‹ De la poterie gauloise;Chapitre 83 sur 107 · Id., ptffe · texte numérisé non relu

Id., ptffe

». Id., t. VIII, Mtlcle Sadpiure. (Pau

POTERIR OAULOISE.

Alors paraissent ces têtes couronnées, raitrées, encapuchonnées que des diables traînent la corde au cou vers la gueule de l'enfer '.

Alors commencent, toutes ces excentricités satiriques que vient de mettre en pleine lumière M. Chauipfleury dans son récent volume de la

earicature du moyen âge^ : moines paillards qui, sous lapeau de maître Heaard,endactrinentdegentJllespoulettes,le3 enlèvent, mais punis, par

i. Abicidaire de M. de Ciumont, p. 386.

3. Bittoire de la caricature au moyen âge, par diAmpOeury. Puis, Dentu.

Le Ptre C^ier s'InMiit bd ttax contre les repréeenUllone des moines dens les Kulptureï du moyen ige. Tout le monde slora, dit-il, portait le capuchon. Il s't^i d'âlablir si Ions tes gens encapnchoiinés comptaient pour des moines. Je mechar^ de prouver le contraire.

Noos laiHons le* capuchons an Père Cahier, i moins pourtant qu'ils n'aient la

OÙ ils ont péché, soat à leur tour vilipendés par ellen. Macabres fantas* tiques d'une grandeur épique (les voussures des grands portails de

Notre Dame de Paris) atïlrraant avec une violence, d'une énergie formidable, l'Égalilé.

Alors les fraternités d'artisans, les mnnm, dans le graad combat des

Htalanr, Il ccnliœ^lre*, lai^iir,

vertus et des vices, osent placer au-clcssus de In tageste, de la douceur dans la /"orce, vertu première par excellence, une femme victorieuse

loDSiir«, ohote pnsublemeat commane, mais il ne noui fera jamais croira que lei mitres, les liares et les couronnes Tussent le coiivre-ctier ordinaire Jes bons bourgeois de l'époque, et la satire, comme le prouve M. Cliampfleiiry, comme le prouvent les médailles, les sceaux, les manuscrits, les gravures, le Gai^antua, le Pantagruel, la satire Ménippée et les monuments, ne respecte pas plus les hauts dignitaire* que les frères fKdoas, fredonnants, rredondilles, moines moinant de moinerie.

218 POTBBia OAULOISB.

de trois couronnée, qu'elle porte triomphalement sur son écu et qui b nom Libertas *.

L'acauthe régulière était mise au rebut, les nattée, les torsades, les créneaux, les méandres, les losanges, les chevrons, les zigzags de l'é-

Fig. Ul. V*Md«l«n«K

poque romane disparurent sous la réaction du lutturalitme qui éclaira l'art ogival à cette époque de résurrection gauloise.

Comme le petit ruisseau de la grève endigué par des enfants, lorsqu'il parvient à surmonter le sable amassé par leurs mains joueuses,

1. Porche de U cathédrale de ChwtrE». V. Henri Mwtin, Hàtoii-e de Franc*, t. UI, p. 414, et le Uagasin pittoresque, l. Vil, 1839, p. 65.

LA PERSONMALITË GADLOIBE. 219

rompt tous les travaux d'une heure, et reprend son coure bien vite redevenu CBlme et limpide, l'art appuyé sur la nature, emprisonné par

l'esprit de routine, retrouve sa voie, détournée puérilement par les moines, et s'élance d'un pas vigoureux et ferme vers son but immarte), la reproduction de la vie.

Alors, quand, aux jours de repos, les marteaux restuent appuyés silencîeax dans les chantiers, près de gros blocs de pierre blanche,

POTBRIB dAULOISE.

que les ciseaux ne résonnaient plus sous les arcades, les maîtres allaient avec leurs femmes, leurs filles ou leurs compagnes errer dans les taillis et sur les gazons qui parsèment nos vallées si fraîches, si parfumées, ai sereines; iesjeuttesseï cueillaient des iris sur les petits muR,

Ir de Urra noire frui

des nénuphars qui s'f^tendiiicnt tremblant nu fil de l'eau, des primevères, des renoncules, le muguet des grands bois, le cresson des fontainet!, et venaient les apporter au père, qui le lendemain, au-dessus de larges colonnes, sculptait le bouquet rapporté la veille,

Étendu sous l'ombre des hèlrcs ou des chênes, il avait manié peutêtre la crosse naissante d'une fougère se repliant élégamment cur sa tige verte et dure, il avait analysé le mouvement de la plante; au-dessous du tailloir de son chapiteau, il enroulait la crosse de la naissante fougère ■. Hier, il elTeuillait le glaïeul, détachait ses pétales, découvrait son pistil chargé de semence; aujourd'hui, sur sa frise, il desmne les pétales efTeuillés, le pistil fécond du glaïeul.

Autour de la tête d'un blond chérubin, les grandes sœurs ont placé

t . Voir partlculièrenieiit pour la fougère et l'iris, la diuettatioD de i'article Flore, 1. V. du Dielionnaire de M, Viollel-Leduc, p. 487 et *92. Clispitaaj de l'église de Bourg-Dieu, pris Clifttcauroui. Cliapiteaux de la uef de l'église de Vézelay.

la petite plante d'eau aux feuiUes lancéolées; sur sa moulure ronde, ÎI saura jeter, à l'heure du travail, ce nénuphar qui semble, dit M. Viol- ' lel-Leduc, avoir été l'affection particulière ^es ouvriers du treizième siècle '.

Si, de l'ornement, nous passons à la statuaire, une contemplation

a it Cologiv,

plus approfondie des types nous inL'nc uncuru-plus loin, dunt> l'ùtude de cette renaissance nationale.

Autrerois, les tètes n'avaient aucun caractère individuel, toutes les figures étaient modelées d'après une convention, la convention byzantine.

Alors surgit un monde vivant, mouvementé; plus rien de consacré, plus de draperies colantes et froides, plus de vêtements serrés, étroits et raîdes, on oublie la mode orientale.

, ArUole Flore, t. V, Ditt., p. 493.

La flore était locale, le visage devient national, et chose remarquable, ce BOjit dfls Gaulois que reproduisent les sculpteurs. C'est dans

refl. <— Provenioce Amienv, n"* 111 cL l-jii du CbiaIc

le type des jeunes paysans du Morvan (église de Vézelay), c'est dans celui des laboureurs de la grando Eeauce (cathédrale de Chartres)

SDtimttrM. — PcovtMoce AinieDa, n* IDB da Cstklagne,

qu'il faut ohercherdésormaisle modèle deschrists, des rois, des apAtres, des vieillards, qui causent, discutent ou prient au milieu des anges d'uc paradis rêvé' .

I . Voir Ub pUnchea S et T do l'arlicle Sculpture, du DieUonnairt de Viollet-Lc* Juo, t. VIII, p. 115 et lis.

LA PERSONNALITÉ QAULOISB, 323

« Plus rien de romain, ni de byzantin.

« Les lignes du front et du nez, la délicatesse de la bouche, l'ea*

chAssement do l'œil couvert et légèrement relevé à l'angle exteroe, la loogueur des joues, le peu d'accentuation des pommettes, la petitesse

234 l'OTËRIE GAULOISE.

extrême de l'oreille, la barbe soyeuse et frisée accusent une belle race... d'un caractère asiatique très-prononcé, qui semble appartenir au rameau caucasique, qui n'est ni romain, ni germain ', »

Il C'est un portrait exécuté par un maître.

Il C'est un Français, un Gauiot», un Celle, si l'on veut 2.

« La face est grande relativement au crâne, l'œil peut facilement devenir moqueur, cette bouche dédaigne et raille.

Fig. 151. Vniw dt IcrnJ rguge. Oiiieniïiil» gMvêt ï l'outil tu ■■.nu\, coq el reuillieo Irêt-ianclériitiqua. Hiuieur, Ib cuiKimùlt» ; Isri^eur, U ceoli mètres. - Proveiiniico lionin-Liclaid (Pai-da. C.loi.), n- M du &UI0BUB.

H II y a dans cet ensemble un mélange de fermeté, de grandeur et de llnesse, voire d'un peu de légèreté et de vanité, dans ces sourcils relevés, mais aussi l'intelligence et le sang-iroid au moment du péril. « C'est là, ce nous semble un vrai type de vtevx Gaulois '. u Saint Bernard, plein d'une cléiicale colère '*, prêche une vraie croisade contre ce naturalisme dans l'art.

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