A U. J. CHARVET
voiu Taut dca renscigocmenU, Je toub prïe de croire qu'ils ne voua Teroat nullemeat défaut. ■
Voilà comment je parvins & cette époque, grâce A vous, monsieur, & publier quelques articles sur la poterie gauloise comparée à la poterie péruvienne, égyplienne, étrusque, grecque, etc.
Depuis, vous avez bien voulu, en m'initiant complètement & l'étude de cette branche si importante de l'archéologie, m'aider de toutes manières & compléter cet essai. Je tiens & vous en remercier publiquement, en vous dédiant cet ouvrage, qui est votre œuvre bien plus que la mienne.
Je me souviendrai toujours des charmantes matinées de la rue de Londres, des excursions du Pecq, des journées heureuses passées avec vous, en devisant de toutes ces formes si caractérisées de la poterie de nos pÈres. Puissent ces quelques pages vous en rappeler de même le souvenir I
Dans cet espoir, moiuieur, recevez donc, avec tous mes remerciements, l'assurance de ma considération la plus distinguée,*
Henbi du Cleuzioo.
On s'est pin, depuis des siècles, A nous représenter les Gaulois, nos pères, comme des barbares féroces.
Les Latins noua ont fait de leurs mœurs des tableaux pleins de fantaisie.
César, le premier. César, ce grand ennemi de notre race, qui massacrait, impassible, tout le Sénat des Yeuètes, et vendait A l'encan ses prisonniers ; César, qui renfermait dans les sombres cachots de Rome laGrande, Vercingétorix, l'immortel Arveme, et lui faisait endurer six longues années de torture pour le réserver & la pompe de son triomphe.
« César, bien plus propre à vaincre les Gaulois (ju'à les peindre ', > non content de les piller à outrance, de les exterminer en
I. La Rehgioa de* Gauloù, tirés de* plus pnrea «onroei de l'anliqulU, p. 333, 1. 1 , Puis, S«igT«in MDCCXXVII. Par la R. P. Dora *".
Cétar, écrit le mâma PèrB(Dom Martin), dans ans antre partie de ion oarrage ouvrage qu'on aenible dédai^er aujoard'hai et qu'on devrait plus aonveot relire, car Ileat pleindebonae foi, de soienee profonde, de patientes recherobeietdepatriotisdie éclairé}. .— César a vit tout en Otule avec de» yeux romaini, > 11 ne sut de la religion « que ce çui pouvait le lavoir en groi. » — Il us faut pia attendre de lui d* grandes lumières aur la religion des Qaulois, qu'il n'entendait peut-être pat, ou du moins dont il t'entbarraisail fort peu. »
■ Il s'est évidemment troiiipécominelaplupartde<ro]pageiir« qui se meiaatd'éariN dei commentaires. Ils veulent paraître tout savoir, et pour y parvenir, forment leww jugements sur des apparenoes légères ou chimériques. ■
L'enqoéte qu'entre deux batailles le conquérant Bt en Owile, fut nne enquête ol9cielle; on sait oe qu'elles peuvent valoir.
masse, a calomnié ses vaincus, et, jusqu'à ces derniers temps, nos historiens, se traînant à sa remorque, ont à Verni répété ses diatribes.
En vain Aristote avait-il af&rmé que la philosophie grecque était fille des Semnothées de la Gaule, en vain Pythagore avait-il rendu justice à la sublime doctrine des druides, en puisant chez eux ses théories métaphysiques et sa science des astres ', nous avons, au dire d' Aristote, au dire de Pythagore, préféré celui du chauve ami de Nicomède.
Il est temps de nous souvenir enfin des vertus de nos ancêtres, de rétablir, suivant la franche expression de Malo Corret de la Tour-d'Auvergne : « sur la liste des nations le peuple gaulois*. »
Non, César en envahissant la Gaule, n'y apas apporté la lumière !
1. Le témoipiaga de Céur sur les dieu gaulois, esl SDperbe de ligèreli. — « De hii eamdein fera qatm reliquis geotes habent □pinionem. Lee Qeutois, là-deeeae, ont à peu près les ntSmes seatiments que les autres nations. ■ Tout César est dans cet à p«u prél,
m Ile toat la gaem \ toules tes religions, > disait Cioéron, qui ne croyait point ï la sienne. ■— Henri MartiD, 1. 1, p. 81, Hitloire de France, Paris, Purne, MDCCCLX.
■ Ce sont des pbiloioplies initiés k la notion de la cause première, ■ s'écrieienl au ooDlraire, les sa^s de la Grèce, qni saluaient de loia tes druides comme leurs frère*. tdem, t. I, p. Bl, et aux fclsircissements, i73, X, sur l'aatrouomie de* druides et leurs atnnités avec Pythagore et Numa.
a Jmtofa, au rapport de Dia^^ £(i«rce, appelle les philosophes celles et gaulois, dea noms de druides et de semnothées,» c'est-à-dire, suivant la traduction de Jean Rejfoaud, d'adorateurs de Dieu. Poiyhstor reconnaît que la Gaule svait précédé la Qrèoe dans la oonoaissBooe de la philosophie.
Jamttliqtie fait de Pythagore le disciple des prêtres gaulois, et Plutargae attribue l'honneur de l'institutiou religieuse de Numa, fondée sur le monothéisme, aux lefODS d'un philosophe étranger, qui fut certainement, d'après Jean Reynsud, un Celle de t'Ombrie.
Les pÈres de l'Église sont encore plus afflrraalifs dans leurs témoignages. Saint Clément déclare que les druides avaient une reti^on de philosophes. Saint Cyrille tfAtexonifrte soutient, contre l'empe reur Julien, que la pbilosopbie,ijc'est-à-dire, comme on l'entendait alors, la croyance k l'unité de Oieu,jg (?) n'était point particulière à la Judée, mais commune encore aux druides, aux mages et aux brahmane". Origine, d'accord en cela aveo CeUe, son adversaire, convient que les druides de la Gaule, professaient des eroyances (out& fait conformes aux doctrines des Juif*. {S4 et suiv., Études delà mythologie celtique, per Jules LeQocq. Orléans, Herluison, 1S60. — La Religion dee Gaithù, llv. il, p. 329, Dom Martin.
i, Originet gauloitea, e«nM des plus anciens peuples de l'Enrope, puisées dansleur vraie sonrcf, par le citoyen La Tour-d'Auvergae-Corret. — Paris, Quillau, an V de la République nantaise, p. vi, Avant-Propot.
Non, César, en égorgeant les nôtres, n'a pas ouvert à la civilisation un pays qui la possédait bien avant sa conquête.
Nous savons aujourd'hui ce que valent les sauveurs de sociétés, suivis de cohortes et de légions, traînant après eux une soldatesque grossière et stupide.
Non, ce n'est pas au milieu d'un troupeau de bètes féroces que s'est jeté l'ambitieux épicurien d'Italie, rassasié de vices et criblé de dettes. Il a conquis, gr&ce à cet art funeste « le seul qu'ait jamais connu les Romains, l'art de la guerre', » un peuple libre, grand, plein d'honneur, de passion généreuse et de fraternité, dont la supériorité morale a persisté quand même, malgré le double envahissement des serviles armées romaines et des hordes indisciplinées de la Germanie.
Des barbares, nos pères 1
Nous aurions dû savoir que ces peuples qui accueillaient avec amour les étrangers que le hasard ou la tempête jetait sur leurs cCtes, les entouraient, s'assemblaient pour écouter leurs récits, les arrêtaient en plein champ pour les questionner avec une curiosité infatigable *, que ces peuples, dont les filles simples et naïves offraient au Phocéen éloigné de sa patrie la coupe amoureuse du mariage, avec une sublimité toute patriarcale' étaient des hommes et de vrais hommes.
On nous a dit qu'ils ne se nourrissaient que de sang et de pil-
I. Moote«qui«D : Grandeur et Dicadenix de* Romaùit, t. II, p. I et G. — Pari», Haobette, 1SG2.
S. « Ces hommee, comme le» Grecs, aoDt avides de toutes ohoscs nouTelles st loinlaioes; il* a'inlériasent à tout ce qui te patM data le monde, a Henri Mu-lin Hittoire deFraTiee,l. I, p. 35,
a Les Gaulois iovitent les étrangers 11 leurs feetioi, et ce n'est qu'après le repas qu'ils leur demsadenL gui ils sont et cq qu'ils viennent foire dans leur pays, u Diodore de Sicile. Posidonius (A. Thierry, Hittoire des Gaulois, t, 1, p. 469).
3. Voir dans Henri Martin, t. I, p. li, rbisloire d'Euxinele Phoeéeu, et daNonn, le chet des Se^brlges (Fondation de Marteilte) et dans Amédée Thierry. Histoire des Cauloit, t. ], p. 36, l'anecdole de la beUeGyptis, que son £poui appela Aritloxéne, la meilleure des bûlesses.
■ Ce ne sont certes pas des esclaves écrasées sous de durs lardeaui, □■ d'oisib iasinunents de plaisir que ces belles et Dires créatures tant admirées des historiens.
8 POTERIE OADLOISB.
lage, que les nations voisines en avaient horreur et ne les approchaient qu'avec crainte ', et nous avons cru ceux qui disaient le mal sans nous occuper des autres.
Nous aurions dû savoir que c'était avec ce souverain mépris de la mort, qui fait les grandes âmes, que la veuve en larmes du chef au collier d'or, comme sa sœur l'Indienne, venait offrir spontanément au couteau de l'Ovate sa poitrine frémissante d'amour, en chantant son chant de mort".
Nous aurions dû savoir que c'était par un sentiment d'amitié plus qu'humain, que le Breur, ce frère d'armes kimrique, le dévoué, le soldeur, venait réclamer à cause de son sermeut sacré le droit de suivre au frais pays d'^lwaZ/on/dans le cercle des voyages, celui qu'il avait perdu sur la terre'.
qol Dous 1«8 montrent époQHa ai d6Ton£as, si lionnaB éducatrices, igilanl en force d'ame laurt maris, auxquels elles- préparent des fils dignes d'enx.
■ L'ut^edelacoupe nuptiale, tei qu'ilapparalt dan* les traditionssurlalondation de MasMlie, est le symbole lo plus éclatant de la liberti naturelle, qui appartient h la jeune (llle de cboiiir taa époux, liberté depuis méconnue, foulée aux pieds dorant des siècles dans les aoclétéB les pluii civilisées, par l'autorité paternelle dégénérée en tyrannie. B Henri Martin, Hiatoire de France, 1. 1, p. 38.
1, Diseoura sur la nature et les dogmes de la Religion gauloise, servant de prélimiDaire k l'Histoire de FÉglise gallicane, par M. Chinlao de Li BasUde du Clam, avocat au Parlement. Paris, Butard, MUCCLXIX. Avant-Prvpoi, p. iv.
S. M C'eatla fête autour des deux lacs, un lae m'enviniDDe el environne le oerole; un antre cerole ceint de douves profondes; une belle grotte est deiant, de grandes pierres la recouvrent, le serpent s'avance deliora en rampant vers les vases du saorillcateur; [cette grotte est Is tombeau du mort et le serpent son &me. Dans taules les religions primitives, le serpent est le symbole de l'immortalité), du sacriOoateur aiu oomes d'or, les cornes d'or dans sa main, sa main sur le couteau, le couteau sur
CbanU d'Uther peu Dragon, ds la Villemarqué; Conte* det anciens Bretons, t. II, p. 293.
3. « On volt parfois un faéroa fameux, au lieu de denx écuyers, réunir autour de lui des centoinPB de chevaliers qui lui sont associés pour la vie et la mort, le sauvent avec eux ou mourent avec lui dans la bataille, ou, s'ils n'ont pu le suivre, à l'instant méma se préolpitent dans les flammes de son bûcher ou e'entrelnent sur son tombeau. »
Ces associations portent en langue gauloise le non de Fraternité {Brodeurde). Henri Martin, t. I, p. éS.
A la bataille de Marius contre les Kimris, tous tes guerriers du premier rang s'attachèrent les uns aux autres avec des chaînes de fer fixées h leur* baudriers. — Hisluire de» Gaulois, Amédée Thierry, t. I, p. 33.
Potybe appelle ces amitiés du doux nom grec d'ixifiK.
On nous a dit qu'au fond des forêts sombres, le druide immolait jour et nuit ù des dieux immondes des victimes humaines, que sous son couteau de pierre, sur la table du dolmen, le sang ruisselait sans cesse '.
Voir l'hiilûire das dévoués de Sertorius; Romej, Hùloire â'Espngne, t. 1, p. 282.
Ciur, qui veut toujours voir das bUchers duna U Oaule, taiaie lorsqu'il n'y avait que de simplet InhumattouR, ce qui aérait facile & démontrer par daa rouilles Téeennient Taites dins le département de la Marne, par M. Le Beuf, César dit :
n Punera suut pro cuitu Galloram masuiDca et aomptuoaa. Omuia quw vivis cordi fuisse srbilrentur in ignem inférant eliain animalia, ao paulo supra hanc memoiiani tervi et clientes quos ab iia dilectos esae conatabat justis funeribuB coorectii ana cremabanlur. Les funérailles des Gauloia, eu égard ï leur oivilisatioD, sont luagaillquea et somptueuses, Tooa tes objets qu'on pense avoir été chers aux morU, et inéma les animaux, sont jetés dans le bûcher funèbre. A une époque qui n'est pas éloignée de nous, lee escUvee et les cliente qui les avaient aimés, étaient brûlés aveo eux quand les tonnalilés des funérailles él^ent acoomplies. — César, liv. VI, Comm.
(Noua reviendrons plus tard sur cet una cremabanlw.)
Dans uu dea cimetières de la Marne, celui des Crons {Croms, Cercles), nous avons fouillé uons-mfimes des lombea doubles. — On en a trouvé en trSs-grand nombre, . avec das cadavres superposés* d'autres avec dea cadavrea enterrés aux pieds du maître. Une enfin avec deux corps, les bras unis après la mort par un unique bracelet. Le bronze en verdisaaut les quatre oa de ces deux braa, donnait la plus irréfragable preuve de l'uiage dont parle ici César. — Ce bracelet avec les o» qu'il entourait est an muaée de Saint-Germaîn-en-Laye, donné par M. Le Beuf.
1. Ou sait maintenant que tous lee préteodua autels de pierres, connus sous le nom de dabnem, ne sont que dea chambres sépulcrales analogues aux chambres des pyramides égyptiennes. Un lumytus, ou pour mieux dire, un lertre de ^azon recouvrait toujours oes chambres et devait être, ta plupart du temps, surmonté d'un menhir <la pierre du souvenir). Dans la plaine de Camac, il en existe encore d'entiers, malgré les archéologues qui en renversent tous les jours. Ils se composaient parfois de deux ou trois cbambres, comme iPlouhsmel, La butte de Tumiac eal un dolmen complet. Qavrinis possède encore sa tombellc. Le mont SainUMichel de Gsrnao est entier. Quand le temps, la main des hommes, les pluies et le reste finissent par enlever la terre, le squelette du monument se découvre; parfois il est brisé, alors il arrive ï n'avoir que trois pierres, ce qui forme ce qu'ils appellent un trilithe, parfois un des supports manque, on a le irmi-dolmen ; mais toutes ces divisions et Bubdiviaiona n'existent que dans l'imagination dea savants. Tout dolmen primitivement a eu son tertre, et l'œil le moins exercé, quand il n'est pas aveuglé par le parti pria, en découvre toujours tea traces dans les mouvements de terrains qui environnent la ruine.
Quant aux antels avec curette et rigoles destinées au sang des victimes, il suflit d'avoir visité les cAlea de Bretagne, d'avoir gravi les roches de Ploumanarch, de Saint-Mathieu, de Croion ou d'ailleurs pour comprendre l'inanité de l'hypothèse du tacrinoe dans ces cuvettes. Le granit, en se désagrégeant sous l'action des pluies, creuse un petit trou qui s'agrandit toujours; l'eau cherchant une issue forme la rigole, et il y a dans les falaises dont noua parlions tout à l'heure, nombre de bassina
10 POTERIE OAULOISH.
On nous a dit qucj pour apaiser les dieux immortels, ils entassaient dans des mannequins d'osier tressé, des masses d'hommes vivants, qu'ils y mettaient le feu et se délectaient A cet horrible spectacle*.
formant les plus beaux autels du monde, dans des siluatioDS o(i jamais droide, ellt> il oeat pleda de haut, n'aurait pu sacrifier la muindre rïotims.
J'avoue avoir eiploré et desainé preique tous les dolmens counoa de l'Armorique et n'avoir pu reocootrer encore un seul autel & socrifloee.
I. Natio estomnium Oillorum admodum deditareligionibus, at que obeam causam gui sunt afTecti gravioribus morbis, quigue in prsliis peiculisque versantur aut pro victimia faomiDes immolant aut se immolaturos vovent, administriaque ad ea Baorincia druidibus utuntur; quod pro vtta homîuii niai hominis vila reddatur, non poise dearum immortalium numeu placari arbiLrantur, publicegue ejusdem ^enerîB liabcut instituta sacriQcia. Alii immani magnitudine ttmiilacra babent guorum eoQtïxta viminlbuB vivis membra hominibus complent. quibuasucceoeia, oireumvenU llanuna exanimantur homiaee. Supplioia eorum qui iu Turlo aut In latrocinio aut aliqua noia sint comprabensi gratiosa diia immortalibas e<se arbtrantur, sed quum ejus generis copia derecit od innocentium supplicia descendant.
César, Comm., liv. VI, p. 269. — Guerre des Gaulet, Cbarpeatier, IMS,
La nation gauloise, tout eolière, est IrËs-portêe fc ta superstition, et par oe motif, ceux qui sont attaqués de maladies graves, ceux qui font la guerre et qui vivent dana lea danger* immolent des bommes pour vioUmes ou font vœu d'en immoler. Les druides sont les ministres de oes eacrilices; ils croient que les dieui iromoftels ne peuvent être apaisés qu'en racbelanl la vie d'un bomme par celle d'un autr* homme. Les sacrifices de ce genre font mSme partie des institutions de l'État. Quelques peuples ont de très-grands rouinequiDsd'osiertresséqu'ileremplistenl d'hommes . vivants, ils y mettent le Teu, et ces hommes périssent enveloppés dans les flammes. Ils croient que l'immolation de ceui qui sont convaincus de vol, de brigandage ou de quelque autre action criminelle est oeile qTii plaît le plus aui dieux Immortels; mais quaod ces sortes de vicUmes ne sont point assez nombreuses, iU ; suppléent en sacrifiant des innocents. — Traduction de M. Charles Louacdre,
Heureusement que nous n'avons qu'& tourner quelques pages pour nous oonvaincro delà véracité de l'historien à".» Oaules. Je vous épai^ne le texte latin. — a On ï voit [en Gaule) des animaux nommée élans. Leur forme se rapproche de celle du chevreuil, mais lie sont un peu plus grands; ils ont la peau mouchetée, ne portent point de cornes, et leurs jambes n'ont ai jaintares ni articulations (et crura sine nodis articulisque habenl). Ils ne se couchent point pour dormir, et quand ili tombent, ils ne peuvent ni se soulever, ni se remettre debout. (Neque quietia causa procumbunt neque si quo amictje casus conciderunt erigere scse aut sublevare possunt.) Les arbres leur servent à se gtter; ils s'y appuient en se penchant un peu, et c'est aind qu'ils dorment. Quand les chasieurt ont reconnu, à l'empreinte de leurs pieds, l'endroit oh ils oot leur» repaires, ils déracinent loua les arbres ou les scient de manière que le tronc se tienne encore debout ; lorsque les élaus, suivant leur habitude, viennent s'y appuyer, ib renversent par leur poids ces arbres quin'offrent plus de ritislanee, et tombent avec eux. » Comm,, liv. Vl, p. Ï77, t'ifciTi.
Quand on examine la nature d'une aussi puérile façon et qu'on ose transmettre k la postérité de pareilles réflexions, on pourra nous parler tant que l'on voudra des BBoriBces reli^eux des druides, noua fermerons l'oreille et nous ne aroirons pas.
Et nous avons cru l'ennemi sans môme chercher à comprendre le dévouement plein de grandeur et d'idéal de celui qui, n'ayant pas d'enfer, ne connaissait point la terreur du trépas '.
Nous aurions dû savoir le rôle admirable i^ua jouaient dans la société gauloise les femmes, ces êtres faibles et beaux, dont le respect chez nous s'est conservé quand même, malgré l'influence de la barbarie franke.
Nous aurions dû savoir que ce respect avait enfanté dans notre patrie la Velléda des Bnictères qui, du fond de sa solitude mystérieuse, soulevait les guerriers de l'indépendance* ; la Peponilla de Sabinus qui, semblable à la lionne au fond de son antre, nour* rissait en silence les rejetons du proscrit'; la Boadicé de Tacite qui, dans l'tle de Bretagne menait, pleine du courage des héroïnes de France, des Jeannes immortelles, les siens à la victoire*. On
i. Te, non Paventia Tuners Gallix.— Horace, Odet, livre IV, OdeXtV, k Aupiate.
3. Voir dans VHiiloire des Gaulois, de M. Ainédée Thierry, l'histoire de cette Velléda, a qui, se dérobant ji tous les regards, se Lonait oachée au haut d'une lour et dirigea la grande révolts de Civilis. ■ — Histoire de» Gaulois, t. II, p. S2i. Paris, Didier, 1S63.
3, Taoile l'appelle Eponina; Plularque, Emponé; Dion Catsius, Peponilla. C» Tut elle qui vécut neuf ans eufermée dana les Bouterrains d'une villa, avco son cpoui, et qui n'ayant pu obtenir de VespaBien la griae de Sabinus, demanda k mourir avec loi. — ■ Fais-moi cette grèce, Vesposien, a'écria-t-elle, car Ion aspect et te» lois me piaent mille fois plus que la vie dans les ténèbres et sous la terre? » Plularque,
Histoire des Gaulois, t. Il, p. 549.