‹ De la possibilité de redresser d'une manière permanente l'utérus en rétroversion par la soudure du col à la partie postérieure et supérieure du vaginChapitre 2 sur 4 · SECOND FAIT · texte numérisé non relu

SECOND FAIT

Rétroversion de l’ utérus dans V état de vacuité , accompagnée de symptômes graves et d'hystérie; traitement palliatif impuissant ; cautérisation de la lèvre postérieure du col et de la partie correspondante du vagin ; des adhérences solides se sont établies entre ces deux parties ; cessation des accidents ; guérison.

Mme G..., âgée de trente ans, éprouvait depuis six ans une série d’accidents qu’on avait considérés comme étant produits par une affection nerveuse , et traités en conséquence sans aucun succès. A la suite de la moindre marche, une lassitude extrême se faisait sentir, et la malade se tenait presque toute la journée étendue sur un canapé. La menstruation était douloureuse et souvent retardée de deux et même trois mois. Le 13 juillet 1847, je constate par le toucher une rétroversion de l’utérus ; le col est sain, un peu volumineux cependant.

Après avoir employé divers moyens (cataplasmes, cein-

ture hypo-gastrique, frictions, bains sulfureux, bains de mer, éponges, pessaires, etc.), je me décide, le 12 décembre 1848, à pratiquer, avec le caustique dépotasse et de chaux, une cautérisation légère en arrière du col ; elle est suivie d’une amélioration notable des fonctions digestives. Plus tard, une seconde, puis une troisième cautérisation sont faites dans le même point. Consécutivement, il s’est formé sous le col une bride demi-circulaire adhérente au vagin, et sous tous les rapports l’amélioration a fait des progrès rapides.

Le 23 janvier 1850, Mme G... n’éprouve plus d’accidents nerveux ; les fonctions digestives se font régulièrement ; la marche est facile et peut être continuée longtemps sans fatigue. Par le toucher et par le spéculum, je constate que le col est adhérent à la paroi postérieure du vagin. Dans ce point existe une bride de plus d’un centimètre de long, bride sur les côtés de laquelle se trouve un cul-de-sac. Enfin, le 14 février 1850, Mme G... m’écrit qu’elle est redevenue à peu près, sous tous les rapports, ce qu’elle était il y a six ans.

M. le docteur Mêlier a constaté par le toucher la bride que nous venons de décrire.

Le 10 avril dernier, j’ai touché de nouveau la bride formée entre le col et la paroi postérieure du vagin, et j’ai reconnu, en étudiant avec soin les adhérences déterminées par la cautérisation, qu’il existe aussi une bride péritonéale derrière l’utérus, bride qui, sans aucun doute, avait été la cause de la rétroversion, ainsi que je l’avais déjà observé sur une femme dont j’ai rapporté l’observation dans mon Mémoire sur la rétroversion dans l’état de grossesse. Comme on le comprend, ces brides, suites de péritonites locales, constituaient une difficulté de plus que je suis cependant parvenu à vaincre dans les deux cas.

Depuis l’époque où j’ai publié ces observations, j’ai revu

plusieurs fois, et tout nouvellement encore, les deux personnes qui en font le sujet; la guérison s’est parfaitement maintenue, et j’ai obtenu le même résultat sur beaucoup d’autres malades atteintes, à des degrés divers, du même genre de déplacement.

Je persiste donc plus que jamais dans mon opinion, à savoir, qu’il est possible de guérir la rétroversion par la cautérisation légère des parois opposées du col de l’utérus et du vagin.

Les faits suivants, que je choisis à dessein parmi ceux que je possède, parce que j’ai revu les malades depuis peu de temps, prouveront mieux que tous les raisonnements la valeur de ce moyen chirurgical.

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