CHAPITRE IX
Suite. — Classe des prolétaires ayant leur logement assuré»
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La quatrième classe , celle des proie (aires payant un impôt foncier , c’est-à-dire, comme nous l’avons expliqué , ayant leur logement assuré, se compose de dix-huit millions. Il est évident que cette classe si nombreuse doit se subdiviser on groupes de conditions assez diverses. D’après les recherches de M. de Chateauvieux citées précédemment (I), elle sc subdiviserait surtout en deux grands groupes :
1 un de quatorze millions, auxquels ce statisti-
(tj \oy. le cliap. x de la Première Partie. — RI. Lullin de Chu eauweux s étant amusé à traduire eu ares et en hectares les déclarations du fisc relativement à la propriété foncière
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lianes de revenu net suivant f estimation du fisc. J
DE LA PLOUTOCRATIE. 18î> "
cien , malgré son bon (iésir, ne peut accorder dans ses calculs que quatre-vingt-dix ares de* propriété par personne ( et l’on sait ce que valent ces quatre-vingt-dix ares ) ; Faulre, de •quatre millions, possédant par personne deux hectares , c’est-à-dire plus exactement possé— da i*t une quantité de terre indéterminée et variable suivant les localités, mais rapportant, suivant la déclaration du fisc, ce que rapportent en moyenne deux hectares de terre dans toute la France, à savoir trente-quatre francs de revenu net. À combien faut-il supputer la subsistance des uns et des autres?
Quant aux quatorze millions représentés sur les registres de l’impôt foncier par des cotes moindres en réalité que 2 fr. 60 c. (1 , ces prolétaires des campagnes ne diffèrent pas beaucoup, sous le rapport qui nous occupe, de ceux des villes. Leur prétendue propriété , comme nous l’avons vu, est une plaisanterie, si on no la réduit pas, comme nous l’avons fait, au lo-
(1) À 2 cotes !;5 par propriétaire , chaque propriétaire qui paie moins de la moyenne 5 fr. 05 c. paie moins de 13 IV., ce qui, divisé entre cinq, donne moins de 2 Ir. 60 c. Or voulezvous savoir combien est grand le nombre des petites cotes audessous de celte moyenne de 5 fr. 95c.? Nous l'avions supputé d’après les calculs de Rî. de Chateauvieux ; mais im ouvrage de statistique qui donne les cotes de l'impôt foncier avec un dé'ail que nous n’avions pu jusque-là nous procurer, nous met à môme de connaître directement ce nombre. Les cotes au-dessous de 5 francs s’élevaient en 1835 à ciiujf millions deux cent initie quatre cent onze / Qu’on nous parle encore de la petite propriété agricole l
de la PLOÜTO CHATIE
gement assuré. Qu'ils travaillent donc soit sur la portion insuffisante de terre qu’ils possèdent, soit sur les terres des autres en qualité de manœuvres, ou qu’ils aient des occupations industrielles, Je fruit de leur travail doit, par une loi nécessaire d’équilibre entre le salaire de l’agriculture et celui de l’industrie , équivaloir au produit que ce meme travail leur rapporterait dans les villes. Leur condition peut être meilleure, moins précaire que celle des ouvriers des villes ; ils peuvent ne pas connaître les extrémités aire uses qui atteignent si souvent ceux-ci : mais leur salaire n’est pas plus élevé. Or il ne s’agit pas ici de leur condition, mais de leur salaire. Nous estimerons donc ce salaire comme celui de la classe ouvrière, à 510 fr. par famille, ou 102 fr. par individu. Quiconque connaît la situation générale des habitants de nos villages trouvera certainement cette estimation trop forte pour des familles qui ne possèdent pas 1,000 fr. en principal, représentés par une cabane ou un petit coin de terre. La subsistance de ces quatorze millions sera, à ce taux, de 1 milliard 428 millions.
Quant aux quatre millions à qui M. de Chateauvîeux oonne eux hectares de serre en moyenne, nous les supposerons, non pas deux fois, niais trois fois plus rétribués que les premiers, par la raison toute simple que l’instrument de travail qu’ils ont en main est déjà plus üü double de celui qu’ont les autres. Ces quatre
millions sont aux premiers ce que les tâcherons sont aux simples manœuvres dans l’industrie. Il ne possèdent, il est vrai, F instrument de travail, qu’à la condition de leur travail personnel ; mais ils peuvent déjà bénéficier sur le salaire de ceux qu’ils emploient pour leur venir en aide. Nous leur supposerons donc 30G francs de salaire par tête, ou 1,530 francs par famille; ce qui, pour les quatre millions, donne 1 milliard 224 millions. Il est bien évident, du reste, que ces deux grandes subdivisions ne sont pas aussi complètement tranchées que nous le supposons. Mais elles donnent, en moyenne, le maximum et le minimum du salaire dans cette classe.