LIS REPAS FUNÈBRE
§11. Sommaire : La libulion suite du rcïtinrucièbre. — Lasoirdcs iDorIs daosle Ràmdyantt. — Lasoit <les morts dans l'Of^ssce. — La soif des morts au moyen Age. — La soif des murU cliez les Urtilons actuels.
Sous la moite de gazon vert, ic mort roposait tristement, mais son souvenir n'avait pointquitté le toit béni, le foyitr saint <Ie lu famille.
Quand le vent du soir heurtait à la porte, on entendait sa voix dans le bruit du vent;
Quand passait l'hirondelle en jetant un cri plaintif ;
Quand, Bur les rochers noirs au milieu des vagues blanches, gémissait la mouette, c'était lui qui criait aux siens de se rappeler.
L'idée sublime de t'iu mortalité, cette consolation, ce verbe d'espérance, comme l'appelle si bien M. Dumesnil ', était entrée dans l'âme de l'homme, elle ne devait plus en ressortir;
L'immortalité fut la révélation de nos aïeux'.
Alore quand le soleil torride avait séché l'herbe des prés; que lafleur, demi-morte, se penchait le long de sa tige amaigrie ; que le ruisseau des montagnes laissait voir son lit de cailloux blancs; que la fontaine ne donnait plus d'eau sous les grands arbres, on disait en pensant il lui : «Sous la terre, il a bien soif peut-être,» et l'on se lamentait, puis on venait au tertre, l'herbe était rouilléo par la sécheresse, on arrosait l'herbe, on donnait à boire au pauvre cher défunt.
La bbtttion fut, dès l'aurore de l'humanité, la suite, la conséquence du repas funèbre. {Fig.Vi, \\.)
On la retrouve dans toutes les rebgions antiques.
Dans l'Inde, le fila du mort descend dans la' rivière, emplit d'eau ses deux mains réunies en coupe et répand cette eau pour rassasier l'âme de son père.
« Les glorieux héros parvinrent, non sans peine, à ce fleuve saint, délicieux, aux ondes fraîches, aux charmants tirthas, aux forêts fleuries;
1. L'Immorlaiile, par M. AlFrvd Dumosail. Paris, Dculu, 1061. P. 2S.