‹ De la poterie gauloise;Chapitre 6 sur 107 · NT · texte numérisé non relu

NT

Il* sont aujourd'hui déposés dans la salle du niiisée des Thermes et caUlo^é* sous lei Duméios 1, 9, 3, i dans le livret du musée de Cluny. DoDi Martin les a déoriu, p. SI, t. II dans sa Rtligion de» Gaid.ni, et Dulaure.

p. 07, t. I, dans son Hùtoire de Paris.

Sur l'un de ces autels, au-deasiis d'ine ngure cornue, on lit le mot CERNVNOS, Je ne veux pas faire ici uoe di»iertation sur la rarlbologie gantoise et charger ces notes àé'jk trop longues d'ua nouveau commeiitairB sur eee soi-disant dieux de nos pères.

Mais, Ik propos de oe Cernuoos, qu'on me perinntle an rapprochement. Il existe ï Karnac une église dédiée b saint Comely. Les catholiques ont traduit saint Corneille et en ont fait uu pape. A ce saint, on mène de partout les bestiaux du pays. — Il est flguré au-dessus du porche de l'église flanqué de deux bteufs cornus. La pierre de saint Coroely guérit les bêles par son seul Trottemeatl Ne retrouverait-on pax dans ce Corueul un ressouvenir du Kerneun de OauleT Ce saint ne serait-il pas un druide guèrisseurî On ne puise paa asseï dans ces légendes anciennes que l'on dédaigne de nos jours.

En cherchant bien, je crois que parmi ces saints on retrouverait bien des hommes dignes de la rcconnsissaDce que leur ont témoignée les races au milieu desquelles ils vécurent jadis.

Ce qui s'elTaee dans les cités reste en permanence dans les campagnes. En grattant un peu la couche chrétienne de toutes ces traditions, on arriverait Tacilemenl jusqu'à leur origine réelle, qui me semble, dans bien des circonstances, eztraordinairement gauloise.

I. Le musée de Reims possède un fragment d'autel où ce roéme dieuMpnu, assis h l'orientale, le cou oraé d'un collier et faisant tomber, conimo une manne, entre un cerf et un bmuf des graines d'un sac qui repose sur ses genoux, eet accosté de Mercure, armé du caducée, et d'Apollon, appuyé sur sa lyre.

AVAM-PROPOS. 15

la Nature^ source de toute scieuce, et Gwyon, le Prométliée gaulois, père du front rayonnant: Taliesin, Y esprit. On oublia Tud- Tad-Teutatès, le père des peuples, l'Hermès révélateur, on oublia Bel-Heol, le soleil générateur et tous ces symboles presque égyptiens, complètement hindous, qui indiquaient si formellement la parante de notre race et des races asiatiques primitives '.

L'apostasie des cités fut générale. Le bourgeois, fier de son titre de citoyen romain rasa sa clievelure libre, et, dédaignant la soie rayée des ancêtres, le collier de bronze, le bracelet ciselé, répinglette émaillée de pierres fines, les pendeloques d'ambre et la braie flottante, s'affiibla d'une toge incommode, se donna un prénom grotesque en us, et traina majestueusement sur le forum de son endroit le manteau des sénateurs d'Italie.

Il ne pouvoit plus habiter Bibracte, Alise ou Gergovie. Il nomma sa -ville Augmtodunum (Autun), Julio Magus (Angers), Cœsarodunum (Tours), Augustonemetum (Clermont), Cœsaromagus (Beauvais), Nemaustts-Augusta (Nîmes), partout du Jules, partout du

1. Rien n'eat beau comme la légende de cette Koridwen. Owyon la voyant sur- ^ prend les sécréta de la Dature, la cuImoq des six plantes dans la chaudière d'airain qu'eatoure lea perles de la mer. Poursuivi, il se change en lièvie, Koridwen en levrette; il devient poisson, Koridwen loutre; il prend la ligure de l'oiseau, Koridwen la romia d'un épervier; il se fait grain de blé, Koridwen poule; elle le »aisit, l'absorbe, et de son union sort Taliesin le tront raïonnant.

Les différentes incarnations de Vichnou sont là. Les transformations d'Isis et d'Osiria sont It.

Les mélamorphoses d'Apulée sont Ih.

Pour l'initié, par l'accointance avec la nature, par sa fréquentation la plus intime, on arrive k la voir telle qu'elle est, rerum eognoscere caitias. On est Gvi^oa.voyant, puis, absorbé par elle, on en sort apAtre, fhint rayonnant, capable- d'enseigner nui autres i son tour, d'illuminer le monde par son intelligence, de répandre la lumière ea tout lieu, d'être Taliesin.

Quant 4 TeaUtès, te Totii phénicien et égyptien l'Hermès, Ëpervier du Panthéon de Champollion, depuis longtemps on connaissait la signincation de son nom. Dom Martin, t. I, p. 336, dés l'année 1726, l'avait Iraduit.Tud, Tad « en langue cattiquo signille : Père du peuple, a — Depuis, M. Henri Martin (Histoire de France, t. I, p. S7] a fait l'honneur de cette interprétation à M. de ta Villemarquél — Les Iracos du cnllc indien de Bel-Heol sront tès-commuoes parmi nous, dos feux de joie aux sslstices en sont la preuvp. Lea Merveilles de la nuit dt Noil et le Songe d'une nuit d'été sont tè pour le prouver de reste.

Bien des villages en France portent des noms dérivés de co radical. Il y en est un, Bell, auprès de Cornac,

16 POTBRIB QAULOISE.

César, partout de l'Auguste. 11 y eut VAugusta des Âuskes (Auch), VAugusla des Trévires (Trêves); il y eut la^ Julia Fa/en/w (Valence), l'Apta Julia (Apt), eiiflu la Carpenloracte Julia (Carpentras) ! '.

Puis, comme il était de mode eu ce temps déjà, de Eure remonter sa généalogie jusqu'aux dieux, comme César était petit-fils de VénuSilesArvemesproclamèreatqu'ils étaient frères des Romains, qu'ils descendaient des compagnons d'Énée '. On donna pour père aux vieux Celtes Hercule, époux de la nymphe Ceilo, pour père auî Bretons Bruim, petit-fils du vieillard Anchise.

Plus tard, lorsque les Francs se ruèrent à leur tour sur ce beau pays dévasté, on les fit, par une raison semblable, descendre de Francus, fils d'Hector, et Lutèce se glorifia de son fondateur troyen, le beau Pans*.

L'Église, qui avait adopté, comme langue de son choix, le latin des premiers envahisseurs, consacra l'usurpation romaine, et Karl le Grand, devisant dans « la nouvelle Athènes » sous des arcades byzantines, avec Rikulfe Damœias, Théodulphe Pindare, Eginhard Calliopoeus, se fit sacrer empereur romain, fut proclamé Auguste, et donna le dernier coup à la personnalité gauloise.

< L'esprit humain, comme le dit si bien l'auteur de la Vie de Jésus, fut réduit durant six ou sept cents ans à la plus complète nullité. Un long sommeil s'empara de lui, il retomba en pleine barbarie. »

Où se cachait, pendant ce temps, l'âme de la nation? Dans les campagnes, au fond des forêts, sur les sommets déserts, près des

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