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CHAPITRE VUE

Traitement.

Le traitement de la pneumonie caséeuse devra varier selon qne Ton aura affaire à la forme rapide ou à la forme chronique.

Le caractère principal de la maladie étant la consomption, Lindication fondamentale est de j' n’employer aucune médication débilitante et en particulier les émissions sanguines ou tout autre moyen spoliateur.

Nous sommes beaucoup moins absolu à l’égard de la saignée locale que nous recommandons même dans certains cas, pro ratione virium. (Forget).

Après avoir posé en principe qu’il ne faut à aucun prix déprimer l’économie, voyons quelles sont les ressources dont nous pouvons disposer :

Dans les formes rapide et subaiguë, tout en cbercbant à saisir les indications qui pourront se présenter, on devra surtout s’efforcer de relever les forces du malade et l’empêclier de se consumer.

Dans ce but, il ne sera pas soumis à une diète rigoureuse, on lui laissera au contraire prendre les aliments que lui permettra son état.

La fièvre ne constitue pas en général un élément grave par son intensité; mais par sa persistance, elle contribue beaucoup à Tanéantissement de Téconomie ; il sera donc utile de la combattre par les médications qui ont la propriété d’abaisser la température, le sulfate de quinine et autres.

La médication par l’alcool a été conseillée depuis quelques années. Importée d’Angleterre où dans le traitement des affections aiguës, cette méthode avait produit de bons résultats, elle a été expéi rimentée chez nous avec ardeur, et a trouvé son application utile dans le traitement des pneumonies qui traînent en longueur. On peut l’administrer d’après la formule de M. Gubler, qui consiste à donner aux malades une potion alcoolique ainsi composée :

Alcool rectifie à 85“ (Gay Lussac) 50 gr.

Gau 50 gr.

Sirop simple 30 gr.

3U, comme le fait M. Jaccoud, en ajoutant à la poi.ion cordiale ordinaire la quantité de rhum qu’on tuge nécessaire, 40 grammes et plus.

Le tartre stibié a été employé pour favoriser, dit- !)n, l’élimination des foyers caséeux, M. Bernarfleau (Bull, thér., 1846) a proposé de le donner à la lose de 0,008 à 0,001. M. Fonssagrives a insisté sur

Futilité de Fadministrer à la dose de 0,20 à 0/.30 1 pendant une quinzaine de jours environ, puis d’en diminuer la quantité, la tolérance s’établissant grâce à ce mode d’administration; mais d’après M. Gubler, le tartre stibié ne posséderait des pro- I priétés thérapeutiques qu’à la condition de produire ses effets physiologiques ordinaires.

La poussée inflammatoire, si elle est intense, pourra être combattue avec avantage par des révulsifs, loco do lenti (iemiare d’iode, vésicatoires, cautères), en évitant par ce dernier moyen de procurer une suppuration trop longue et par cela même débilitante et opposée à l’effet qu’on voudrait produire.

Pour ce qui est du traitement de la forme lente, chronique de la maladie, nous devons nous guider (Faprès le même principe : éviter d’affaiblir. Le caractère lent de la maladie peut toujours faire espérer que la thérapeutique et l’hygiène auront dans certains cas chance de réussir.

Les moyens médicaux sont assez variés. Nous passerons seulement en revue les substances les plus fréquemment administrées avec succès :

Le fer et le quinquina, qui se présentent en premier lieu, ont été accusés d’être une médication offensive dans la phthisie confirmée ; nous reconnaissons ce qu’il y a de fondé dans cette remarque ; mais nous devons dire aussi qu’on a obtenu quelquefois des résultats avec cette méthode. Elle doit être tentée avec beaucoup de soin. S’il n’y a pns

(Famélioration notable au bout d’un certain temps, il faut la supprimer immédiatement, car elle pourrait devenir plus nuisible qu’utile. Il va sans dire I (jiFon ne devra pas la continuer dès Tins tan qu’elle semblera aggraver la situation.

Les divers autres médicaments toniques et amers pourront être employés comme adjuvants.

Le souffre a aussi été conseillé; c’est contenu dans les eaux minérales qu’on l’administre de préférence. Nous en dirons quelques mots alors que nous parlerons de ces eaux.

L’iode ne peut être donné en nature. 11 existe aujourd’hui diverses préparations qui sont bien tolérées par l’estomac et qui ont paru rendre des services signalés.

11 est deux autres substances qui doivent tenir le ; premier rang dans le traitement de la pneumonie icaséeuse, ce sont l’arsenic et l’huile de foie de miorue.

M. Cersoy (Bull, thérap., 1870) conseille l’arséniate de soude (en granules) pendant dix jours, à la • dose de 1 à 4 milligrammes; pendant les dix jours ^suivants il donne de l’huile de foie de morue, puis frepos pendant le même temps, et reprise de l’arssenic (on peut porter la dose à 10 milligrammes).

I 11 paraît s’être bien trouvé de ce mode d’administtration. Quant à l’arsenic en général, il existe I' actuellement trop, de témoignages en sa faveur 1 pour qu’on puisse en nier les bons effets, et nous en conseillons l’emploi, soit qu’on veuille essayer

cette méthode, ou recourir aux autres préparations habituelles. L’huile de foie de morue pourra aussi B être essayée seule. |

Nous mentionnons enfin les cures de lait, de petit lait, de raisins, et l’administration des hypophosphites. Il faut aussi rappeler que les inhalations de vapeur d’eau ont procuré de bons résultats, et dans des conditions particulières on pourra les employer.

Les moyens hygiéniques consisteront dans une nourriture substantielle. Il faudra faire prendre de j la viande crue aux malades ; on les déplacera ; on j les enverra à la campagne ou dans le Midi, si la ! chose est possible, particulièrement à Pau, Madère, Cannes et Alger. Voici ce que nos renseignements ; personnels nous permettent de dire sur cette dernière station : nous la conseillons surtout pour les cas où les hémoptysies ne sont pas fréquentes. Il faut autant que possible que les malades s’en abstiennent dans les mois pendant lesquels souffle le sirocco. En hiver, ils devront habiter la alée de Mustapha (partie sud), qui est abritée contre les , vents du nord-est qui sont terribles pour les hé- i moptysies, et en été se transporter au côté nord où les contreforts du Sahel les garantiront des vents du sud.

Il nous reste à parler des eaux minérales. Celles qui ont paru donner les meilleurs résultats sont les eaux sulfureuses et les eaux contenant de l’ai*senic. Les eaux sulfureuses principalement cm-

ployées sont les Eaux-Bonnes, de Cauterets, d’Allevard, d’Amélie-les-Bains, d’Enghien, etc. Ce que nous avons dit des Eaux-Bonnes au chapitre de la marche et du pronostic, nous autorise à croire qu’on peut en tirer très-bon parti; c’est alors qu’une station par année aux Eaux-Bonnes ou à Amélieles-Bains pourra s’associer à Thibernation dans le Midi, et produire les meilleurs résultats.

Les eaux arsénicales les plus renommées sont celles du Mont-Dore et de la Bourboule. Les premières jouissent d’une réputation méritée ; les dernières, peu connues encore, et situées à une petite distance du Mont-Dore, sont riches en arséniate de soude.

Nous signalerons aussi les eaux bicarbonatées I et sulfatées.

L’action très-stimulante de la plupart de ces teaux en rend l’emploi dangereux à une période faiguë de la pneumonie caséeuse, à cause des héimoptysies qu’elles accroissent; ou qu’elles provotquent. Elles doivent être réservées pour les formes lentes. Elles semblent agir alors autant contre la congestion et l’inflammation du poumon que contre tîe catarrhe des bronches concomitant.

Nous en avons fini avec le traitement de la pneumonie caséeuse confirmée, mais nous devons dire

quelques mots du traitement prophylactique. Nous iivons fait entendre que les gens voués à la pneumonie caséeuse avaient quelquefois un habitus spécial, et la poitrine rétrécie par en haut. Si cette

règle était immuable, on pourrait en tirer grand prolit, mais il n’en est pas toujours ainsi. Cependant, comme cette conformation spéciale a été indiquée, on pourra faire un traitement prophylactique dans ces cas donnés.

Le traitement qui convient surtout alors doit être une alimentation substantielle, l’exercice en plein air, la gymnastique, l’accoutumance aux rigueurs des pays montagneux. Le fer, le quinquina et les autres toniques conviennent surtout à cette période.

C’est à ces moyens que se borne la thérapeutique de la pneumonie caséeuse en dehors des indications spéciales qui peuvent surgir eu égard à l’âge des malades et aux complications.

Nous ne pouvons terminer sans répéter une dernière fois que certaines formes chroniques de la pneumonie caséeuse sont curables, et que c’est surtout par une hygiène convenablement ordonnée qu’on en triomphera.

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