CHAP. VII. INFLUENCES. HYURIDITÉ
l'aspect physique et par les aptitudes morales, — se complétant, pour ainsi dire, l'une par l'autre, et travaillant d'accord à la gloire et à la prospérité de la patrie commune.
Quand les croisements ont lieu entre un nombre de races plus considérables que deux, quand ces influences diverses se sont mêlées, combattues, aidées de mille manières, et que la question est devenue presque inextricable pour l'anthropologiste, au milieu de tous ces produits divers, on est tout étonné d'en voir surgir qui portent le caractère absolu et complet de l'une des souches. Tant qu'il subsiste dans un peuple une quantité notable d'un sang mélangé, on peut toujours s'attendre à voir paraître un individu qui portera en lui tous les caractères de cette race, qu'on croit éteinte, mêlée à jamais dans le sang des autres (1).
En Égypte, par exemple, on peut encore, quoique rarement, retrouver quelques figures rappelant assez exactement le type iconographique que nous ont transmis sur tous leurs monuments les anciens habitants de la vallée du Nil (2).
Telles sont, à notre avis, les modifications dont
(1) En vertu de la même loi qui veut qu'une ressemblance de famille se retrouve chez un itidividu après avoir été absente, ou plutôt masquée, pendant une ou plusieurs générations.
(2) Cette remarque qui m'est personnelle a encore été faite par M. Gustave Flaubert, mais il limite à Alexandrie la présence
^î^O DES RACES HUMAINES.
riiybridité peut devenir la source; modifications grandes, puisqu'il y va de l'existence des races en contact, mais peu importantes, nulles même dans l'histoire générale du genre humain, puisque toujours le type est conservé. Principes vrais au nom du raisonnement et de l'expérience, et que nous acceptons comme démontrés avec Prichard ( 1 ) , avec l'éditeur de ÏElhnological Journal (2), avec Knox (3) et M. Edwards (4).
La grande objection qu'on a toujours opposée à ceux qui nient les influences du climat ou des alliances hybrides est l'exemple des animaux domestiques. C'est eux qu'on a toujours mis en avant à défaut de changements semblables bien constatés
de ces sortes de revenants du temps passé. Je suis assez porté à faire la même restriction. Ce seraient surtout des jeunes gens de quatorze à dix-liuit ans^ à peau olivâtre, un peu cendrée.
(1) <( C'est un fait des plus évidents que dans le monde ani- « mal, comme dans le monde végétal, toutes les races génét^ralement se reproduisent et se perpétuent sans se mêler, ni « se confondre les unes avec les autres. » Prichard, Histoire naturelle de l'homme, oie, i. I,p. 17. — Cf.Morel, Dégénérescences dej'espèce humaine, \). 2
(2) Troisième numéro. — La plupart des articles de cette production remarquable ne sont pas signés.
(3) « No race will amalgamate with another; they die out (( or seem slovs'ly to be becoming extinct. » — Cf. Elhnological Journal, p. 98.
(4) « Nous arrivons à cette conclusion fondamentale, que les « peuples appartenant à des variétés de races différentes mais (( voisines auraient beau s'allier entre eux, une portion des « nouvelles générations conserverait les types primitifs. » — Cf. Courtetde Liste, Tableau ethnographique, etc., p. 77.