‹ De la poterie gauloise;Chapitre 7 sur 107 · I . Henri Martin, t I, p. 19S · texte numérisé non relu

I . Henri Martin, t I, p. 19S

S. Id., t. I,p. 203.

3. K Les ViDng d'Islande durent lear origine L un roi Fénua, iaau de la nation pliéniciennc i lea Scots descendirent do Scota, la flllo de Pharaon. Lbb Bretona se ratUclièrent & la maiaon d'Ënée, par le pelit-Gls d'Aacagne,UD cooeul romain, dit . leur hlaloriea Nennîua, Lca Cimbres vlDrrnt en droite [igue de Gomer, Dla de Japhet. C'eat ainai qu'une Table antique ii\k mentionnée par Appien, donnait pour ancélrea aui Qauloia deux rrères, Galaa et Celtua, née de la nymphe Oalatie. >

Lefloch, Etwiea de Mylhtlogie celtique, p. If.

AVANT-PROPoa. n

plages silencieuses. Où se réfi^iait l'esprit invaincu des vieux âges ? Dans les vallées discrètes du Bourbonnais etduMorvan, sur les hauts plateaux de la Champagne, derrière les Apres rochers de l'Armorique. Partout, partout, dans ce que l'on appelle lb PBUFI.E. Là, les potiers, gardant ce qui restait de la tradition de l'art patriotique, modelaient dans la glaise ces petites figurines de déesses mères, véritables Isis d'Egypte, offrant à leurs fils jumeaux leurs mamelles fécondes, déesses qui préparèrent si bien, par la suite, le culte plus épuré de la Vierge mère.

Là, ils laçonnaient dans l'argile la joviale physionomie du Itîre, ce dieu si gaulois de la gaieté dont nous sommes encore, malgré tout, les fervents adorateurs.

Là, ils coulaient, dans de rustiques moules, ces coqs à la crête pimpante, qui sont restés notre blason national, depuis le Bren de Camille jusqu'aux derniers jours de nos révolutions '.

Le génie de la religion druidique, dédaigneux des bienfaits du césarisme et de l'administration militaire, avait pris son vol vers des contrées plus libres. 11 établit sa demeure dans les lies de l'Océan, la verte Irlande et la Cambrie bretonne, et là, continuant à expliquer aux initiés, aux voyants, sous < l'œil de la lumière *, » le sens caché des pointes de bouleau, tes mystères de la coupe, la signification des rameaux marqués sur la table des sentences. Pur de tout paganisme sensuel, il prépara dans ses collèges bar-

I. V(»r inr les d^BBiet mires; — les déesse* nourrices; — les déesses proteotriceides ohanips; — le diea Risua; — les coq* gaulois, etc., ]« grand ouvragade H, Edmond Tudot sur les llgurinis gauloises de i'Allirr.

Collectioude Ogurinei eu argile, auTrei premlèras de l'arl gaulois, 4veo les nomt des Céramistes qui les oui BiécuÛes, recueillies, dessinées et disoulées; parEldinoDd TiidoU Paris, Rollin, MDCCCLX.

3. Cet mil de la lumière, l'œil d'Osiris des bu-reliefs égypli^ns, l'Œil des coupes étrusques, TtEil des liaris de ThËbes et des barques de Mtllp, l'œil enfiii du Iriangla naçonuique, brille eacore de nos jours dans l'Eieteddvod, rôunJOD bardique du pays de Qallos. Voir la Congrès celtique internatioDal de SaiDl-Brieuo, IS68, GQTOO-Saint-Brieuo. S£aneedu )S octobre 1S6^, discours du H. Jeukiai, pasteur à Moriaix, p. 20; et te Voyage ilaru le paj/êde Galles, de M> Alfred Emy; Tour du monde, ISS1, 1" semestre, p. 278, Bùleddfod de Camarwn.

diques l'union de la grande religion de la charité, de l'amour et de la fraternité avec le vieux culte de la nature, t C'est de ces collèges, devenus monastères, que sortirent c^s saints lé^^endaires d'Hibernie, canonisés par le seul respect du peuple. Ces blancs moines, aux noms significatifs, Hervé le Vivant ', Armel le Z>ottr, Gouesnou le Pur, Aubin le Blanc, Melaine le Doré, et les Brieuc, et les Malo, et les Gildas, et les Tromeur, qui, poussés dans des auges de pierre par les génies ailés des vents rapides, débarquèrent aux rives d'Armor, et purent inscrire sans violence la croix sur le menhir et la croyance du sacrifice et de la. rédemption dans le cœur des dévoilés de la Gaule.

Les initiés par le baptême, la communion et le baiser fraternel ne devaient-ils pas facilement convertir les initiés par l'eau, la coupe et la main fermée dans la main ' >

1 1. Ua des dictons populaires sur ce stiut confirme oe que doub disions plos but de ssint Cornely.

Sint Hervé deui Mené Bri

Lacke ae dour a tech' ne vè

Leom an dour a lech' e ve ré.

■ Saint Hervé du Mené Bfë (raonlagne ftH de Qulngamp) met de l'caa là ob il n'r en a pas, et en enlève lï oil il y en a bop. ■

Ah ! que celui qui. Bâchant ï tond ce qui nous rcsle de la lan^e de nos pires, s'en irait le sac su do» (c'est le seul moyea de Toyager rruetueusemeut), ï travers les deux Bretagnes d'atMrd, i travers ta Franco ensuite, recueillant les légendes, les Iraditions, lea cuntea ot ballades, lîgnnt les inscriptions des mirnhin, dsssiaant tous les moDumenta qui nous restent de ce temps, les oocaparant, les analysant, les traduisant au besoin, ferait une merveilleuse récolte.

Au bout de quelques mois, il verrait revenir à la surface ce qui nous reste de gaulois dans le sol natal, et rendrait & la science un signalé serrioe.

ElTacer la trace de l'invasion de l'InUme, détruire tout ce que la conjuration de ses successeurs a accumulé de mensonges sur celte donnés fausse de barbarie, inventée par lui et rétablir enfin dans leur vérité, et les usages tunibres, et tes croyances sacrées, et les symboles parlant, et les mariages, et les tètes, et la vie gauloise tout entière en un mot.

Quelle magnillque mission I

A qui sera-t-il donné de la remplirt

8. Les rapports de la franc-mafonnerie et des Initiations bordiques anciennes, sont aussi complets que ceux de celte société secrète avec les réceptions d'initiés aux rites d'Isis et aux mystères de la grande Déesse. — Voir Gérard de Nerval, voyage en Orient, let NuiU de Ramazan, le* Mystères tThis, par,Boulaye, FabU sainte" l'Ane (Tor d'Apulée, livre XI,

Une première renaissance, une bienfaisante réactiOQ's'annonça dès lors, et la nuit provoquée par le triomphe de la brutalité franque, qui succédait immédiatement à la brutalité romaine, se dissipa tout à coup.

Un homme, un Celte, fut le type formel de l'épanouissement complet de cette réaction, Abeilard, le grand penseur', le revendicateur des « droits de ta raison », le successeur direct du Kimri Mot^an qu'on appelle vulgairement Pelage, et qui, de son temps, avait défendu « lô libre arbitre» contre Auçttstinus, le sauvage Africain, digne champion de l'intolérance romaine, Abeilard, sur lequel la belle Hélo'ise, que M. de Rémusat n'hésite pas à appeler € la première des femmes» (dans toutes les choses gauloises, l'iufluencede cetétre si cherdevra-t-il donc toujours se faire deviner et sentir ?) jeta le reflet suave d'un poétique amour. Il se leva dans « son camp » de la montagne Sainte-Geneviève, et refusa de voir dans la Trinité catholique autre chose qu'une triade gauloise : la puissance (le père) unie à la sagesse (le fils) par l'amour (l'esprit).

Dans notre art national, cette renaissance est encore vivante aujourd'hui, conservée par le respect du peuple pour la pierre qui parle. C'est le moment où les dragons ailés, les oiseaux à tète d'homme, les serpents mordus par des aigles, les sirènes, les centaures, les griflbns, les licornes et toute la fantastique terreur de l'an mil disparaissent pour faire place à la vigne enroulée gracieusement au lierre grimpant, aux roses fleuries, aux feuilles d'aune, au chêne vénéré, à toute la flore enfin de nos cathédrales antiques *.

C'est le moment où le rire pénètre dans cette société morne et triste; où sa souriante figure, sa gaieté parfois trop franche pointe aux angles des portiques sacrés sur les grands contre-forts de la nef et jusque dans les clefs de voûte du sanctuaire.

C'est le moment enfin où, sur le fronton de Chartres, la seconde

). Il éUit le flis aîné duo chevalier breton, et naquit an Pallet, près de Nante». Voir Henri M&rtin, BUioire de France, l, IH, p. 318 et suiv. ). Voir ooRime [jpe de l'ornementation vigÂlale du Ireizième siècle, la porte ronge k la cathAiralc de Paria.

20 POTBRIB OAULOISB.

vertu sociale (âlte de la Vertu par -excellence, la Douceur dans la force), la Liberté, la grande Liberté'^ prend en main son étendard ou sa lance, et, s'appuyant sur son écu vainqueur de trois royautés, crie à tous : « Courage, enfants, je suis là ! »

Toutes nos renaissances, du reste, ont été marquées par le réveil de cet esprit : celle du seizième siècle se personnifie dans le sublime railleur qui a nom Rabelais, Gaulois complet de cœur et de langue.

Et celle de 89 ne fut que le retour le plus accentué qui se puisse voir auxsentiments, aux lois, aux usages même de l'antique patrie.

Alors Quintus Aucler s'écria : « Français et Belges, races gauloises et celtiques, vous vous êtes débarrassés du culte où s'étaient rattachés les barbares... Revenez à celui de la nature, à celui des tribus indiennes, tribus celtiques émigrées jadis des hauts plateaux de l'Asie'. »

Alors Sieyès proposa « de rejeter dans les forêts de la Franco nie toutes ces familles qui conservaient la folle prétention d'être issues de la race des conquérants, et d'avoir succédé à des droits de conquête. » — * Il faut épurer la nation, disait-il, et prouver à nos pauvres concitoyens qu'ils tirent leur noblesse des Gaulois, et que celle-là vaut au moins autant que celle qui viendrait des Sicambres, des Welches et autres sauvages sortis des bois et des marais de l'ancienne Germanie'.

1. Dan» le porche septenlrional de 1« cdlirdriile de Cbtrhct, trob Touuurei «oot coQtMcréca aux vertus: la première, colle qui cat la plus près du aauetuaire conlienl IcB vertus do l' in tel 11 go ace, de la science, de lu perrcction. La aecoudo, les vertus domestiques intimes de la famille, et la troisiËme, colle qui regarde le dehors, la Toute, les vertus do la sooiété.

La première do ces xertu», celle gui engendre les autres, tient abaissA son bouclier orna de roses et marche elle-mfme sur un parterre de roses. C'est la Varoe. Virlm dans la douceur. La. première flllo imniAdietcment au-dessua, eot la Liberté et pour que nul ne l'ignore, son nom est £crit en gros caractères le long de la moulure voisine LIBERTA8; son bouclier eat orné de trois couronnes, elle tenait en main un étendard ou une lance qui n'existe pIuBi& sa suite marchent l'amitié, la ooncordo, etc. Ce poème de pierre est sublime do grandeur, on dirait presque de l'antique.

8. Gârard de Nerval, Les Illuminés. — Quiutus Aucler, p. S63.

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