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de l'élimination défectueuse des substances chimiques.
Ces mêmes propriétés expliquent le rôle prophylactique universel de la musique par où elle intéresse l'hygiène, malgré que les traités gardent vis-à-vis d'elle un silence étonnant. Dans l’armée, elle dissipe la fatigue des longues marches, elle empêche le découragement. Dans les familles elle est une distraction agréable, un dérivatif précieux aux soucis, aux préoccupations qui sont l’origine de bien des troubles de la santé morale et physique. Enfin, il suflit d'assister aux concerts publics, d'y voir les visages animés, les gestes plus aisés, l'expression par toute la personne d’un état général de plaisir variable selon la diversité des caractères pour se rendre compte de sa puissance d'action sur l'organisme, en particulier sur la mentalité. Darwin le savait, qui préludait au travail par quelques airs de violon, etle mathématicien Lagrange aussi, qui résolvait ses problèmes en chantant. C’est par l'augmentation de Pactivité cérébrale que se manifestait chez eux cette intensité de vie produite par la musique et qui est le but même de la vie.
Il faut toutefois se garder de l'excès, inévitable seulement pour ceux qui s'y trouvent prédestinés par leur organisation artistique, car alors c'est la raison même de leur existence et aucune considération d'hygiène ne saurait les arrêter. Certaine musique recourant d’une facon abusive à l’'émotivité est modérément recommandable et même doit rester ignorée
des enfants et des personnes trop impressionnables pour l'entendre impunément. Dans le programme des concerts on doit lui faire une place suffisante et non exagérée comme il a été longtemps de mode. Elle n’est pas dangereuse dans ces conditions. D'ailleurs il y a une sorte d'action élective, plus où moins consoiente, de la part des auditeurs, qui les garde souvent des influences nuisibles. Encore faut-il que leur àge et leur mentalité la leur rendent possible. D'où l'indication d’écarter les enfants et la nécessité d’avertir les imprévoyants.
Et puisqu'un tel sujet comporte une conclusion générale pratique, il convient de la faire en faveur du maintien de l'intégrité menacée des musiques militaires, bienfaisantes même à la population civile, et d’une opposition possible de la musique aux progrès del’alcoolisme. L'alcool pour beaucoup d’individus est un excitant nécessaire qu'un autre, inoffensif, pourrait peut-être suppléer. Une ligue antialcoolique qui remplacerait par des concerts intéressants des discours souvent ennuyeux aurait peut-être trouvé la solution partielle d'un problème où s’exercent en vain depuis si longtemps les pouvoirs publies et l'initiative privée.