CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
En présentant ce modeste travail, sur la polyarthrite infectieuse des jeunes animaux, nous n’avons pas la prétention de créer une œuvre scientifique nouvelle, mais nous avons voulu seulement coordonner les nombreuses observations cliniques, que nous avons recueillies et en tirer quelques conclusions, concernant l’éliologie de la maladie et sa marche.
Dans notre clientèle, située mi-partie sur le terrain crayeux de Champagne, et mi-partie sur le terrain argileux de la Forêt d’Ottie, c’est une maladie fort répandue, et causant tous les ans, à l'élevage, des pertes énormes. Elle existe dans un grand nombre d'exploitations agricoles, passant de l’une à l’autre, sans qu’on puisse s’expliquer les modes de contagion; disparue d’une étable ou d’une bergerie pendant un laps de temps, plus ou moins long, elle peut faire réapparition, sans qu’on puisse prévoir son retour.
PANOS
En traitant cette question de la polyarthrite des jeunes, nous ne parlerons pas de cette affection sur les poulains, car le nombre des poulinières étant des plus restreint, nous n’avons jamais eu l’occasion de la constater dans cette espèce. Par contre, les observations sur les veaux et surtout sur les moutons, sont extrêmement nombreuses et permettent une étude beaucoup plus facile.
Dans presque toutes les bergeries, la maladie existe
à l’état sporadique. II ne se passe guère de saison d’agnelage, sans qu’un propriétaire ne perde quelques agneaux du mal de pattes, ou du mal de nombril. On peut fixer le déchet annuel à 5 %. de:
Dans les vacheries, les faits se renouvellent, mais .il est difficile de faire un pourcentage, car certaines exploitations, renfermant quatre ou cinq vaches, perdent un veau de temps en temps. Nous sommes donc en présence de la maladie courante, permanente, à laquelle les propriétaires sont habitués. Ils ne s’en inquiètent pas suffisamment, considérant ces pertes comme normales.
Malheureusement, les faits n’en restent pas là. Les années se suivent, mais ne se ressemblent pas; une année, le propriétaire, trop confiant, voit ses jeunes agneaux ou ses jeunes veaux, périr en grand nombre, avec une rapidité déconcertante. Nous avons été témoin de la mortalité suivante :
En 1922 : 12 veaux, sont morts sur 25; et, en 1923 : 80 agneaux, sont morts sur 220 ; dans d’autres exploitations de moindre importance, le pourcentage est encore plus élevé; nous avons vu mourir 8 veaux sur
8. L'arthrite infectieuse, a cessé d’être sporadique accidentelle, pour devenir épizootique, et causer des dommages énormes à la production animale. Puis cette grosse mortalité cessera et redeviendra, pour un temps indéterminé, à son taux normal.
En examinant la marche de la maladie dans les différentes exploitations d’un village donné, on ne peut en déterminer la marche. Ces explosions de grosse mortalité sur les jeunes animaux, ne procèdent pas d’une infection directe. Dans la fièvre aphteuse, par exemple, on peut établir une relation entre un foyer primitif, et les foyers secondaires ; on peut se rendre compte comment les différents points infectés, procèdent les uns des autres. Dans l’arthrite infectieuse, il n’y à aucune relation entre les différents foyers : un propriétaire, cette année, paie un lourd tribut à la maladie, l’an prochain, il n’aura peut-être que la mortalité habituelle; alors que son voisin, indemne cette année, aura de lourdes pertes l’an prochain.
Pendant la saison d’agnelage de 1924, j'ai constaté le fait suivant : Dans le village de M. un berger commun conduit aux champs les moutons de quatre propriétaires. L’un des propriétaires a éprouvé une mortalité supérieure à 28 %, alors que, dans les trois autres troupeaux, la mortalité a été très faible, 4 % environ. Et cependant, contrairement aux habitudes, l’aguelage était assez en retard.
mn LE —