‹ De la ponction lombaire dans le traitement du rhumatisme cérébral et de certains exsudats méningésChapitre 13 sur 23 · PC: DE · texte numérisé non relu

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deux attaques de cette même affection : la crise actuelle a débuté il y à huit jours. Au moment de notre premier examen, les signes de la polyarthrite rhumatismale sont manifestes : Le genou droit et le genou gauche sont atteints, les deux cous-de-pied sont touchés. Le faciès de notre malade est vultueux, l'œil brillant. La T° rectale est de 390,4. Les urines contiennent une notable proportion d’albumine.

Certains des symptômes présentés par notre malade nous paraissent suspects. Cette hyperthermie peu en rapport avec des manifestations articulaires, somme toute peu intenses, ce facies vultueux, cette polypnée et ce pouls nous font craindre quelques déterminations viscérales à expression symptomatique encore incomplète, cardiaque, cérébro-méningée, peut-être.

A l'heure de la contre-visite, la T° atteint 40°, mais le malade a toute sa lucidité d'esprit.

Tout à coup, vers 11 heures du soir, notre malade, jusqu'ici parfaitement calme, est pris d’une agitation rapidement croissante. Cet homme se met à parler tout haut et sans suite; il interpelle un interlocuteur imaginaire, il crie, il vocifère, troublant le repos de toute la salle. Puis, paraissant oublier ses douleurs articulaires, il se lève et se met à marcher. Ces cris, ces appels, ces vociférations durent jusqu’au matin, sans rémission aucune.

A 8 heures du matin, la T° rectale est 41°. À 9 heures, nous voyons le malade. L’agitation de ce délirant est toujours extrême. Sa face est vultueuse, couverte de sueurs ; les conjonctives injectées : puis, sous nos yeux, commence la période finale de coma. Malgré une abondante saignée veineuse, quelques injections d'huile camphrée, le malade succombe à 10 heures du matin.

Autopsie. — Le foie est volumineux. Les reins sont normaux. Les cellules pyramidales sont toutes touchées avec de légères variantes. Leur corps protoplasmique est le siège d’une chromatolyse diffuse par dissolution de la substance chromatique.

MM. Gaudy et Bornait-Legueule, ne constatent du côté du foie aucune autre modification histologique que de la congestion généralisée, et si les urines sont assez riches en albumine. rien n’est venu à l'examen, confirmer des résions rénales.

Ils ont été frappés comme MM. Josüé et Salomon des altérations de cellules nerveuses de l’écorce. Ces altérations peuvent être considérées, comme étant réellement d'ordre pathologique. Elles consistent en une chromatolyse diffuse et généralisée telle, qu'aucune cellule n’est entièrement indemne. Ces lésions, disent-ils, pour incontestables qu’elles nous paraissent, n’ont probablement pas la gravité qu'on leur avait tout d’abord nrêtée. Ce sont non seulement des lésions banales, d'ordre toxique, qu’on peut observer àla suite de diverses

infections, ou intoxications a retentissement cérébral, plus ou moins manifeste, ce sont encore des lésions légères et vraisemblablement réparables au même titre que les modifications congestives ailleurs remarquées.

La constatation de ces lésions cérébrales, attribuées par MM. Josüé et Salomon, presque exclusivement à un processus infectieux d’origina rhumatismale, semble rentrer dans un cadre plus général. Ce ne serait donc plus une lésion propre au rhumatisme, mais d'après MM. Gaudy et Bornait- Legueule, une lésion d'ordre général, constatée dans diverses infections ou intoxications à rententissement cérébral.

Dans toutes ces constatations, combien de résultats différents ?

Ollivier et Ranvier, dans un mémoire qui sert encore de base à loutes les descriptions histologiques, nous on£ montré que dans certains cas ces lésions manquent complètement et que quand elles existent elles n’ont rien de spécifique. On constate le plus souvent une hyperhémie diffuse de l’eucéphale et des méninges. Les plus fins vaisseaux capillaires sont distendus et présentent des dilatations très variqueuses. Le liquide contenul dans la grande cavité de l’archnoïde, dans les ventricules et dans les espaces sous archnoïdiens. est augmenté de quantité et quelquefois transformé en une sérosité d’aspect louche et de coloration blanchâtre.

La masse cérébrale présente des degrés variables, de congestion, mais toutes ces lésions n’ont rien de spécifique et sont en tout, semblables à celles qu’on observe au cours des accidents cérébraux des autres maladies infectieuses.

De toutes ces considérations nous devons retenir plusieurs points intéressants, et sur lesquels les auteurs semblent à peu près d'accord.

La réaction inflammatoire des méninges semble constante. La chromatolyse est nette. L'hypertension du liquide céphalo-rachidien évidente. Quant à la toxicité de ce dernier elle est nulle.

Or cette absence de toxicité, prouve-t-elle que le rhumatisme Cérébral ne relève ni d’un bacille ni de sa toxine ? Evidemment non.

Cela prouve simplement que le bacille ne s’y trouvait plus

au moment de l'examen. Quant à sa toxine, ne pourrait-on pas avec Wassermann et Takaki, après leurs nombreuses

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expériences, admettre que la cellule nerveuse l’atlire et la fixe ?

Et dès lors ne serait-ce pas cette toxine qui causerait cette chromatolvse diffuse de MM. Josüé et Salomon ? ou cette chromatolyse serait-elle le résultat d’un grand nombre de toxines, d’origine hépatique, rénale ou rhumatismale ?

De toutes ces recherches bactériologiques, une seule a élucidé la question. C’est dans le cas de rhumatisme cérébral, dans lequel le liquide céphalo-rachidien contient le bacille d’Achalme, pur ou associé. Mais d’après MM. Soucques et Castaigne, ce ne serait pas la présence du microbe du rhumatisme dans le liquide céphlo-rachidien qui entraînerait forcément la production de Fencéphalopathie, puisque dans un cas au moins, où le bacille d’Achalme existait dans ce liquide, le tvpe clinique du rhumatisme cérébral n’a pas été observé, tandis qu'il a été nettement constaté dans des cas où le micro be n'existait pas dans le liquide retiré par la ponction lombaire.

Cette pathogénie du rhumatisme cérébral est donc des plus complexes, et les données précédentes ne nous prouvent-elles pas l'importance pathogénique, dans l’éclosion des accidents cérébraux liés au rhumatisme articulaire aigü, soit des toxines rhumatismales, soit de la rétention des produits excrémentitiels et des déchets organiques que là poussée rhumatismale a considérablement accrus ?

Et dès lors, en invoquant en faveur du rhumatisme cérébral, comme cela s’est produit dans la méningite aigüe et dans l’urémie nerveuse les théories de décompression cérébrales et de soustraction de toxines par la ponction lombaire, n’est-on pas en droit d'en attendre un bénéfice appréciable ?

Mais auparavant recherchons les résultats que la ponction lombaire a pu donner dans ces deux affections.

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