ANATOMIE PATHOLOGIQUE
De même que les symptômes, les lésions sont très variées, toutes ne se rapportent pas à l’arthrite infectieuse seule, mais d’autres sont la signature des diverses affections, accompagnant cette maladie.
Examinons d’abord l'affection principale : larthrite. |
L’articulation malade, présente un engorgement œdémateux, chaud et douloureux, dû à l’infiltration du tissu péri-articulaire. La synoviale est enflammée et épaissie. A l’intérieur, la synovie se montre tantôt claire, filante, muqueuse; tantôt opaque; tantôt, tenant en suspension des flocons de fibrine; tantôt elle est coagulée, comme dans l’arthrite plastique; tantôt elle est franchement purulente.
Dans ce cas, on constate souvent une fistule articulaire à bords fougueux, saignants, laissant écouler une synovie mélangée de flocons jaunâtres, à odeur fétide.
Ces surfaces articulaires sont gravement altérées par des ulcérations, les os sous-jacents s’enflamment et se nécrosent, même.
L’ombilic n’est généralement pas cicatrisé, il présente une tuméfaction œdémateuse, chaude et sensible, ou bien un véritable abcès. Mais le plus souvent, il présente seulement un enduit onctueux et purulent, surtout appréciable, quand on presse l’extrémité du cordon. La plaie ombilicale est alors bourgeonneuse, d’un mauvais aspect, avec des fistules se dirigeant en haut et en avant, par la veine ombilicale, dans la direction du foie. Cette veine ombilicale est remplie de sang, noir et poisseux, ou de pus; la même remarque peut être faite pour les artères ombilicales; de plus, les lymphatiques n’échappent pas à l’infection.
La cavité abdominale renferme souvent, une certaine quantité de sérosité sanguinolente, le péritoine montre de très belles arborisations vasculaires.
La masse intestinale, ne présente pas de lésions bien caractéristiques; on remarque, la dilatation des capillaires du péritoine viscéral.
La muqueuse est congestionnée; les excréments, logés dans le tube intestinal, sont liquides et nauséabonds. |
Le foie, présente, dans la majorité des cas, des foyers purulents. Ces abcès sont à différents stades d'évolution, ce qui prouve des infections successives. Leur nombre est très variable, leur grosseur aussi, n’est pas uniforme; ils sont tantôt superficiels, tantôt en profondeur dans lorgane. La membrane séreuse,
RTE et l'enveloppe fibreuse, se détachent facilement du tissu propre du foie, qui est jaune clair; c’est le foie infectieux.
Les reins sont tuméfiés, succulents, œdématiés et, souvent, entourés d’une masse gélatineuse; ils présentent parfois de petits foyers purulents.
Dans la cavité thoracique, la plèvre viscérale et pariétale présentent des dilatations capillaires analogues à celles du péritoine.
Le poumon présente parfois des abcès de la gros-. seur d’un pois, ou d’une noisette; le plus souvent, on rencontre de la broncho-pneumonie à foyers disséminés, de la pleurésie avec fausses membranes, plus ou moins adhérentes aux poumons ou à la paroi costale, ou, enfin, un épanchement liquide jaunâtre ou opalescent.
Le péricarde, montre toujours un épanchement très liquide, légèrement teinté de rose.
Le myocarde, présente des pétechies nombreuses et très nettes.
D’autre part, dans les formes suraiguës, les lésions sont difficiles à déceler. On ne constate, le plus sou vent, dans ces cas, que des arborisations vasculaires sur tous les tissus.