‹ De La Pneumonie AbortiveChapitre 22 sur 32 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

Fièvre synoque pneumonique (pneumonie double), à forme inflammalotr'e, terminée du troisième au quatrièmejour ; diarrhée, sueurs el urines criliques du deuxième au troisième jour. — MaroTTe. De la fièvre synoque péripneumonique (Arch. gén. de méd., 1855, t. IT).

Le 14 octobre 1848, a été reçue à la salle Sainte-Anne, n° 4, la femme Bizet (Angélique), journalière, âgée de 69 ans. Douée d’une constitution saine et robuste, elle n’a jamais fait de maladie sérieuse dans sa vie, et aucun accident ou infirmité n'a troublé jusqu'ici la santé parfaite de son Âge avancé.

Hier, au matin, vendredi 13 octobre, sans cause connue, elle a été prise d’un frisson fébrile qui a duré deux heures, assez léger toutefois, et qui à été suivi d’une chaleur médiocre avec une grande oppression de poitrine.

Le soir, à la tombée de la nuit, un nouveau frisson se déclare, et avec lui une douleur pongitive, au niveau des fausses côtes droites, une toux sèche, peu fréquente, exaspérant cette douleur, et enfin de la dyspnée ; il s'ensuit bientôt de nouveau de la chaleur, avec une légère transpiration. Cet état dure sans aggravation toute la nuit.

Le samedi, au matin, la malade éprouve une légère rémission dans l’ensemble des symptômes, moins l’oppression, qui la détermine à entrer à l'hôpital.

Le 14 octobre (fin du premier jour), une heure après sa réception, elle présente l’état suivant : décubitus indifférent, face pâle et légère rou-

CAR RE à

geur circonscrite des pommettes ; yeux brillants, mais humides ; peu de céphalalgie, lèvres et langue sèches, soif vive, chaleur modérée et sécheresse de la peau ; pouls fréquent, mais sans dureté, de 100 à 104 pulsations ; forte dyspnée, sensation incommode de pesanteur générale sur tout le thorax, et douleur pongitive au milieu de l’extrémité inférieure du sternum, qui s'aggrave dans les grandes inspirations et dans la toux; celle-ci est peu fréquente, sèche; ses secousses provoquent un sentiment dâcreté à l’arrière-gorge, qui provoque lui-même des nausées et une amertume momentanée de la bouche, disparaissant aussitôt que la malade à bu.

La percussion fait constater une matité prononcée à la partie postérieure et inférieure des deux côtés du thorax : à droite de la fosse susépineuse, à la base du poumon ; à gauche, elle occupe un espace de seulement quatre travers de doigt, tout à fait à la base; partout ailleurs la résonnance est normale.

À l’auscultation, on entend, à droite, du souffle très rude le long du bord interne de l’omoplate, de l’épine à l'angle inférieur de cet os, et sur les limites de ce souffle, en allant vers l’aisselle, du râle crépitant très abondant ; à gauche, dans le point correspondant à la matité, le bruit respiratoire est nul dans la respiration ordinaire ; mais dansles secousses de la toux ou à la fin d’une grande inspiration, de larges bouffées de râles crépitants fins éclatent sous l’oreille. Hydros., ? pots; 2 juleps; bryone, 12; 1 lavement émollient.

Le 15 (fin du deuxième jour). La nuit n’a pas été bonne; la malade a été tourmentée par de la toux, qui, rare jusque-là, a été fréquente et pénible jusqu’au matin; vers la fin de ce paroxysme, il y a eu quelques crachats séreux, liquides ; 2 selles abondantes, urines sédimenteuses. A la visite du matin, même état que la veille ; seulement le pouls est large, très mou, et ne donne plus que 84 pulsations. ? juleps ; bryone, 12.

Vers trois heures de l'après-midi (milieu du troisième jour), une légère moiteur se déclare à la peau et dure pendant toute la nuit suivante, pendant laquelle la malade repose; elle mouille une chemise et rend un grand vase d'urines rouges, sédimenteuses.

Le 16 (fin du troisième jour), sensation de bien-être parfait, facies naturel, langue blanche et humide, soif nulle, plus de céphalalgie ni de nausées, température de la peau normale; pouls mou, dépressible, à 68 pulsations.

Respiration libre et facile, quoiqu'un vague sentiment de constriction persiste sur tout le thorax, autour des fausses côtes surtout ; la douleur du sternum a disparu ; toux et expectoration nulle ; toujours de la matité

Page 1