MOYENNE
DES COTES
fr. c.
20 fr. et au-dessous, •
Si à 300* * • *
SOI à 1,000 et au-
dessus. » .
Lecteur, vous voyez pleinement le résultat que je vous annonçais, savoir huit millions de cotes dont la moyenne est de 5 fr. 95 c., deux mis lions dont la moyenne est de 61 fr. , et en-*
in cent mille cotes dont la moyenne est de 656 francs.
Or ces nombres 5 95, 61, et 656, qui expriment la moyenne des trois sortes de cotes, étan t a peu près dans la progression décuple 1, 10, 100, il s’ensuit qu’en admettant les cinq millions cinquante mille propriétaires de M. de Rambuteau (l), il faut reconnaître du premier coup que ces cinq millions cinquante mille propriétaires se rangent en trois catégories de fortunes également décuples. Mais voici ce qui distingue ces trois catégories ; la première est très nombreuse, la seconde beaucoup moindre, et la troisième infiniment moindre. Ces trois catégories sont, pour le nombre des cotes qui les composent, dans la proportion de 80 : 20 : 1 , tandis que pour l’impôt, ce signe du revenu, elles sont dans la proportion inverse 1 : 10 : 100. C’est-à-dire qu’en définitive, en supposant un propriétaire par cote : sur 101 citoyens réputés ainsi propriétaires, il y en a un qui possède comme 100 , vingt qui possèdent comme 10, et quatre* vingt s qui possèdent comme 3.
Mais il s’agit de savoir ce que possèdent ceux qui possèdent comme 1.
(1) M. de Rarubuteau dit plus etc cinq millionSé
a6 DE la PLOUTOCRATIE*
* ' rptat fins cotes de 5 fr. 9°
I,S P ps Ÿ en moyenne. Or on suppose qu’ils
centime? 9 1 t . car c’est sur cette sup-
pay rn,. C ÎSe l de 10 millions de cotes on conclut position que ae iv Ils navet) t donc.
5 millions de proprie «. • . . ^ gg c
l'impôt foncier est au reve > 1 e
mann, comme 1 g •
fcn AmTvoilà le résultat des dix millions de cotes! Ces dix millions tant célébrés nous an noncent que s’il y a en France , rié « dit* cinq wOkm Œ»
Ks cinquante-huit centimes; 2» un m.ll.oa
dont le revenu est environ décuple, c est-a-dire
de huit cent quarante-six francs; mais . .
en reste toujours cinquante mille qui jouissent, terme moyen, de neuf nulle livresde rente (1).
A cinq personnes par famille, supposition adoptée par M. de Rambuteau, les cinq ral lions cinquante mille proprietaires nefs de
famille représenteraient donc :
1° Vingt millions d’individus jouissant clin**
cun du cinquième de 8*2 fr. 58 c., ccst-à-diie
de seize francs cinquante centimes;
2° Cinq millions d’individus jouissant chacun du cinquième de 8à(> fr., c’est-à-dire de cent soixante-neuf francs;
(!) En propii été foncière , sans ce qu’ils peuvent posséder d’ailleurs.
5° Deux cent cinquante mille individus jouissant chacun du cinquième de 9,000 l’r., c’est-* à-dire de dix-huit cents francs.
Or je dis qu’à moins de renoncer au sens commun, il ne faut point donner aux vingt millions dotés par tête de seize francs cinquante centimes de revenu !e même nom qu’aux deux cent cinquante mille dotés d’un revenu plus que centuple.
Je dis que lorsqu’on jette, au moyen de la statistique, un regard sur la situation intérieure d’un grand peuple, c’est une profonde immoralité ou une cécité complète que de confondre sous le même point de vue ceux qui , ne possédant presque rien, sont évidemment des travailleurs sans capital , avec la classe qui absorbe évidemment tous les. capitaux.
(Ju’importe, en effet, que les premiers possèdent quelque chose? Ne possédons-nous pas tous quelque chose? Le mendiant ne possèdet-il pas lui-même quelque chose? La question n’est pas là. La question est de savoir combien il y a en France de travailleurs sans capital, et combien il y a de capitalistes qui gouvernent ces travailleurs.
1*. ' \ * V A mm. ■ J - a «• «
Définition du prolétaire, du propriétaire, et du capitaliste.
La Convention
dans la Déclaration des
droits rédigée par Robespierre , distinguait
ïvec profondeur les deux ordres extrcir.es de citoyens qui , au point de vue econonkiue ; partagent aujourd’hui la société.
« U v a des citoyens, disait cette Déclaiatton „ des droits, dont les revenus n’atteignent pas „ la subsistance ; il y en a d’autres dont les » revenus excèdent la subsistance (1) • »
Voilà une distinction dont il est impossible à la mauvaise foi et à la légère' d’esprit de nier la solidité. Or nous appelons prolétaires les citoyens dont les revenus n’atieignent pas
la subsistance. Nous app |, l |, ns les citoyens dont les revenus alteignen' la subsistance. Nous appelons capitalistes les citoyens dont les revenus excèdent la subsistance. , .
Les cotes de contribution foncière révèlent
trois catégories de citoyens (en laissant de côté tous ceux qui ne figurent pas sur ces cotes); mais de l’une de ces catégories à l’autre il y a tin abîme. Pourquoi donc les confondre?
Si la catégorie moyenne, composée de quatre millions, jouissant par tête d’un revenu de cent soixante-neuf francs, est prise pour terme de comparaison, et donne le taux légitime auquel le nom de propriétaires peut s’applique!’, il est évident que la catégorie des vingt millions dont le revenu est dix fois moindre ne doit pas être désignée par le même titre, mais par celui de prolétaires , puisque le dixième
(1) Arlicle XIII.
du revenu qui constitue, à la limite, un propriétaire, ne saurait avoir pour effet de constituer un propriétaire, mais, par son insuffisance, constitue un prolétaire ; et il est évident aussi que la dernière catégorie, composée seulement de deux cent cinquante mille membres, doit être considérée à un autre titre, et qu’il faut désigner ceux qui la forment, non plus sous le nom de propriétaires, mais mieux sous celui de capitalistes, puisque leur revenu, ou plutôt la part de leur revenu que signalent les rôles fonciers, est décuple du revenu qui constitue Je propriétaire.
Pour être juste et pour ne pas substituer le mensonge à la vérité, il fallait donc, en signaant es cinq millions cinquante mille propriétaires que l’on suppose d’après les cotes de P impôt foncier, déclarer en même temps que les quatre cinquièmes de ces propriétaires n’avaient qu’une propriété insuffisante et de tout point comparable à une très minime propriété mobilière.
Pour être juste et pour ne pas substituer le mensonge à la vérité, il fallait déclarer que parmi les citoyens inscrits sur les registres de l’impôt foncier, les quatre cinquièmes ne devaient pas être nommés propriétaires. Et si l’on s’obstinait à leur donner ce nom, il était juste au moins de préciser en quoi consistait leur revenu. N’est-il pas évident, en effet, que ces prétendus vingt millions de propriétaires ne sont propriétaires que de leur part de ca-
20 DE tA PLOUTOCRATIE.
/îchan'fe de cabane, d’un bout dû
châ.np°?ônt au plus suffisant à payer le loyer
^iSlsraTOnTlout-à-rheure combien cette
assertion ^st exacte; nous verrons que ces nrétendus vingt raillions de Propnetanes ne sont que des Prolétaires ayant leur logement
assuré.