PROPOSITIONS
Une réforme complète a été opérée dans Fanatomie pathologique de la phthisie, telle que l’avait I faite Laënnec. On sait maintenant que les lésions! caséeuses et ulcéreuses du poumon des phthisiques! sont le résultat de l’évolution d’un processus pneu-jj monique, coïncidant d’ailleurs souvent avec des! granulations grises (vrais tubercules). La forme mi-j liaire ne caractérise pas le tubercule ; il existe une pneumonie vésiculaire miliaire. L’examen microscopique est parfois utile pour éviter de confondre ces deux lésions différentes.
La pneumonie accompagnée de granulations tuberculeuses nées par une infection de misinage est certainement tuberculeuse; on ne peut comprendre la genèse de ces tubercules produits par
une action locale directe, qu’en admettant la na- Iture tuberculeuse du foyer pneumonique caséeux, .p. 8d, 88.
.Fadmets aussi la nature tuberculeuse du plus .grand nombre des pneumonies caséeuses pures (non accompagnées de lésions tuberculeuses).
Je n’admets pas qu’un foyer caséeux non spéci- ■tficique puisse produire la tuberculose (théorie de lBuhl),p. 90; j’accepte, au contraire, la spontanéité a\e l’organisme dans la production de la maladie.
Outre les pneumonies tuberculeuses il existe plusieurs autres pneumonies caséeuses.
Pour le plus grand nombre d’entre elles, j’adnets que la caséification n’est pas le résultat d’un simple accident fortuit, mais la conséquence d’un orocessus spécial, celui de l’inflammation caséeuse. jUecherchant en quoi il peut consister, j’arrive à admettre une altération du processus de l’inflamnation franche, une modification vitale des vaisleaux produisant la nécrobiose peut-être au moyen ”une thrombose artérielle, p. 65. Me fondant sur les ernarquables .expériences de M. Chauveau, qui Produit une inflammation caséeuse ganglionnaire fans augmentation de nombre ou de volume des llléments, je ne puis croire que le processus nécro- |i'iotique dépende exclusivement de la compression es vaisseaux de l’alvéole, p. 80.
Indépendamment des conditions générales qui >ont de beaucoup les plus importantes, des causes ocales paraissent capables de favoriser la termi-
naison par caséification du processus inflammatoire, par exemple, le rétrécissement de l’artère pulmonaire, p. 67.
En somme, il y a progrès depuis Laënnec et : nous sommes sortis du cercle où nous enfermait son génie : le tubercule n’était, à ses yeux, qu’une production accidentelle, et, s’il décrivait en traits saisissants son évolution fatale et implacable , ; il ne pouvait nous expliquer son origine. Nous It savons aujourd’hui, grâce à M. Cruveilhier et I! à Reinhardt, ce qu’est àu fond le tubercule cru ou l’infiltration tuberculeuse, de sorte que, sans tomber dans des exagérations et des erreurs qui perdent les meilleures causes , nous pouvons faire sa part à l’influence de l’inflammation. C’est avec l’aide de l’anatomie pathologique que Laënnec avait confondu Broussais ; c’est une anatomie pathologique mieux éclairée qui redresse Laënnec. Sans doute, sur la question importante, celle de la nature des pneumonies caséeuses, nous] ne pouvons nous flatter encore de
[posséder rien de définitif; cependant les études t expérimentales apportent chaque jour à Fobservvation clinique un nombre imposant de faits qui la , connplètent et l’éclairent. Abandonnée à des mains inhabiles^ rexpérimentation est trompeuse, mais •en des mains exercées, qui pourrait douter qu’elle ne soit un puissant moyen d’investigation et qu’elle n’ouvre à la pathologie des horizons inattendus?
Un dernier mot : c’est en France que furent créées dans le premier quart de ce siècle les méthodes )récises de l’observation médicale. Un labeur incessant les a rendues fécondes, et il ne nous est t>as permis de méconnaître que, dans les résultats icquis, il revient aux autres nations et surtout à 'Allemagne une'part considérable. Mais aujourd’hui ue l’expérimentation vient à son tour contribuer m progrès de la médecine, nous sommes heureux »e constater que c’est dans notre pays qu’ont été Ibtenues les premières conquêtes de la pathologie \xpérimentale.