‹ De la ploutocratieChapitre 56 sur 72 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

La totalité des salaires ne s’élève qu’à cinq milliards

deux, cent vingt-cinq millions.

Tel est donc le résultat des supputations les plus larges, selon nous, que l’on puisse faire sur la condition des cinq premières classes que nous avons distinguées dans la nation. La population étan-t supposée de trente-cinq millions, plus de trente-quatre millions vivent unique-ment ou principalement de salaires, et ces salaires (y compris la part de propriété afférente aux salariés) ne s’élèvent en totalité qu’à 5 milliards 225 millions. Le surplus de la population de la France, c’est-à-dire moins d’un million d’hommes, disposent à eux seuls dti résultat de la production, ou du revenu net. Or nous avons déjà dit que ce revenu net de la France est calculé par les meilleurs statisticiens à 3 milliards 800 millions.

Le compte en est assez facile à faire. II est aisé d’abord d’apprécier le revenu net de la propriété territoriale, d’après le montant de la contribution foncière. Le montant de cette contribution est, cette année, de 271,036,940 francs. Or, suivant M. Humann, le revenu est à impôt foncier comme 6,94 est à 4. Multipliez par ce rapport 6,94 les 271 millions de

contribution foncière, et vous aurez, à peu de chose près, pour revenu du sol et des maisons, 4 milliard 900 millions (1). C’est la moitié du revenu net total ; car on suppose pareil revenu net pour la propriété des capitaux, la propriété des machines, l’industrie et le commerce.

Mais peut-être trouvera-t-on que cette dernière estimation n’est basée que sur des conjectures. Montrons ce que ces conjectures ont de fondé.

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