‹ De la possibilité de redresser d'une manière permanente l'utérus en rétroversion par la soudure du col à la partie postérieure et supérieure du vaginChapitre 1 sur 4 · PREMIER FAIT · texte numérisé non relu

PREMIER FAIT

Rétroversion de l'utérus dans l'état de vacuité , érosions extérieures et intérieures du col ; antécédents de famille relativement au cancer; cautérisation directe des érosions et cautérisation de la face ‘postérieure du col et du vagin ; adhérence entre ces deux parties ; cessation de tous les accidents locaux et généraux .

Mme C..., âgée de quarante-un ans, éprouvait depuis longtemps des pertes blanches, des douleurs dans les aines et dans les cuisses, enfin des douleurs lombaires qui ne lui permettaient pas de marcher sans en ressentir de suite une trèsgrande fatigue. Les digestions étaient difficiles, et il y avait des envies de vomir fréquentes et des palpitations. La mère de Mme C... est morte d’un cancer de l’estomac, et sa sœur a été opérée d’un cancer du sein qui, après avoir récidivé, l’a fait succomber il y a peu de temps. Après avoir reçu pendant longtemps des soins pour une dyspepsie et subi sans succès plusieurs autres traitements, Mme C. . . vint me consulter au mois de juin 1848. Je constatai, parle toucher vaginal, que le col de l’utérus était abaissé, placé en avant du côté du pubis, et assez entr’ouvert pour permettre facilement l’introduction de la première phalange. Le fond de l’utérus était gros, sensible et porté en arrière. Par le spéculum, je vis que le col était gros, rouge, et le siège d’érosions peu profondes, s’étendant dans sa cavité.

J’appliquai d’abord des éponges fines en avant du col, puis un pessaire ; il y eut un peu d’amélioration par ces moyens; mais comme la rétroversion persistait toujours, après avoir cautérisé les érosions, je pratiquai des cautérisations légères à la partie postérieure du col et dans le cul-de-sac vaginal postérieur, pour obtenir, par un travail

inflammatoire et ulcératif, la formation de brides ou d’adhérences dans ces points. De jour en jour, la marche est devenue facile ; les fonctions digestives se sont considérablement améliorées. Enfin, la malade a cessé d’éprouver tous les accidents que nous avons notés.

En novembre 1849, M. le docteur Amédée Latour a constaté avec nous le résultat obtenu par la cautérisation, c’està-dire des brides qui se sont formées entre le col et la partie postérieure du vagin, et qui retiennent l’utérus dans ce point.

Tout récemment, j’ai eu la satisfaction de rencontrer Mme C... dans un bal, où elle dansait comme si elle n’eût jamais été malade.

Page 1