I. — Voyons d’abord l’épizootie des veaux
Le premier veau malade, était un veau faible à la naissance, débile. Deux jours après sa naissance, il
est pris de diarrhée; le lendemain, il présentait de l'arthrite des jarrets, ne pouvait se tenir debout, et quatre jours après, il était mort.
L'autopsie nous montra, en plus des lésions d’arthrite, de l'infection du cordon ombilical.
Le deuxième veau, qui était né vigoureux et bien constitué, fut trouvé mort le lendemain matin, sans avoir présenté de symptômes de maladie. L’autopsie ne montra rien de spécial.
Les observations faites sur les autres veaux, ont montré trois symptômes principaux : 1°, diminution de l’appétit ; 2°, diarrhée laiteuse, au début, puis noirâtre ; 3°, arthrites sur diverses articulations, en particulier sur les jarrets. Les malades mourraient au bout de quatre à cinq jours, anéantis et épuisés.
Les autopsies ont presque toujours, montré des lésions à l'ombilic et aux veines ombilicales, qui étaient remplies de sang noir, poisseux ou de trainées purulentes.
Le premier veau atteint, est mort dans le courant de décembre; puis, les cas de morbidité et de mortalité se sont échelonnés jusqu’au mois d’avril suivant. Malgré les mesures prophylactiques, la maladie a sévi dans l'étable jusqu’au moment où les vaches, prêtent à mettre bas, ont été mises sous un hall.
I. — Examinons maintenant l'épizootie qui a sévi sur les agneaux pendant la saison d'agnelage de 1923, et qui a causé la mort de 80 agneaux sur 220. Le propriétaire, qui avait vu l'élevage de ses veaux reprendre avec succès, après une période malheureuse, ne
sb se doutait pas qu’il subirait des pertes encore plus importantes, avec ses agneaux.
L’agnelage commença fin décembre et, jusqu’à la naissance du quarantième agneau, tout marcha à souhait; mais, à partir de ce moment, les agneaux qui vinrent au monde, furent malades. Quelques jours après la naissance, certains jeunes agneaux présentaient de la tristesse, puis une boiïterie, généralement des membres postérieurs, les articulations des jarrets étant gonflées et douloureuses. Pensant être en présence d’arthrites purement toxiques (car les brebis étaient très bien nourries), nous fimes appliquer un régime diététique assez sévère. Cependant de nouveaux cas de maladie éclataient sur les sujets qui naissaient, et les premiers malades, allaient de plus en plus mal. Les petits malades tombaient en décubitus latéral, restaient immobiles sur la litière; si on les relevait, et si on les maintenait, ils tétaient avec encore assez de vigueur, puis ils finissaient par mourir épuisés. Beaucoup présentaient des abcès, siégeant principalement sur la tête. Mais jamais nous ‘ n’avons constaté de symptômes de diarrhée. Nombreux étaient les sujets dont l’ombilic présentait un suintement séreux ou purulent.
Les autopsies nombreuses pratiquées, nous ont montré les lésions des arthrites à leurs différents degrés, puis des lésions de l’ombilie, et des veines ombilicales, et surtout de nombreux petits abcès, qui bosselaient le foie. Le poumon ne présentait pas de lésions spéciales, mais le péricarde renfermait souvent un exsudat liquide, transparent. Nous avions
donc à faire à une épizootie de pyosepticémie, d’origine ombilicale, à forme articulaire et à forme purulente. Mais ce n’est pas tout. Malgré tous les traitements mis en actions, la mortalité continuait. C’est alors que quatre agneaux vivants, furent envoyés au laboratoire de pathologie bovine de l'Ecole Vétérinaire d’Alfort. M. le Professeur Moussu, avec son amabilité coutumière, nous confirma notre diagnostic, mais il ajoutait : « Vous ne tarderez pas à constater des lésions de broncho-pneumonie infectieuse ». En effet, quelques jours après, dans les premiers jours de février, les autopsies, pratiquées avec M. le vétérinaire départemental, nous montraient de superbes lésions de broncho-pneumonie infectieuse.
C’est une preuve, que les différentes formes d'infection des jeunes, d’origine ombilicale, sont intimément liées, et que l’on passe de l’une à l’autre sans transition marquée, les formes pouvant être concomitantes ou successives.
Pour le diagnostic rapide de la maladie, le berger saisissait les agneaux par le jarrets et les reias, soulevait les pattes à environ 75 centimètres du sol, et les laissait brusquement retomber sur les pieds. Si l’agneau ne s’affaissait pas, et rebondissait tout de suite, le signe était favorable, maïs s’il fléchissait les membres, et tombait sur les genoux et les jarrets, on pouvait en conclure qu’il serait malade le lendemain, bien que son apparence extérieure n’eut rien d’anormal.
Dans cette épizootie, rares ont été les guérisons, surtout dans la forme articulaire et purulente com-
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montra quelques mois après des lésions chroniques binées ; cependant, l'inspection des viandes, nous montra quelques mois après des lésions chroniques du poumon, avec des adhérences à la plèvre, et de petits îlots à dégénérescence caséeuse. C’est la preuve que quelques sujets avaient réussi à guérir plus ou moins bien l'infection pulmonaire qui les avait atteints.