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sont poussées par une alimentation trop riche, à avoir
le maximum de rendement laitier. Ce lait est vendu, soit aux particuliers, pour les besoins domestiques, soit aux laiteries diverses ; mais, il est de préférence utilisé à la production du veau gras, opération zootechnique très rémunératrice pour le moment. (Ces veaux, qui tombent très blancs, sont vendus à 3 mois 1/2 environ, pesant 300 à 350 livres, buvant, dans les derniers jours, 25 à 30 litres de lait, et gagnant 3 livres au moins par jour.) Ces veaux naissent généralement très vigoureux, et c’est généralement dans les exploitations où les vaches sont le plus fortement nourries aux grains cuits, et aux tourteaux, que l’on constate le plus de cas d’arthrite infectieuse des veaux.
II en est de même pouriéles brebis, qui reçoivent une forte ration, surtout en betteraves plus ou moins fermentées, avec des menues pailles.
Pour ces deux espèces, il semblerait que le lait des mères est trop riche en principes nutritifs, qu’il est trop fort, selon l'expression courante. « Il se formerait d’après M. le Professeur Moussu (Traité des Maladies du Bétail, p. 136), des fermentations anormales, et la formation des produits toxiques, suivie de la résorption dé ces produits toxiques au niveau de l'intestin. Par une action élective particulière, vers les articulations, ces produits amènent de lirritation, des synoviales et des arthrites toxiques. > Telle est l’étiologie des arthrites toxiques des jeunes animaux que Moussu classe dans le rhumatisme infectieux des jeunes animaux. Dans la pratique courante, il est difficile de faire une distinction clinique aussi nette, entre arthrite
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toxique et arthrite infectieuse vraie. Il nous semble, que les cas d’arthrite toxique sont extrêmement rares et que toujours, l'infection se greffe sur un terrain rendu moins résistant par labsorption des toxines dûes à un lait maternel trop riche. Nous n’avons jamais constaté d’arthrite toxique pure, dont les lésions doivent se borner à la congestion, à l’inflammation des cavités articulaires, lésions par conséquent amicrobiennes.
D'ailleurs, M. Moussu (1), écrit, « qu’à la suite des lésions d’arthrite toxique, d’autres complications surviennent plus tard, par infections surajoutées. »
En résumé, la stabulation permanente des mères, avec insuffisance de lumière et d’aération, leur alimentation trop intensive (avec production d’arthrites toxiques ou non), ne sont que des causes qui favorisent le développement, des polyarthrites infectieuses des jeunes veaux et des jeunes agneaux; mais, la cause déterminante est l’infection, par une flore microbienne, que les bactériologistes reconnaissent très variée.
À l'appui de la théorie infectieuse, je citerai les constatations suivantes
1° Dans des épizooties graves, sur les agneaux, nous avons toujours, dès le début de la maladie, fait diminuer la ration de grains et de betteraves fermentées, pensant que la production d’alcool ou l'excès de nitrate de potasse, engendraient la forme toxique de la
(1) Moussu. — Traité des Maladies du Bétail, p. 140.
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polyarthrite. Ce rationacment ne nous à jamais paru enrayer la maladie, ce n’est que par la mise en œuvre d’une désinfection soignée, et d’une aération convenable, que la maladie ne gagne plus les petits sujets qui viennent à naître.
2° Les très nombreuses autopsies que nous avons pratiquées, nous ont presque toujours montré des lésions, quelquesfois très minimes, il est vrai, des veines et des artères ombilicales.
3° Dans beaucoup de cas, il y a mortalité des agneaux et des veaux dans la même exploitation, soit en même temps, soit successivement.
C'est ainsi qu’en 1922, nous avons vu mourir 12 veaux; et, en 1923, 80 agneaux dans la même ferme.
4° Mais, où le rôle de l’infection peut être le mieux mis en évidence, c’est par la marche de la maladie dans une épizootie : On peut poser, en principe, cette règle : Jamais la maladie ne commence au début de l’agnelage, c’est généralement vers le milieu (ou un peu avant) de l’agnelage, que la polyarthrite fait son apparition. |
Voici un exemple. En 1923, un propriétaire a eu 82 agneaux, les 25 premiers, les gros et les mauvais, ont parfaitement réussi. Mais, à partir du'25°, il n’en n’a plus été de même. Sur les 57 agneaux, la mortalité par arthrite infectieuse et autres infections ombilicales, a été de 16. Dans la première partie, la mortalité a été nulle et dans la seconde, elle a été de 28 %.
A quoi attribuer cette mortalité pendant le cours de l’agnelage ? Les premiers agneaux arrivent dans un milieu moins infecté que les suivants, en raison de
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la putréfaction des produits de l'arrière faix. Les agneaux sont contaminés par ces microbes saprophytes, puis, ces mêmes microbes, font souche de microbes plus infectieux, de sorte que les nouveau-nés sont très facilement contaminés, et contractent presque fatalement la maladie, au fur et à mesure qu'ils vieunent au monde.