‹ De la ponction lombaire dans le traitement du rhumatisme cérébral et de certains exsudats méningésChapitre 10 sur 23 · TECHNIQUE DE LA PONCTION LOMBAIRE ACCIDENTS · texte numérisé non relu

TECHNIQUE DE LA PONCTION LOMBAIRE ACCIDENTS

À l’élal normal le liquide céphalo-rachidien remplit les espaces sous-arachnoïdiens du crâne et du rachis et entoue ainsi l’axe encéphalo médullaire dans toute son étendue, dont il baigne {ous les éléments nerveux tant centraux que périphériques.

Tous les anatomistes sont aujourd’hui d'accord pour recornaître l'existence du trou de Monro qui met en rapport les ventricules latéraux avec les 3° ventricules. Celui-ci se conti- “nue aves le 4 ventricule par l’acqueduc de Sylvius. Enfin les trous de Magendie et de Luscka mettent en relation les ventricules latéraux avec le 4 ventricule et par l'intermédiaire de ce dernier les font communiquer avec le ventricule moyen.

l'extrémité inférieure des enveloppes membraneuses de l'axe encéphalo-médullaire se termine au niveau du canal sacré en formant le cul de sac dural.

Ce cul de sac ne renferme plus la moœælle, laquelle s'arrête à la hauteur de la 2 vertèbre lombaire chez l'adulte, la 3° Chez l'enfant, mais le paquet de nerfs qui en provient et dont l’ensemble constitue la queue de cheval.

Lorsque dans un but diagnostic ou thérapeutique on voudra recueillir une certaine quantité de liquide céphalo-rachidien ce sera au niveau de la queue de cheval que devra porter la ponction pour éviter la blessure de la méœlle.

Pour fixer son point de repère on trace une ligne horizontale réunissant les deux épines iliaques supérieure et postérieure. Cette ligne vient tomber généralement entre la 4° et la

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5° lombaire, c'est-à-dire au-dessous des ee terminaisons médullaires.

On doit se servir, selon la technique exposée par Quincke. et revue ces temps derniers par Tuffier eb Reclus à propos de la rachicocaïnisation, d’une aiguille fine, et longue de 8 à 10 centimètres chez l'adulte, 4 à 5 centimètres, chez l'enfant. Cette aiguille, susceptible d’être brisée entre les corps vertébraux par les contorsions d'un malade généralement agité doit être en platine. Sa lumière sera munie d’un fil d'argent.

Le sujet pourra être couché ou assis suivant les cas. La position assise semble préférable, car elle permet lorsqu'on a des aides à sa disposition, d’immobiliser le patient d’une façon absolue et de fléchir plus complètement en avant la colonne dorsale.

elte flexion à pour but de rendre plus béants, les espaces qui séparent les apophyses épineuses entre elles, et la partie postérieure des arcs vertébraux.

On ponctionne la peau sur la ligne médiane exactement. C’est le seul temps douloureux de l’opération. On pousse l'aiguille directement en avant en ayant soin de se maintenir dans l’interligne articulaire. Si l’on butte sur le corps vertébral, on: revient un peu en arrière et par différentes oscillations imprimées à l'aiguille on s'efforce doucement d’atteindre la dure-mère. Chez l'adulte on se heurte à la résistance des ligaments jaunes qu'il faut franchir avant de pénétrer dans le canal dural.

Généralement lorsque, l'aiguille est au contact du liquide céphalo-rachidien on voit ce dernier s’écouler en gouttes plus ou moins pressées.

La. ponction terminée on enlève l'aiguille. On obture l’orifice cutané par un pansement au collodion et on recommande au malade un repos au lit de quelques heures.

Effectuée dans ces conditions la ponction lombaire est presque toujours, une intervention bénigne.

Différents auteurs cependant ont voulu voir dans sa pratique la cause de nombreux accidents.

Nous ne parlerons pas de l'infection méningée que la chirurgie antiseptique doit savoir éviter. Mais l'aiguille peut déterminer une hémorragie veineuse.

L'hémorragie qui semble tant à craindre quand on examine sur le cadavre les grosses et nombreuses veines intra-rachi-

diennes est en réalilé bien rare et peu considérable. Quant

aux blessures nerveuses elles sont de peu d'importance, car tout se limite à des douleurs et contractures des membres inférieurs qui disparaissent rapidement eb sans laisser de traces.

Si, d'autre part, Rieken, note dans certains cas de la céphalée et des phénomènes d'irritation violente de la jambe droite,

Si Krônig a vu immédiatement après la ponction de l’'apnée, ües battements cardiaques, et, £

Si d’autres, ont pu observer, la petitesse extrème du pouls,

l'hyperthermie, le ralentissement de la respiration, accidents graves ayant pu déterminer la mort, nombreuses sont les observations rapportées ces dernières années où l'on ne relate aucun accident.

Maragliano, fait observer que dans sa clinique la ponction lombaire est pratiquée couramment dans toutes les infections. On a fait dit-il près de 2.000 ponctions sans inconvénient.

Julien Donath, n’a jamais observé de fièvre après la ponction. Quelques fois céphalée légère. La mort subite exclusivement signalée dans des tumeurs cérébrales, serait due à

l'augmentation brusque de celte tumeur par l'hypérémie ex-

Vacuo.

Lenhartz de Hambourg, n’a Jamais vu d'accident dans les nombreux Cas qu'il à traités par la ponction lombaire.

Enfin dans les Hôpitaux de Paris, où nombreuses sont les applications auxquelles donne lieu la méthode de Quincke, nous n'avons jamais vu, signalé par les auteurs, aucun accident sérieux imputable à cette méthode.

Est-ce à dire que la ponction lombaire ne peut en aucun cas déterminer des accidents variables, qu'elle est exempte de tout danger ? Evidemment non.

Nous croyons seulement, comme nous l'ont enseigné ces derniers temps les Maîtres dont nôus avons eu l'honneur d'être l'élève, qu'avec de la prudence et une soustraction modérée de liquide céphalo-rachidien cette petite intervention est réellement bénigne, et comme la thoracenthèse à la portée de tous les médecins.

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