Le printemps a amené quelques accidents bronchi
ques, et en août, à l’arrivée du malade aux Eaux-Bonnes, on constate un engouement général du poumon, avec expiration prolongée sous la clavicule droite. Le traitement thermal pro- 1 duit de bons effets. |
J’ai revu M. B.., en 1869 et en 1871, aux Eaux-Bonnes, et | je n’ai pas trouvé' son état modifié sensinlement. Le malade £ jouit en apparence d’une bonne santé, tousse peu, mais la res- ipiration manque de force et d’ampleur.
Certaines pneumonies caséeuses n’ont donc pas une marche fatale, les cavernes cicatrisées qu’on f trouve dans un certain nombre d’autopsies en sont 1 une autre preuve non moins évidente.
Ainsi donc, alors même qu’on aura constaté pendant un certain temps l’existence de cavernes, on ne devra pas désespérer; seulement, le prati- cien se rappellera que l’existence d’une caverne, j quand même le processus pneumonique paraît |: éteint, est à elle seule une cause de dangers, l’état V général étant d’ailleurs excellent. On a vu des j morts subites survenues dans ces cas par rupture iii d’un vaisseau à l’intérieur de l’excavation. t
Nous empruntons à M. Rühle l’observation sui- i vante : !
(c J’ai eu, dit-il, l’occasion d’observer, dans les premières années de ma pratique médicale, un exemple surprenant de l’importance des altérations (|ui peuvent exister chez un malade sans que le moindre symptôme trahisse son état. Un jour, je fus appelé en toute hâte auprès d’une femme qui, me dit-on, « crachait le sang. » Quelques heures
auparavant, je Pavais vue debout devant sa porte; c’était une personne d’un grand embonpoint, et qui passait pour n’avoir jamais été malade.
Quand j’arrivai chez elle, elle était morte; l’autopsie que je pratiquai le lendemain me montra dans le sommet du poumon gauche une cavité grosse comme un œuf de pigeon, dans laquelle un vaisseau sanguin érodé, avait occasionné cette hémorrhagie mortelle. Dans le voisinage de la cavité, on pouvait d’ailleurs, remarquer sur une certaine étendue tous les caractères d’une tuberculose miliaire et d’infiltration (1).
(i) Rühle, UoDcr den gegenwarligen Stand der Tubercûlosenfnige, 187J, p. 227.