‹ De la Possibilité D'une Action thérapeutique de la musiqueChapitre 11 sur 11 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Une observation séculaire de l'influence de la musique sur les manifestations de la vie a porté de tout temps les médecins à la faire servir au traitement des maladies, surtout mentales.

D'une part les travaux des physiologistes mettant en lumière les particularités de son action sur la circulation, la respiration, l’état dynamique, les sécréüons, l’état psychique, de l’autre les observations cliniques sont encore insuffisants pour qu'on puisse formuler les règles de son emploi thérapeutique, mais permettent néanmoins de tracer les lignes directrices de leur étude.

Ils nous montrent que l’action de la musique varie selon les modes, les rythmes, les tonalités et leurs alternances. La prédominance du mode majeur, les rythmes vifs et variés, l'alternance des tonalités et des accords de signes contraires, la brusquerie et l’intensité des mouvements et des reprises, une disposition particulière des silences rompant le rythme au moment opportun produisent une accélération de la respiration et du cœur, une vaso-constriction, une exaltation de la puissance de contraction musculaire

plus grandes et des phénomènes psychiques plus marqués qu'un rythme uniforme, lent, la répétition d’un même son, d'accords soit consonnants, soit dissonants, et la prédominance du mode mineur. La musique est excitante ou tonifiante, dépressive ou sédative, selon qu'elle présente les uns ou les autres de ces caractères.

Elle répond aïnsi à deux indications générales fréquentes dans les maladies mentales et nerveuses et dans les autres affections organiques, avec cet avantage de ne pas présenter les inconvénients de l'élimination défectueuse des substances chimiques. Mais une grande incertitude demeure encore dans son application aux cas particuliers et dans le choix des morceaux. Il serait désirable que les plus caractéristiques des compositions musicales soient l'objet d'essais physiologiques et thérapeutiques divers dont les ésultats formeraient le dossier de chacune d'elles. Ainsi l'incertitude se trouverait réduite à un minimum variable selon l'équation personnelle des sujets soumis aux expériences.

L'action dynamogène de la musique prouvée par l'exaltation de la puissance de contraction musculaire et la suractivité cérébrale se fait sentir en outre sur l'ensemble des fibres lisses comme sur celles des vaisseaux : ainsi se trouvent facilités les actes de la vie organique. Le chant ajoute à celle du son, sa propreinfluence sur les organes respiratoires et abdominaux de la personne qui chante,

convient de faire un usage modéré de la musique.

CO re

En principe on devra éviter la fatigue et tenir compte des particularités individuelles de chaque malade.

La musique est contr'indiquée quand un repos complet est nécessaire, quand l'oreille est atteinte d'inflammation ou de catarrhe, car elle peut déterminer alors des obsessions : enfin quand il y aopposition absolue de la part du malade.

Les sonorités bruyantes, Les virtuosités trop excitantes, une musique recourant d’une façon abusive à l’'émotivité sont à écarter. Au point de vue de l’hygiène elles sont dangereuses pour les enfants et Les personnes douées d’une nervosité excessive.

Vu : le Président de la thèse, JOFFROY Vu le Doyen, DEBOVE Vu et permis d'imprimer :

Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris,

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