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De la poterie gauloise;

Je commençais en 1867 i déchiffrer avec pcioe les caractères si pou connus de la poterie gauloise, courant les musées si pauvres alors en spécimens de l'art de terre chez nos aïeux, allant de Sèvres à Cluny, de Cluny à Saint-Ce rmaio, et de Saiot-Germain au musée ethnographique du Louvre, dessinant, comparant, étudiant, et sauvent Je revenais de ces courses navré du peu de documents que J'avais récolté dans ma Journée.

Conune un botaniste tful, rompu par ta fatigue, après avoir gravi maintes collines et traversé nialots vallons, rentre au logb et ne retrouve dans son herbier que quelques plantes sèches, sans caractère, sans couleur et sans vie, au lieu du trésor que m'avait (ait rêver, au matin, mon imagination eu quête de merveilles, je revoyais, le soir, mes albums à peine couverts d'indications prises par-ci par-lA, sans lien, sans corps et sans suite.

Je baissais la tète et je me disais : pourtant, il doit y avoir un art gaulois. Oui, il y a un art gaulois, et si Jamais on en trouve les traces, ce ne sera ni dans les médailles, imitations de ta Grèce ou de Rome ; ni dans les armes ; le bras qui trappe et tue ne peut créer et reproduire la nature ; ni daus les parures ; colliers, bracelets, bijoux et fibules, instruments de luxe et de coquetterie. Ce sera dans la poterie I

Cherchons les vases.

Et je retournais voir les quatre ou cinq urnes de Soint-Germaîn, les quelques fragments de Sèvres, les débris de Ctuny, et Je feuilletais le Brongniart aux bibliothèques, et l'histoire de Haryat, et Riocreux et Demmin et Luhbock et cent autres, sans avancer d'un pas.

Lorsque, tout à coup dans l'immense bazar du Cbamp de Mars, au milieu de tout le fouillis <[u'od avoit débarqué là, une vitrine lï'appa mee regardst

2 A U. J. CUA&VBT.

Mes types r£vés, mes formes personnelles à la Gaule, mes inscriptions Joyeuses et vives, mes hanaps à porter les braves santés, mes petites tasses riantes, mes urnes à conserver, mes grands plats, mes bouteilles, mes coupes, tout était là, pimpant. Irais, intact, nori plus couvert de poussière comme chose qu'on délaisse, mais choyés, aimés, parés, vivanla enfin.

Je n'en dormis pas de deux ouîts.

Et Je vous écrivis, car au Palais, encore plus qu'ailleurs, il fallait, comme toujours en France, verballseF, signer, contre-signer, pétitionner, timbrer, légaliser, réviser et parapher avant de pouvoir s'approcher de cetlo bienheureuse ntrine.

Ici on ne peut étudier une collection particulière, et même certaines collections publiques, qu'à la distance militaire de quinie pas. Si vous avancez en tirant un carnet de notes, un gardien vous met la main au collet comme à un voleur, et vous dit : « On ne dessine pas, mon»eur, le propriétaire l'a défendu I n Le propriétaire 1 plus stupide que le paysan, qui a peur quand il vous rencontre au coin de son champ, assis sur votre trépied, la palette à la main, que vous n'emportiez sur vos cahiers sa maison, son arbre, sa grange, son moulin, ses bestiaux ou ses pommes de terre.

J'avais la terreur d'un vieil amateur mausi&de, avaricieux et maniaque, enfermant dans des armoires à triples serrures ses richesses, dont il ne Jouit pas, mais dont il ne laisse au moins Jouir aussi personne. J'avais la crainte d'un pédant à charabia scientifique qui allait me répondre, « un travail sur la céramographie gallo-franco-romaine, monsicurl j'en prépare un depuis vingt ans, et Je n'autorise personne à courir sur mes brisées. »

Pas du tout. Je rencontrai un homme franc, rond d'allures, de pensées,' de geste et de parole, qui m'écrivit : ■ Vous voulez travailler, monsieur, allez, prenez mes vases, dessinez-les, gravez-les, faites-en ce que vous voudrez. Ah 1 Je ne saurais trop flétrir le procédé de certaines gens, qui mettent la lumière sous le boisseau, arrêtent l'essor de la science, au lieu de lui fournir d'utiles matériaux, dont les coUections sont de véritables fléaux, qui accaparent, disùmulent à tous les regards les monuments qui serviraient i reconstituer le passé.

Comme le peintre des vitraux d'Anet et du Jugement dernier écrivait sur SCS volumes, « ce livre est à Jean (kiusin et à ses amis », Je vous dis mes collcclions appartiennent à tous ceux qui ont le désir de les étudier.

Pline avec Marius Agrippa voulait <> que les merveilles qu'un siècle u transmet à un autre, comme la plus belle part de son héritage, fussent • exposées au n^ard du public, et non pas enfouis sans honneur chez de « riches particuliers. I^ place des chefs-d'œuvre, disail-il, est sur les places u publiques, sur les portiques et dans les temples, partout où s'arrête le ■ peuple. C'est une trahison de les reléguer dans les villas où nul ne les « regarde, pas même leurs égoïstes possesseurs, n Venez chez moi, et s'il

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