I. OCavreR de Fmdço1« RabeltiB. ParU
î. Voi/age deChapriie et de Bachaumont. Paris, ConsUnt, IB16, Mémoire* po'ir la me rf' Clinprllp, xv.
taient du réduit obscur de ;l'alc6ve enfoncée pour s'éveiller au son des cloches argentines que Chapelle ne voulut pas pardonnera Boileau, et Despréaux peignait, d'après nature, ses types à la face rebondie, au triple mentOD tombant à triple étage sur leurs soutanes engraissées, qui passaient le long de la rue de la Juiverie, suivis des Guillaume à la main novice ou des Boirude'aux fronts jaunis par les services. Et tous riaientà se tnrdro. Que d'aimables railleries, que d'esprit,
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que de goût, se dépensèrent chez ce brave Crentt, l'heureux cabaretier de la Pomme '.
Le grand caractère delà race gauloise, c'est La Joie.
Non pas cette joie bruyante qui crie, vocifère, brise la vaisselle, éclabousse ses voisins, et mène grand tapage ; mais cette joie fine, délicate, étincelante, qui pétJUe comme le vin des coteaux de la Marne, récbaufTe l'esprit, épanouit les visages et dilate les cœurs.
Cette joie, nos pères l'avaient comme nous, quand, assis autour de la
13t. Paris, Bl«i»e, MDCCCXXt, t. I, p. ili. Sa-
table ronde où les renconlra Posidonius', ils portwent U santé de ce Rire à la joviale figure, dont les bustes encapuchonnés ornaient le lieu de leurs festins ^.
Sur des tentures rayées, sombres, les boucliers peints, les lances de bronze luisant, les casques au cimier clair, les cuirasses aux ornements repoussés, brillaient dans l'ombre, jetant çfi ot là des éclairs jaunes et vifs.
Un cercle déjeunes s'ars. les clifvonx libres tombant sur le cou
blanc, tantôt causaient librement, appuyés sur les épaules les uns des autres, discutent avec l'animation habituelle h. l'adolescence, tantôt écoutaient le récit pittoresque de quelque exploit fameux raconté par le chef assis & la droite du père, avec cette éloquence verbeuse, sonore, triomphante, qui, si elle disparaissait du réfute du monde, se rencontrerait encore dans le midi de la France.
Alors on interrogeait le voyageur ; il avait beaucoup vu, partant beaucoup retenu... il narrait ses voyages, ses aventures, les récils du pays du soleil ou de l'île des nuées sombres, et, si parfois dans ses causeries l'anecdote fine, épicée, légère, trouvait sa place, si sa descrip-
1. V. Henri Marlin, Hiiloire de Friincr, l. 1, p. iS. Am£d£e Thierry, Histoire des Gaulait, 1. 1, p. 16S.
3. Voir les bustes rieurs [Dieu ftisus!). Collection de ligiirineB en argile, E. Tudot, plancheaS, t3,S0, SS, etc., etc.
250 POTERIE OAULOIBE,
tion provoquait le rire, il éclatait, brillant, sonore, et le doux vieillard, à la longue barbe, se levant du siège où il présidait, portait haut le banap et buvait au rire (les savants ont fait de cette figure le Dieu Hitus, les savants voient des dieux partout ; ils ont bien trouvé quinze divisions exactes du rire) ', buvait à celui qui seul est l'Ame du monde; car sans rire, point de joie et sans joie, point de vie.
Lors flacons d'aller, goubelets de voler, breusses de tinter. Les joyeux buveurs émaillaient, de leurs propos bruyants, la fin du banquet ;
« Boute à moi sans eau. — Heple me copo meri. — Tiens, il est plein de jus, compaing. >— /'ero vinvm tibi dukis. — Foûette-moi ce verre galantement, bibe. — Produis-moi du clairet verre pleurant, t'mp/e, repk, mantm da. ^ gentil vin blanc, j'ai soif, àtio. — Science, sapience, prudence sont en foi, disce.—'ïu es la force, tu es le courage, t>y\a\vire». — Tu es le vrai bonheur, /è/ij:. — Atoi, par mafi, commère, vive, vivas, vivamvs! {Fig. 189 et suiv.)
« En sec jamais l'âme n'habite. Cornons ici, & sou de flacons et bouteilles, que quiconque aura perdu sa soif n'ait à la chercher céans,
u Ah ! nos pères buvaient bien, car ils vidèrent les pots '. n
1. La UJlivMDoe de l'abaolu, capUr dans le fini. In beauté renai$MnicdeM|iropre n.-8«tiDii.
Une réalité sans idfas oontrùre aux idées.
La aigalion de la vie intlnip, la subjectivité qui se met en eonIradIcUonavec ellemême el avec l'objet.
La résolution soudaine d'une attente en rien.
Oh! les Allemands!
L'univers est le rira de Dieu, elle rire est l'univera de celui qui rit.
Celui qui rit s'élève jusqu'à Dieu, devient créateur d'une création gsie.
QaiQze dlvJBions, ris madesie, ris caolié, ria synchronien, ris sarclonien, elc,, etc. V. Clmmpfliurï, Histoin de la earicatwe antique. Paria, Dentn, p. ÏHl.
2. Garganluo, chap. V, Le propos dea buveurs, — Ce rapprochement enlro lea faïences pa^Iantea actuelles, les poteries parlantes des premiers siècles et les propos des buvenra du scIiiËme sif'cle e«t, Je orola, assez complet pour montrer la persistance du ca^acl^^e national & travers toutes les transformations de la nation. (Juant II la langue latine, quant au bas latin employé par les Qaulois, nous ne pouvons ici nous lancer dans une diasertalion soieutillque & ce sujet. — Nous nous contenterons de dire avec M. Il^nri Martin : n Le peuple lut, écrivit le latin, mais ne le parla jamais. 11 garda sa langue presque intacte pendant platleura siËcles, puis il se Torma peu ï peu un grand patois, une langue rustique mêlée de latin et de celtique, ofi le vocabulaire latin Unit par dominer, raiis où subsistèrent quelquesunes des formes gauloises, et où ne i^gna jamais la syntaxe latine. La civilisation romaine n'obtint ee triomphe incomplet que tardivement, el grice b no élément qui
ui était étranger et qui pénétra les masses à des profondeurs qu'elle n'avait pu
BE LA POTERIE PARLANTE. gSl
Pendant ce (emps-là les Romains, couché» sur des lits, vêtus de robes traînantes et parfumés comme les femmes, se livraient à des
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Fij[. lH. DivelappemSDl de rorncmentatian du vsm précédenl, riiiioa et Trille* d« v-gne,
atteindre, Nous parlont de l'ËgliBe ohrétieane qui adopU le lalin el le fit sarvivre II l'empire, h
(Henri iimin, Hitloire dt France, t. 1, p. 20i, note I.)
B En ProBSB, sous FrMèrio [|, le tpançaii le répandit da ;n)£rne partout. Il remplaça même le latin ï l'Académie de Berlin. Il fut longtemps seul en usage dniu a colonie, et pénétra jusque dans tes provinces tes plus reculées, arec les arts, les industries, les méthodes agricoles nouvelles. Un moment on crut que celle conqu''te pacillque irait jusqu'au bout, et que l'alteniimd subirait !e sort qu'il avait fait subir A d'autres idiomes. »
■c Jusqu'en 1819, Berlin possédait sept églises on le culte se célébrait exclusive-
La Race pruxuifime, par A. de Quslreragpfl. Paris, Hanhetti-, 1871, p. 10. On ne viendra pourtant pas nous dire que les Prussiens sont di- rnee rruni-iise dam le sens admis du mot.
débauches que nous laissons à Pétrone le soin de décrire ; nu comraeucement, c'était l'ostentation : défilé de machines chargées de meta excentriques, posés sur les signes du Zodiaque, expliqués avec pompe par le maître du logis ; — apparition de sangliers couronnés de fleurs et coiffés comme des affranchis. Après arrivaient les confidences roédi-
g. I9T. V»e en lem noire (bcuieille), oruf as gnirlandea et it pninliDte en barbotiiu blanche el Jlunt. lnKri|>lion IIEPLB. Hsiileur. 14 renlimèlrH) brgear, S cenlimètres. ' ï<.niin«, Cotogno. N« 110 du Qilolnpic, ,
Fig. lES. DÉielopperaent de l'omemen talion du rose prâc^dent, niiinset vrilles de vigne.
cales, mêlées de détuils sordides de Trimakion sur le dégagement de ses entrailles; puis des vers, improvisés avec soin dès la veille, qu'on applaudissait avec véhémence ; puis les danses des esclaves, les grimaces de Fortunala, les farces grotesques des mimes.
Puis l'orgie continuait. Nous n'osons en parler, le Satincon en dit assez sur ce sujet ; que le lecteur curieux l'enlr'ouvre, il en sortira profondément navré.
Et quand les lampes fumeuses manquant d'huile ne répandaient plus qu'une incertaine lueur, tes convives, ivres-morts, couchés sur
leurs lits, ronflaient. Lei esclaves, étendus à terre, la tète appuyée sur les murailles, répondaient aux soupirs des maîtres par des grognements plus sonores.
Fig. 189, Vite de lerre hi VINUMTIBI DtILCIS. H
da CalilDguo. '
Fig. 190. Développemenl de rurnomeottlioii ilu vase jiricùileiil, raitîn «( viga«.
Immondes festins, qui dépassent toutes les bornes de la dégradation humaine. Voilà le repas romain ' .
Détournons les yeux, revenons à nos pèi-cs. Et qui nous permet d'entrer si avant dans la vie intime des vieux Gaulois?
I. Trtducliun enlii^re de Pélrotio, Buivnutlc nouveau manuscrit Irouvé à Bellegrade en 1688, avec les pemarqnes. A Cologne, chez Pierre Grolli, MUCXCVlll. Voir l'épisode de Quarlilla, p. 62et suiv,, tt le Festin de Tfimalcioli, p. IS.etauiv..
2al l'OTERlE OAULOISE.
La poterie, toujours la poterie.
Nos petits vases sont couverts d'iDScriptions, nous en publions quelques-unes. {^Fig. 182, 183 tl suiv.) Voici la liste des plus connues :
OSPITA ItEPLE LAGONA CERVESA.
Ilostelier, remplis cette gourde de cervoisc.
Fig. I9J. VbmcIo irrrc iNin (bouleillc). Orix-moiil! ci borbglina nJiurbliiiche et jiuiK. iu>ci tion VIVAS. lUuleUF, (6 MnlimètKs; hrgnur, 6 c«nlim4troi. — l'iuTeuDCS, Cologne. N* I du Cilalu|(ui-.
COPO GNODl TVABES EST KEPLEDA.
Cabarcticr, mon anii^ i-etire-toi, la bouteille est remplie '.
ViVAMVS.
Uanaps, cruches et vases de Cologne, quatre exemplaires.
REPLE ME COPO MERI.
Cruche.