidem luiie regno Britanniæ in s dotem cessii) surami ad mura fastigia momenli est... » Utriusque Indiæ thesauri et opes, imperio maris, velulî # accessorium quidthm existant, ® (0e Aunm» 5cmt t , lit. VUI, cap. 3),

]nc armes de la Noblesse, cette Bourgeoi-

industriels qu’elle employé* Aujouidhui les statisticiens anglais supposent qo un mdhon

d’iiouirnes en Angleterre possédait au n mura deux cents livres sterling de revenu (1). . Ce qui est certain, c’est que cette Bourgeoisie gouverne par son capital, ses vaisseaux e^ ses machines, doute millions de prolétaires anglais, sans compter l’Ecosse et 1 Irlande, sans compter cent vingt-cinq millions de sujets qu’elle s’est faits en Amérique, en Asie, en Afrique, dans l’Océanie, sans compter eniin

ïous les peuples qu’elle exploite. Voilà, certes,

encore une puissance; voilà une Bourgeoisie qui, à la propriété foncière représentée par la Noblesse, peut opposer l’énorme propriété

industrielle et commerciale qu’elle a accaparée.

On comprend donc en Angleterre une seconde Chambre, la Chambre du Commerce.-

Ajoutez la Royauté , qui est censée représenter l’unité compacte de la nation, étant à la fois à la tête des conquérants, des nobles, des propriétaires fonciers, à la tête du peuple tout entier, des anciens vaincus, devenus commerçants et industrie s, et des serfs qu’on appelle ouvriers. Que cette Royauté porte sa couronne et son sceptre ; que la Pairie porte ses armes, et que l’Orateur (2) du commerce et de l’in-

. (1 C‘est du moins ce que M. Grote, membre du parlement* affirme dans un ouvrage publié en 1831.

f 2) Le Speaker ou président des Communes»

drfstrîe s’assoie sur le sac de laine , prêt à prier, à refuser, ou à menacer : tout le monde se trouve représenté , moins , il est vrai , le peuple des travailleurs.

De ce peuple il ne s’agit pas dans la cité anglaise. Féodalité transformée en propriété foncière, conquête sur les habitants du monde entier sous la forme de propriété commerciale et industrielle, voilà ce qui compte.

Mais la France ! La France ressemble-t-elle à l’ Angleterre ? Où sont Les Francs , où sont les Gaulois? La France est-elle une nation commerçante au premier chef? Gomment séparer en France la propriété foncière de la propriété industrielle ?

Puisque la Révolution française était en avant de toutes les révolutions qui ont agité l’Angleterre , puisque le 'fiers-Etat chez nous avait renversé la Noblesse, il fallait évidemment, pour imiter le mécanisme de la Constitution Anglaise, que ce Tiers-Etat devînt la Noblesse dans la Constitution donnée à la France, et que le travail, le salaire, le peuple, les ouvriers , tout le monde enfin, devînt le Tiers-

Etat. .. ! fl ri ■ ! i

Le Tiers-Etat est bien devenu la Noblesse, après avoir renversé, en 1830, avec le secours du peuple, le fantôme de noblesse que la Instauration avait voulu restaurer. Mais le travail, le salaire, ie peuple, les ouvriers, tout ie monde enfin, moins le Tiers-Etat, est resté exclu de la cité.

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, i npnrésenté dans cette cite

11 n’y a donc e ^ ^i el -s-Ètat. Ce Tiers-

qu’un seul éléro; n ■ > - e avec la Royauté

Etat, ainsi repw» enté , ^ ^ ^

un dualisme. Un . Deux pouvoirs sans

un troisième qui les umsse et ^ ^ de •

le contraire de la vt° nbUU arr ivés à une

I* Angleterre. Nous sommes donc arnves

absurdité.

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