‹ De la poterie gauloise;Chapitre 13 sur 107 · rdem, p. 3S,Cil · texte numérisé non relu

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tout l'univers, quoique divisé et inconnu à lui-même; loi que M. Jacquemart indique dans ses Merveilles de la Céramique*, se refusant de voir traces d'imitations où il y a identité de pensée, égalité d'avancement dans l'intelligence; loi dont M. Charles Magnin ' donne la formule en constatant que les phénomènes litté. raires se produisent constamment les mêmes dans des conditions semblables, sous des latitudes de civilisation correspondantes, comme les couches de même formation en géologie, suivant l'heureuse expression de M. Ampère ; loi que Michelet ' enfin appelle la grande harmonie à travers l'espace et le temps, l'immense concert de la fraternité humaine; loi qui nous donna, dans la branche de l'art dont nous nous occupons, des formes nouvelles, mais à peine distinctes des primitives, des ornementations analogues et pourtant déjà particulières. Triangles, cercles, pointillés, finesses d'ébauchoir, maniement plus habile de l'outil, qui nous conduisit à la troisième phase de l'art de terre, la loi de personnalité.

Le chasseur qui passait à travers la nature sans la voir, sans se préoccuper aucunement de ses merveilles, poursuivait sa victime à travers les montagnes, les plaines, les forêts et les fleuves, tuant et voilà tout.

Celui de qui devaient naitre plus tard les conquérants, les Alexandre, les César et les Tainerlan, revint sur les traces des fugitifs. Il ne produisait pas, lui ! mais ayant soif de posséder, et, sentant qu'il était la force, il pillait, volait, et se faisait adorer par ses sujets.

Et les penseurs, efirayés, s'échappèrent cette fois ; ils ne devaient s'arrêter qu'à l'endroit où finissait le monde *.

l, Let MerveiUeide ta ciramique, psrA. Jacqaemut,premiërapuUe, Orient, p. $38. — P»ris, HaeheUe, 1866.

S, Les Origines du ihédlre antigue et du thiàlre moderne, depuis lo premier jtuqu'ftO ■eiiUme eiècle, par M. Charles Magniii, p. fit, Paris, Eudes, IBGS.

3. Bible de fhumanité, J, Miohciet, p, 13, Paris, Cliamerot, 188*.

4. Histoire de France, par Henri Martin, p. 29, l. t. Paria, Furne, MDCCCLX. — « Finistère de Bretagne, de Gaule et d'Espagne ;

!<■ La Cornouaiile ou Corae de Gaule anglaise; 2° la CorDouaille française, dou l'eitrima pointe, la cap Saint-Mahé, s'appelle, en breton, le Pen-ar-Bed, ou Ute du mondes 3> le promontoire ueltique du cap Finislère de Galice, a

POTERIE OAULOISE.

Là, tout en conservant religieusement les traditions de la fomille première, ils les modifièrent petit à petit. La personnalité de chaque race se développa suivant le changement des milieux. L'art, et particulièrement l'art de terre, qui s'inspire toujours de la nature ambiante, prit un caractère entièrement personnel, et se diversifia suivant les latitudes et les contrées.

A Louqsor, à Karnac, à Denderah, le palmier ^découpait sur le ciel son chapiteau de feuilles régulières; le papyrus étendait sur les rives du fleuve ses larges ombelles; le lotus croissait au milieu de l'onde, allongeant, sur les flots tranquilles, ses feuilles épaisses et les coupes blanches et bleues de ses fleurs au parfum trop suave.

Et les sculpteurs du Nil chargeaient leurs colonnes, inspirées de la forme et du tronc du palmier, de papyrus épanouis, de lotus entr'ouverts et, devant les sables du désert et les^borizons mornes, modelaient dans le granit rose les silencieux colosses de Memnon, le calme et froid visage des androsphinx.

Et les potiers arrondissaient leur terre mate et blanche à l'exemple de la fleur des étangs sacrés, et peignaient sur leurs flancs les lotus blancs et bleus, les gracieuses ombelles du papyrus.

Dans la vallée de Tempe, sur le mont Olympe ou le mont Parnasse, aux rives de Corinthe, Tachante enroulait, aux corbeilles oubliées sur les tombes, ses feuillages profondément découpés; le laurier abritait les Apollon gardeura de blancs troupeaux; sous leurs ombrages retentissait le pas rhythmé des Muses, et les Phidias, sur les colonnes du temple, enlaçaient Tachante aux volutes de leurs adorables moulures, et les Thériclès et les Nycosthènes tordaient, autour des urnes, le laurier, l'olive et le mûrier de la presqu'île*.

Ailleurs, où se voient aujourd'hui les ruines de Chichen-Itza, d'Uxmal ou de Pallaitqué, le cactus éclatait aux torrides rayons

1. On mU qti« U cuUura du mûrier formait la principelo biancho de commerce de

du aoleil ; l'atoès dressait ses feuilles grasses, armées de piques ; les bananiers servaient de refuge aux perroquets bavards, aux geais bleus, aux serpents, aux iguanes, et le Mexicain sculptait les enchevêtrements inextricables du palais des Nones et du grand cirque des tigres, et le potier du Pérou accouplait ses étranges

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fruits aux goulots étroits, fabriquait ses grandes jarres, ornées de pointes, évasait ses coupes et suspendait ses gourdes, ornées de zigzags.

Dans la Gaule, s'acclimatait la vigne; l'églantier croissait au fond des bois ; le lierre se suspendait aux troncs des vieux chênes ; la fougère inondait la lande et le chardon sauvage émaillait de ses feuillages bleu&tres le sable blanc des falaises. Plus tard, l'ouvrier devait y retrouver les décorations dea chapiteaux de ses cathédrales; aux heures de l'enfance, le façonneur d'argile enguir-

landait ses hanaps de vrilles élégantes, imitait la grappe, gravait au poinçon les feuillages réguliers de l'herbe sans fleurs, et chargeait ses graods plats des feuilles lancéolées de la plante des courants rapides.

Ah ! certes, si l'on aligne sur une même étagère ces produits si divers, et quand on remonte aux temps oubliés de l'histoire, peu à peu si semblables ; si l'on analyse leurs formes ; si l'on scrute la pensée de leurs auteurs, je ne sais quelle vision passe devant vos jeux, s'empare de votre àme, et l'on s'écrie avec l'illustre savant, que l'on ne saurait trop citer quand on parle de ces matières :

« L'histoire de la céramique, c'est l'histoire de l'humanité tout entière ! »

Essayons donc, pour notre seule patrie, de tracer l'esquisse de ces variations.

Comme te médecin dans la conformation caractéristique d'un crâne, dans un ossement perforé, découvre et signale les relations d'une race avec une autre race, nous, cherchons dans nos vases les marques d'atavisme qui relient les familles de la Seine et de la Loire aux familles de l'Indus et du Gange. Notons les identités, les analogies, les ressemblances ; dégageons enân les signes de la personnalité gauloise qui fut si marquée dans cet art, et qui n« dut rien, nous espérons le prouver surabondamment, à Rome, cette grande machine, comme l'appelle M. Renan, pas plus qu'auxFranks, ces horribles barbares.

Les exemples ne nous manqueront pas ; la terre qui a rongé les sceptres, les couronnes, les diadèmes des princes; qui a dévoré les glwves des conquérants, a respecté le vase durci au feu, a respecté la terre, qui conserve encore, à travers les siècles, les nobles marques des mains patriarcales qui la façonnèrent.

« La terre est la bibliothèque des livres encore inconnus qui attendent les clairvoyants'. »

1. Lettre de Leiewel à M. Beajamiu Fillon. — Art de terre eket lej Poitevint,

Renouons donc les anneaux brisés de cette chaîne, qui relie nos pères à leurs aïeux ; refaisons cette généalogie plus utile que celle si vaniteuse et si puérile des Noailles et des Carman' , fils par Abraham et Japhet de la blonde compagne du premier hommej et d'âge en âge, de race en race, en nous appuyant sur les légendes et les traditions populaires remontons jusqu'au profond Orient, jusqu'à cette Inde antique qui fut, selon la magnifique expression de M. Michelet « la matrice du monde'.»

t. Les Noaillei detcendont direntement d'Adam et partageaient noblement, en l'an I da monde,

Restir de la Bretonne descendait Lien de PerLioai <RestiO par Olibriue Helvius et Didia.

Quant aux Carman de Kermavan, leur devise était: Doua araog, Dieu avant, o'£tail encore un peu plirn ancien que les Noailles! !.'

2, Bible de rhumanité, i. Michelat, III, X'Art indien, p. 15.

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