CHAPITRE Il
CAUSES PRÉDISPOSANTES :
venant de la stabulation permanente
et de l’alimentation trop intensive des mères
En étudiant les circonstances dans lesquelles la maladie se produit, nous avons pu nous rendre compte que l'infection se faisait par la plaie ombilicale, au moment de la naissance du jeune veau ou du jeune agneau. En effet, sur presque tous les sujets malades, on relève des lésions suppuratives de l’ombilic, et, à l’autopsie, on constate des inflammations diverses du cordon ombilical et du foie ; mais cette infection, semble favorisée :
a) Par la stabilisation permanente des mères, entrainant souvent un manque d’une insuffisance de lumière et d’aération.
b) Par le mode d’alimentation trop intensif des me-
res, pendant la période de gestation et après l’accouchement.
a)Examinoñs d’abord l'influence néfaste de la stabilisation permanente :
1° Dans l'espèce bovine. — En raison de l’absence de pâturages, les animaux de cette espèce, ne sont, pour ainsi dire, jamais élevés dans les localités. Le but zootechnique est : la production du lait et des veaux gras. Les bovins sont achetés à des marchands de bestiaux de la région. On remarque surtout la race tachetée, de l'Est; la race normande, avec ses sousraces plus ou moins pures; on y rencontre aussi, mais quelle erreur zootechnique !, des flamandes et des hollandaïises, qui doivent trouver la nourriture distribuée à l’étable, bien inférieure à l’herbe drue et tendre de leurs pays d’origine. Ces bêtes sont achetées, le plus souvent, vers l’âge de deux ans, prêtes à mettre bas pour la première fois, et, quelquefois, en vue de la grande production laitière (surtout pour les belles normandes, venant directement des pâturages), vers l’âge de 4, 5 ou 6 ans.
Voilà, donc des animaux exilés de leurs pâturages d’origine, obligés de vivre à l’étable pour n’en sortir que pour gagner l’abattoir. A la liberté au pré, succède le confinement dans les étables, rarement bien aménagées, au point de vue de l'hygiène. L’air et la lumière sont généralement insuffisants. Les fenêtres, si elles existent, sont trop étroites; la plupart du temps, hermétiquement closes, pour éviter le refroidissement des animaux, et, en particulier, celui des vaches qui viennent de vêler; les plafonds, sont généralement rudimentaires; les murs, manquent de parements cimentés; l’écoulement de l’urine et des au-
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tres excréta, tant physiologiques que pathologiques, laissent beaucoup à désirer; le sol, non cimenté, se laisse imprégner de toutes sortes de produits virulents. La désinfection est donc presque impossible à réaliser d’une facon rigoureuse. Puis, dans ces étables, les vélages se font à toute époque de l’année; le jeune veau, né dans un milieu aussi défavorable, risque fort d’être la proie des infections ombilicales.
2° Dans l'espèce ovine. — On peut faire les mêmes observations ; les brebis, prêtes à mettre bas, sont enfermées dans des bergeries, où l’aération est insuffisante, à cause du grand nombre de sujets qui y sont logés. Or, généralement, l’agnelage se fait pendant
les mois d'hiver, d’où l’idée fixe du propriétaire, de,
fermer toutes les ouvertures par lesquelles pourraient entrer l'air et la lumière, sous prétexte d'éviter aux jeunes agneaux le refroidissement, accusé de provoquer la pneumonie.
Si on ajoute à cela que, pendant l'hiver, la couche de fumier est toujours épaisse, dans la bergerie, que tous les débris de l’arrière faix, sang, eaux fœtales, délivre, trouvent, dans la chaleur du fumier, un excellent milieu de décomposition, on comprendra facilement le danger de l'infection du cordon ombilical, par tous les microbes qui pullulent dans ce milieu infecté.
b) Voyons maintenant la deuxième cause favorisante : le mode d'alimentation des mères pendant la période de gestation et après l'accouchement.
Les vaches, nourries en stabulation permanente,