‹ De la pluralite des races humainesChapitre 44 sur 50 · CHAP. VU. INFLUENCES. UYDIIIUITÉ · texte numérisé non relu

CHAP. VU. INFLUENCES. UYDIIIUITÉ

chez l'homme. On a fail remarquer, ce qui est vrai, que ces races domestiques, transportées à droite ou à gauche, se modifient très-vite sous l'influence de causes même peu sensibles. C'est toujours le bœuf, le mouton, le cochon, le chien, le cheval, qui ont fait les frais de cette question ; ce sont toujours ces mêmes exemples qu'on a invoqués (1), quand il eût été si important d'accumuler les exemples , de nommer le règne animal tout entier.

Jl y a donc une cause spéciale qui n'existe que là, et cette cause est assurément la domesticité, qu'il ne faut pas confondre avec la sociabilité. La domesticité est un esclavage : l'animal a été ravi de force à son indépendance ; maintenu en captivité, il s'y est abruti. Ses descendants naissent bien encore "avec des instincts de liberté, mais ils s'éteignent bientôt sous le joug qui étreint Sans cesse le pauvre animal. Bientôt il n'est plus semblable à lui-même, l'habitude d'obéir ne lui laisse même pas de volonté, il cesse d'être une personnalité, il devient une machine produisant pour le compte d'un autre lait, œufs, graisse, laine, viande, etc.

La domesticité est une sorte de dégénérescence, atteignant le physique et le moral, transmissible et caractérisée par une hypertrophie et une hypersécrétion de tous les appareils sécréteurs. L'animal

(d) Voy, I. Geoffroy. Histoire naturelle générale. — Raulin, Mémoire, etc. — Morel, Dégénérescences^ p. 16.

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perd de son activité, il brûle moins, il produit plus, il végète, il devient incapable de subsister par luimême, il disparaîtrait immédiatement sans l'appui constant de l'homme. En devenant, ou pour devenir machine, en même temps que sa personnalité, il a perdu cette résistance ou milieu ambiant qui est le caractère nécessaire de l'espèce, la condition du nisiis formativus; il se modifie au gré des moindres influences.

Pour étudier l'action véritable des climats sur les animaux, il fallait rechercher d'autres exemples. Il y a des espèces, et assez nombreuses, s'étendant du pôle à l'équateur, qui nous montrent que si le ciel influe en rendant la toison d'un renard du Nord un peu plus fourrée, ou le pelage d'une hermine un peu plus blanc, ces variétés s'arrêtent toujours entre des limites étroites, et qu'elles sont loin d'être aussi considérables que celles qui séparent un nègre d'un Européen.

Quant aux variétés que nous produisons en unissant l'un à l'autre deux accidents, deux individus qui ne présentent pas l'état général et naturel, on sait que « rien n'est plus difficile que de les empêcher de se défaire» (M. Flourens) (1); à plus forte raison quand un seul des individus accouplés possède à l'origine cette déformation, cette al tération pathologique.

Ces races que nous produisons ainsi, sont des

(1) Histoire des travaux de Buffon, p. 180.

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