OBSERVATION X
Preumonie centrale gauche. Durée : 4 jours (Service de M. BERNHEIM).
Le nommé Lacour (Etienne), âgé de 29 ans, cordonnier, entre à l'hôpital civil le 18 mars 1885.
N'accuse aucune maladie antérieure. .
Le 17 mars, le malade avait travaillé toute la journée, sans ressentir aucun malaise, quand, à huit heures du soir, il est pris d’une douleur subite dans le côté gauche, au niveau de la-huitième côte. Ce point de côté très douloureux est surtout pénible quand le malade tousse.
Environ une heure après l'apparition du point de côté, il ressent des frissons multiples.
Toussait déjà depuis cinq mois et avait une expectoration abondante, surtout le matin.
18 mars (soir). — Jour de son entrée. Temp., 4001: pouls, 101; respir., 44.
19 mars (matin, état actuel). — Temp., 3902; pouls, 112, régulier. ample. Respiration, 42, costo-abdominale.
Région sus-claviculaire un peu plus bombée à droite.
Expectoration visqueuse, adhérente au vase et légèrement sanguinolente.
En avant. — À gauche, son clair, ample, profond, un peu tympanique. Inspiration nette, avec ronchus sonores ; expiration faible.
A droite, son moins ample.
Respiration vésiculaire normale ; quelques ronchus.
En arrière. — Sonorité égale dans les deux fosses sus-épineuses et dans presque toute la hauteur. Submatité à gauche, dans les deux, et à droite dans les trois derniers espaces.
À gauche, respiration nette au sommet. Peu de râles dans toute la hauteur.
A droite, respiration normale au sommet et dans les fosses sus et sousépineuses, faible et rugueuse à la base.
Le diagnostic de pneumonie gauche centrale est posé.
20 mars. — Temp., 8905. |
À l’auscultation, on perçoit à gauche des râles sous-crépitants fins au niveau de l'angle de l’omoplate. La respiration est à peu près nette dans le reste de la hauteur.
Le point de côté a disparu.
Le 21 mars, la température tombe à 3708, et le 22, à 3608.
L’expectoration rouillée persiste. Les râles sous-crépitants s’entendent jusqu’à la base. |
En avant et à gauche, le son skodique se perçoit encore aux deuxième et troisième espaces.
La persistance de ces signes porterait à croire que la maladie suit son évolution ordinaire, si la température redescendue à l’état normal ne venait montrer que l’affection est terminée.